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Feux de forêt : fumées toxiques, crises respiratoires… quels risques pour la santé ?

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en Medecine
3 septembre 2026

Avec la hausse des températures, les sécheresses et les épisodes de canicule, les feux de forêt deviennent plus fréquents et plus intenses. Au-delà des flammes, un autre danger est souvent moins visible : la fumée. Chargée en particules fines et en différents polluants, elle peut irriter les voies respiratoires, aggraver certaines maladies chroniques et augmenter le recours aux soins. Comment se protéger lorsqu’un incendie survient ?

Les feux de forêt ne menacent pas uniquement les personnes directement exposées aux flammes. Leur impact sanitaire peut s’étendre bien au-delà de la zone sinistrée. Les fumées peuvent être transportées par les vents sur plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilomètres.

Le changement climatique contribue à créer des conditions plus favorables aux incendies : températures élevées, sécheresse des sols et de la végétation, vagues de chaleur plus fréquentes et périodes de risque plus longues. Face à cette évolution, la prévention et la protection des populations deviennent essentielles.

La prévention commence avant même qu’un incendie ne se déclare. Environ neuf feux de forêt sur dix sont d’origine humaine, la foudre constituant la principale cause naturelle.

Une grande partie de ces incendies est liée aux activités professionnelles ou aux gestes du quotidien : travaux agricoles ou de chantier, réseaux électriques, mégots de cigarettes, barbecues, feux de camp, véhicules ou brûlage de déchets. Une autre partie est liée à des actes volontaires.

Quelques précautions simples permettent donc de réduire le risque :

  • ne jamais jeter un mégot au sol ou par la fenêtre d’un véhicule ;
  • éviter les travaux produisant des étincelles à proximité de végétation sèche ;
  • disposer d’un moyen d’extinction lors de travaux à risque ;
  • installer les barbecues loin des herbes sèches, des haies et des végétaux ;
  • respecter les interdictions d’accès ou d’emploi du feu ;
  • consulter régulièrement les informations locales sur le risque d’incendie.

La Météo des forêts, diffusée quotidiennement pendant la période estivale, permet également d’adapter ses comportements au niveau de danger.

Pourquoi les fumées des incendies sont-elles dangereuses ?

Le feu de végétation libère un mélange complexe de substances. Les fumées contiennent notamment de très petites particules, en particulier des PM2,5, capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires.

On peut également retrouver dans l’air :

  • des particules de cendre ;
  • du monoxyde de carbone ;
  • du dioxyde de carbone ;
  • des composés organiques volatils ;
  • différents métaux et autres substances issues de la combustion.

Les particules fines constituent une préoccupation majeure. Leur petite taille leur permet d’atteindre les régions profondes des poumons. Certaines peuvent également passer dans la circulation sanguine et participer à des phénomènes inflammatoires.

Selon les spécialistes, l’exposition aiguë aux fumées peut provoquer une irritation des voies respiratoires, mais aussi aggraver certaines maladies pulmonaires. Les effets cardiovasculaires doivent également être pris en compte.

Après une exposition aux fumées, plusieurs symptômes peuvent apparaître :

  • irritation du nez et de la gorge ;
  • toux ;
  • respiration sifflante ;
  • sensation d’oppression thoracique ;
  • essoufflement ;
  • irritation des yeux ;
  • maux de tête ;
  • aggravation d’une maladie respiratoire préexistante.

Chez les personnes asthmatiques, les fumées peuvent notamment favoriser une crise d’asthme. Elles peuvent également aggraver les symptômes des personnes souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Les personnes atteintes d’autres maladies respiratoires chroniques peuvent elles aussi être particulièrement sensibles. Dans les situations les plus sévères, une exposition importante peut entraîner une consultation aux urgences, une hospitalisation ou une altération de la fonction pulmonaire.

Il n’est pas nécessaire de se trouver à proximité immédiate des flammes pour être exposé.

Selon les conditions météorologiques, les fumées peuvent parcourir des centaines de kilomètres. Le vent peut ainsi transporter les particules émises par un incendie vers des régions situées très loin du foyer.

Les incendies survenus dans d’autres pays peuvent également contribuer à dégrader temporairement la qualité de l’air d’une région.

Cette dispersion explique pourquoi un épisode de pollution peut être observé dans une zone où aucun incendie n’est pourtant en cours.

Les conséquences sanitaires dépendent notamment de la concentration des polluants, de la durée d’exposition et de la vulnérabilité de chaque personne.

Une exposition ponctuelle et limitée n’a évidemment pas les mêmes conséquences qu’une exposition répétée ou prolongée.

Les études consacrées aux fumées des incendies s’intéressent notamment aux effets cardiovasculaires et respiratoires à court terme. Des travaux explorent également les conséquences possibles d’expositions répétées aux particules fines sur la santé à plus long terme.

Il convient toutefois de distinguer les associations observées dans les études épidémiologiques des relations de causalité définitivement établies.

Tout le monde peut être affecté par les fumées d’un incendie. Mais certaines personnes présentent un risque plus important de complications.

Il s’agit notamment :

  • des personnes asthmatiques ;
  • des personnes atteintes de BPCO ou d’une autre maladie respiratoire chronique ;
  • des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ;
  • des personnes âgées ;
  • des jeunes enfants ;
  • des femmes enceintes ;
  • des personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Les personnes vivant dans des conditions précaires peuvent également être davantage exposées lorsqu’elles ne disposent pas d’un logement permettant de se protéger efficacement de la fumée.

Chez les enfants, les voies respiratoires sont encore en développement et la fréquence respiratoire est plus élevée. Une même pollution peut donc représenter une exposition importante.

Le premier réflexe consiste à s’éloigner de la zone touchée et à suivre les consignes des autorités.

Lorsque la situation le permet, il est préférable de rester à l’intérieur, portes et fenêtres fermées, afin de limiter l’entrée des fumées.

Quelques mesures sont particulièrement utiles :

  • fermer les fenêtres et les portes ;
  • limiter les entrées d’air extérieur ;
  • éviter les activités physiques en plein air ;
  • éloigner les enfants et les personnes fragiles des zones enfumées ;
  • suivre les bulletins de qualité de l’air et les consignes officielles ;
  • ne pas sortir inutilement pendant les pics de pollution.

Une ventilation ou une climatisation disposant d’un système de filtration adapté peut contribuer à améliorer la qualité de l’air intérieur. En revanche, il faut éviter d’introduire volontairement de l’air extérieur très pollué.

Tous les masques ne se valent pas.

Un simple masque chirurgical n’est pas conçu pour filtrer efficacement les particules fines présentes dans les fumées d’incendie. Lorsqu’une protection respiratoire est recommandée, un appareil filtrant correctement ajusté et adapté aux particules peut être plus efficace.

Cependant, le masque ne remplace jamais la mise à distance de la fumée. Il ne protège pas non plus contre tous les gaz potentiellement présents dans les incendies.

Les personnes souffrant d’une maladie respiratoire doivent demander conseil à leur médecin avant d’utiliser certains dispositifs de protection respiratoire.

Une irritation légère peut disparaître après la fin de l’exposition. Mais certains signes doivent conduire à consulter rapidement.

Il faut notamment demander un avis médical en cas de :

  • difficulté à respirer ;
  • respiration sifflante importante ;
  • douleur ou oppression thoracique ;
  • malaise ;
  • confusion ;
  • aggravation inhabituelle d’un asthme ou d’une BPCO ;
  • toux importante ou persistante ;
  • symptômes qui s’aggravent après avoir quitté la zone enfumée.

En cas de détresse respiratoire ou de symptômes sévères, il faut contacter immédiatement les services d’urgence.

Les personnes ayant un traitement pour l’asthme ou une autre maladie respiratoire doivent continuer à le prendre conformément à leur prescription et suivre le plan d’action établi avec leur médecin.

La prévention ne concerne pas uniquement les comportements à l’extérieur. Les habitants des zones exposées peuvent également préparer leur domicile.

Il est recommandé de :

  • vérifier l’état des portes, fenêtres et volets ;
  • limiter les matériaux facilement inflammables autour de l’habitation ;
  • éloigner les réserves de bois, bouteilles de gaz et liquides inflammables ;
  • maintenir les abords de la maison aussi dégagés que possible ;
  • disposer de moyens d’arrosage adaptés ;
  • connaître les itinéraires d’évacuation ;
  • préparer une trousse contenant médicaments, documents importants, lampe et produits indispensables.

Il est également utile de connaître les consignes locales et de savoir à l’avance où se trouvent les points de rassemblement ou les structures susceptibles d’accueillir les personnes évacuées.

Si un incendie se déclare à proximité, ne prenez pas vous-même la décision d’évacuer ou de rester sans tenir compte des consignes officielles.

Si vous êtes témoin d’un départ de feu, alertez rapidement les secours en indiquant aussi précisément que possible le lieu de l’incendie. En France, le 18 ou le 112 permettent de joindre les services d’urgence.

Lorsqu’un incendie menace directement une habitation, les autorités peuvent demander une évacuation. Il faut alors quitter les lieux selon les instructions données.

Évitez également de multiplier les appels téléphoniques non urgents. En situation de crise, les réseaux doivent rester disponibles pour les secours et les communications essentielles.

Un incendie majeur ne provoque pas seulement des dégâts matériels. Il peut également entraîner une augmentation des besoins de soins.

Les épisodes de pollution liés aux incendies peuvent être associés à davantage de consultations médicales, de recours aux services d’urgence, d’interventions des ambulances et d’hospitalisations pour des problèmes respiratoires ou cardiovasculaires.

Les personnes souffrant d’asthme ou de BPCO peuvent notamment avoir besoin de traitements supplémentaires ou d’une prise en charge médicale plus importante.

La prévention permet donc de réduire à la fois l’exposition individuelle et la pression exercée sur les services de santé.

Face à des saisons de feux potentiellement plus longues et plus intenses, la réponse ne peut pas reposer uniquement sur l’intervention des pompiers lorsque les flammes sont déjà présentes.

La prévention passe par l’entretien des espaces exposés, l’aménagement du territoire, la gestion des forêts, la sensibilisation du public et une meilleure préparation des populations.

La diversification des essences forestières, l’entretien des zones à risque et la création de dispositifs permettant de ralentir la propagation du feu font partie des pistes évoquées pour renforcer la résilience des territoires.

La lutte contre le changement climatique constitue également un enjeu majeur. La hausse des températures et l’aggravation de certaines sécheresses créent des conditions plus favorables au développement et à la propagation des incendies.

Un feu de forêt représente un danger immédiat à cause des flammes, mais la fumée constitue elle aussi une menace sanitaire majeure. Les particules fines et les différents polluants libérés par la combustion peuvent irriter les voies respiratoires, déclencher des crises d’asthme, aggraver les maladies pulmonaires et cardiovasculaires et augmenter le recours aux soins.

Face à un épisode de fumées, le meilleur réflexe reste simple : s’éloigner de la zone touchée, limiter l’exposition, rester à l’intérieur lorsque les autorités le recommandent, fermer portes et fenêtres et suivre les consignes officielles.

Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et surtout celles souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires doivent faire preuve d’une vigilance particulière.

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