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Maladies non transmissibles : l’Algérie prépare son deuxième Plan national pour renforcer la prévention

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
29 juillet 2026

Face à la progression des maladies non transmissibles (MNT), responsables de la majorité des décès dans le monde, l’Algérie renforce sa stratégie nationale de prévention. Le ministère de la Santé a organisé, à Alger, une rencontre consacrée à l’élaboration du deuxième Plan national stratégique multisectoriel de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles. Cette initiative réunit des experts nationaux, des représentants des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec un objectif commun : réduire durablement le poids des maladies chroniques grâce à une approche globale, préventive et coordonnée.

Ce futur plan s’inscrit dans le programme d’action du secteur de la santé pour la période 2026-2029 et vise à renforcer les actions de prévention, le dépistage précoce et l’amélioration de la prise en charge des patients.

Les maladies non transmissibles regroupent principalement :

  • les maladies cardiovasculaires ;
  • les cancers ;
  • le diabète ;
  • les maladies respiratoires chroniques.

Contrairement aux maladies infectieuses, elles ne se transmettent pas d’une personne à une autre. Elles évoluent généralement sur plusieurs années et sont responsables d’une morbidité importante, d’une baisse de la qualité de vie et d’une mortalité élevée.

Selon le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, l’augmentation constante du nombre de personnes touchées fait des MNT un défi mondial majeur, nécessitant une mobilisation de tous les acteurs concernés.

Lors de cette rencontre, le ministre, dont l’allocution a été lue par son chef de cabinet Khalil Reda Hadj Mati, a rappelé que l’Algérie demeure engagée dans la promotion de la santé publique conformément à ses engagements internationaux.

Dans le cadre du programme d’action 2026-2029, le ministère accorde une priorité à la prévention des maladies non transmissibles à travers l’élaboration d’un deuxième Plan national stratégique multisectoriel.

L’objectif est de renforcer les actions déjà engagées tout en développant de nouvelles interventions ciblant les principaux facteurs de risque.

Le ministère souligne que la lutte contre les maladies chroniques dépasse le seul secteur de la santé.

La réussite de cette stratégie nécessite une mobilisation de nombreux partenaires :

  • les différents départements ministériels ;
  • les collectivités locales ;
  • les établissements de santé ;
  • le secteur privé ;
  • les associations et la société civile ;
  • les organismes internationaux.

Cette approche permet d’agir simultanément sur les déterminants de la santé, qu’ils soient environnementaux, sociaux, économiques ou comportementaux.

Le nouveau plan repose principalement sur des mesures de prévention dont l’efficacité et le rapport coût-efficacité sont largement démontrés.

Le ministère souhaite notamment renforcer :

  • les campagnes de sensibilisation ;
  • l’éducation à la santé ;
  • la promotion d’une alimentation équilibrée ;
  • la pratique régulière d’une activité physique ;
  • la lutte contre le tabagisme ;
  • la prévention de la sédentarité.

Ces actions visent à réduire les principaux facteurs de risque responsables de l’apparition des maladies chroniques.

Au-delà de la prévention, le ministère souhaite améliorer l’accès aux services de dépistage précoce.

Détecter une maladie à un stade initial permet souvent :

  • d’améliorer les chances de traitement ;
  • de limiter les complications ;
  • de réduire les hospitalisations ;
  • d’améliorer la qualité de vie des patients ;
  • de diminuer les coûts liés aux soins de longue durée.

Le plan prévoit également de renforcer l’accès aux soins spécialisés et d’améliorer la prise en charge médicale sur l’ensemble du territoire national.

Pour accompagner cette stratégie, l’État poursuit ses investissements dans le secteur de la santé.

Ces efforts concernent notamment :

  • la modernisation des établissements de santé ;
  • le développement des infrastructures sanitaires ;
  • le renforcement des équipements médicaux ;
  • la formation des professionnels de santé ;
  • l’amélioration de l’accès aux soins pour l’ensemble de la population.

L’objectif est de garantir une prise en charge plus efficace et plus équitable des patients atteints de maladies chroniques.

Le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Algérie, Phanuel Habimana, a salué les avancées réalisées par l’Algérie dans ce domaine.

Il a rappelé que le pays figure parmi les premiers en Afrique à avoir adopté un plan stratégique consacré à la lutte contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles.

Cette reconnaissance témoigne des efforts engagés depuis plusieurs années pour intégrer la prévention au cœur des politiques nationales de santé.

De son côté, la coordonnatrice résidente des Nations Unies en Algérie, Savina Claudia Ammassari, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective face à l’augmentation des maladies chroniques et de leur impact sur la mortalité.

Elle a souligné que la stratégie algérienne traduit une volonté politique forte plaçant la santé au cœur des politiques publiques.

Elle a également salué les progrès accomplis par l’Algérie dans le développement des soins de santé et l’amélioration de la prise en charge médicale.

Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des maladies chroniques :

  • le vieillissement de la population ;
  • le tabagisme ;
  • une alimentation trop riche en sel, en sucres et en graisses saturées ;
  • le manque d’activité physique ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • la consommation excessive d’alcool ;
  • la pollution environnementale ;
  • le stress chronique.

La majorité de ces facteurs peuvent être évités grâce à des mesures de prévention adaptées.

Les spécialistes rappellent que plusieurs habitudes permettent de diminuer significativement le risque de développer une maladie chronique :

  • arrêter de fumer ;
  • pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine ;
  • adopter une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes ;
  • limiter la consommation de produits ultra-transformés, de sel, de sucre et de graisses saturées ;
  • maintenir un poids de santé ;
  • contrôler régulièrement sa tension artérielle, sa glycémie et son cholestérol ;
  • participer aux programmes de dépistage recommandés selon l’âge et les facteurs de risque.

Ces mesures contribuent également à prévenir les complications chez les personnes déjà atteintes d’une maladie chronique.

Les maladies non transmissibles (MNT) sont aujourd’hui responsables de la majorité des décès dans le monde. Elles évoluent souvent lentement et nécessitent un suivi médical au long cours. Pourtant, une grande partie de ces maladies pourrait être évitée grâce à la prévention, au dépistage précoce et à l’adoption d’un mode de vie sain. Les politiques de santé publique jouent donc un rôle essentiel pour réduire leur impact sur les individus, les familles et les systèmes de santé.

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