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Cancer de l’estomac : boire des boissons sucrées chaque jour serait associé à un risque plus élevé

Edité par : Dr Imad BOUARISSA | Docteur en médecine
15 septembre 2026

Sodas, limonades, boissons énergisantes ou autres boissons contenant des sucres ajoutés : leur consommation régulière est déjà déconseillée pour de nombreuses raisons. Une nouvelle étude suggère désormais une association avec le cancer de l’estomac. Les personnes qui en consommaient quotidiennement présentaient un risque plus élevé de développer ce cancer que celles qui en buvaient rarement. Mais attention : ces résultats ne prouvent pas que les sodas provoquent directement la maladie.

Les boissons sucrées occupent une place importante dans l’alimentation de nombreuses personnes.

Leur consommation excessive est déjà associée à plusieurs problèmes de santé, notamment au surpoids, à l’obésité et au diabète de type 2.

Une nouvelle étude apporte une interrogation supplémentaire : leur consommation régulière pourrait-elle également être liée au risque de cancer de l’estomac ?

Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs américains ont analysé les données de plus de 112 000 adultes, suivis pendant plusieurs décennies.

Leurs résultats montrent une association statistique particulièrement marquée chez les personnes déclarant consommer quotidiennement des boissons contenant des sucres ajoutés.

L’étude a porté précisément sur 112 284 participants.

Au cours de la période de suivi, 278 cas de cancer de l’estomac ont été identifiés : 140 chez des femmes et 138 chez des hommes.

Les cancers observés étaient principalement des adénocarcinomes gastriques, qui se développent à partir des cellules de la muqueuse de l’estomac et représentent la forme la plus fréquente de cancer gastrique.

Les chercheurs ont ensuite comparé le risque de cancer selon la fréquence de consommation des boissons sucrées.

Ils ont pris en compte plusieurs facteurs susceptibles d’influencer les résultats.

Le résultat le plus marquant concerne les participants qui consommaient plus de 240 millilitres de boissons sucrées par jour, soit approximativement un verre ou une petite canette.

Dans cette catégorie, le risque de développer un cancer de l’estomac était 2,45 fois plus élevé que chez les personnes qui déclaraient consommer ces boissons moins d’une fois par mois.

L’association était observée chez les deux sexes.

Le risque estimé était de 3,04 fois plus élevé chez les femmes et de 1,99 fois plus élevé chez les hommes.

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence.

Ils indiquent une association statistique entre deux phénomènes.

Ils ne démontrent pas que boire un soda provoque directement un cancer de l’estomac.

C’est un point essentiel dans l’interprétation de ce type d’étude.

Même lorsqu’une étude prend en compte plusieurs facteurs de risque, il peut rester des éléments susceptibles d’influencer les résultats.

Les habitudes alimentaires, le niveau d’activité physique, le poids, le tabagisme, les antécédents médicaux ou d’autres caractéristiques du mode de vie peuvent être liés entre eux.

Une personne qui consomme régulièrement des boissons sucrées peut, par exemple, avoir simultanément d’autres habitudes alimentaires ou comportements susceptibles d’influencer son risque de cancer.

Les chercheurs tentent de corriger statistiquement ces facteurs.

Mais une étude observationnelle ne permet généralement pas, à elle seule, d’établir une causalité.

Il serait donc prématuré d’affirmer que les sodas sont responsables du cancer de l’estomac.

Plusieurs hypothèses biologiques sont envisagées.

La consommation régulière de boissons très sucrées peut favoriser un apport énergétique excessif et contribuer à la prise de poids.

À long terme, une consommation élevée de sucres ajoutés peut également participer à des perturbations métaboliques, notamment à une moins bonne sensibilité à l’insuline.

Les chercheurs s’intéressent également aux phénomènes inflammatoires et aux modifications possibles du microbiote intestinal.

Le fructose, présent dans de nombreuses boissons sucrées, fait lui aussi l’objet de recherches.

Mais lorsqu’il s’agit spécifiquement du cancer de l’estomac, le mécanisme biologique reste incertain.

Plusieurs voies pourraient intervenir simultanément et aucune ne permet actuellement d’expliquer à elle seule l’association observée.

Les boissons sucrées ne doivent surtout pas faire oublier les facteurs de risque déjà solidement établis.

Parmi eux figure une bactérie particulièrement importante : Helicobacter pylori.

Cette bactérie peut coloniser durablement l’estomac et provoquer une inflammation chronique de sa muqueuse.

Cette infection constitue un facteur majeur de risque de cancer gastrique.

Selon les données rapportées dans le texte source, H. pylori serait impliquée dans une grande majorité des cancers de l’estomac, tandis que seule une petite proportion des personnes infectées développe effectivement un cancer.

Cela illustre une distinction fondamentale : avoir un facteur de risque ne signifie pas que la maladie apparaîtra nécessairement.

Le risque dépend de l’association de plusieurs facteurs, de la durée de l’exposition et des caractéristiques individuelles.

Les chercheurs ont tenté de prendre en compte l’infection à H. pylori.

Mais cette information n’était disponible que pour 940 participants sur plus de 112 000.

Cette proportion très faible limite fortement la capacité des chercheurs à déterminer précisément dans quelle mesure cette infection influence l’association observée entre boissons sucrées et cancer gastrique.

C’est donc une limite importante à garder à l’esprit.

D’autres études seront nécessaires pour confirmer les résultats et mieux comprendre les mécanismes potentiels.

Le cancer gastrique est une maladie multifactorielle.

Parmi les facteurs de risque connus figurent notamment :

  • l’infection chronique par Helicobacter pylori ;
  • le tabagisme ;
  • une alimentation particulièrement riche en sel et certains aliments conservés ;
  • certains antécédents familiaux ;
  • certaines prédispositions génétiques ;
  • et, dans certaines situations, des antécédents de lésions précancéreuses de l’estomac.

Le risque augmente également avec l’âge.

Il ne faut donc pas réduire la prévention du cancer gastrique à la seule consommation de boissons sucrées.

Le cancer de l’estomac peut évoluer pendant un certain temps sans provoquer de symptômes spécifiques.

Certains signes peuvent néanmoins apparaître :

  • douleurs ou gêne persistante dans le haut de l’abdomen ;
  • perte d’appétit ;
  • sensation de satiété précoce ;
  • nausées répétées ;
  • amaigrissement inexpliqué ;
  • fatigue importante ;
  • difficultés à avaler dans certaines localisations ;
  • saignement digestif ou anémie.

Ces symptômes sont loin d’être spécifiques du cancer.

Ils peuvent être provoqués par de nombreuses maladies digestives beaucoup plus fréquentes.

Mais lorsqu’ils persistent ou s’aggravent, une consultation médicale est recommandée.

Une perte de poids inexpliquée, des vomissements persistants, des selles noires ou des signes de saignement digestif doivent notamment conduire à consulter rapidement.

Pas nécessairement.

Le problème est surtout celui de la fréquence et de la quantité.

Une consommation occasionnelle n’est pas comparable à l’habitude de boire quotidiennement plusieurs boissons sucrées.

Pour la consommation courante, l’eau reste la meilleure boisson.

Les boissons sucrées peuvent être réservées à des occasions ponctuelles.

Cette recommandation présente d’ailleurs des bénéfices bien établis indépendamment de cette nouvelle étude : réduire leur consommation permet notamment de limiter les apports en sucres libres et en calories et contribue à prévenir le surpoids et certaines complications métaboliques.

Pour les personnes habituées à boire des sodas chaque jour, une diminution progressive peut être plus facile qu’un arrêt brutal.

On peut commencer par :

  • remplacer une boisson sucrée quotidienne par de l’eau ;
  • privilégier l’eau lors des repas ;
  • réserver les sodas aux occasions particulières ;
  • éviter de remplacer systématiquement l’eau par des jus de fruits, qui peuvent également contenir des quantités importantes de sucres ;
  • lire les étiquettes nutritionnelles ;
  • privilégier les boissons non sucrées.

L’objectif est de modifier durablement les habitudes plutôt que de rechercher une interdiction absolue.

Leur place mérite également d’être nuancée.

Les boissons édulcorées peuvent réduire l’apport en sucres par rapport aux boissons classiques, mais elles ne transforment pas pour autant une boisson industrielle en boisson indispensable à une alimentation saine.

Pour l’hydratation quotidienne, l’eau reste le choix le plus simple.

Les données concernant les différents édulcorants et leurs effets à long terme font par ailleurs l’objet de recherches et ne permettent pas de présenter toutes les boissons ‘’light’’ comme une solution universelle.

Le groupe sanguin constitue également une piste étudiée depuis longtemps en cancérologie.

Certaines études ont observé des différences de risque de cancer gastrique selon le groupe sanguin ABO.

Les personnes du groupe A semblent notamment présenter un risque légèrement supérieur à celui observé chez certaines personnes appartenant à d’autres groupes.

Mais il s’agit d’un facteur de susceptibilité, et non d’une cause directe.

Connaître son groupe sanguin ne permet donc pas de prédire individuellement l’apparition d’un cancer de l’estomac.

Les facteurs modifiables, comme le tabagisme et certaines habitudes alimentaires, ainsi que la prise en charge d’une éventuelle infection à H. pylori, restent beaucoup plus pertinents dans une démarche de prévention.

Cette nouvelle étude apporte une piste intéressante : une consommation quotidienne de boissons contenant des sucres ajoutés était associée à un risque plus élevé de cancer de l’estomac dans une vaste population suivie sur le long terme.

Mais elle ne permet pas encore d’affirmer qu’un soda est directement responsable de ce cancer.

La prudence scientifique est donc de mise.

Il existe déjà de nombreuses raisons de limiter les boissons sucrées : leur consommation excessive favorise notamment un apport énergétique important et peut contribuer au surpoids et aux troubles métaboliques.

La nouvelle étude constitue une raison supplémentaire de ne pas en faire une habitude quotidienne, mais elle ne doit pas détourner l’attention des facteurs de risque gastrique mieux établis, notamment Helicobacter pylori, le tabagisme et certains facteurs alimentaires et génétiques.

En matière de prévention, il n’est pas nécessaire d’attendre une preuve définitive pour adopter une habitude simple : faire de l’eau la boisson de tous les jours et réserver les boissons sucrées à une consommation occasionnelle.

Mots-clés : Cancer, estomac, gastrique, boissons sucrées, sodas, sucre, risque, prévention, Helicobacter pylori, H. pylori, adénocarcinome, alimentation, nutrition, obésité, diabète type 2, inflammation, microbiote, fructose, tabagisme, sel, groupe sanguin, santé digestive, oncologie publique.

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