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Épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda : plus de 1.000 décès, l’OMS intensifie la riposte face à une crise sanitaire majeure

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
27 juillet 2026

L’épidémie de maladie à virus Ebola qui touche la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda poursuit sa progression. Selon les dernières données publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le bilan dépasse désormais le seuil symbolique des 1.000 décès, illustrant l’ampleur de cette urgence de santé publique.

Une épidémie qui continue de progresser en Afrique centrale

Les autorités sanitaires congolaises, citées par l’OMS, rapportaient 2.473 cas confirmés, dont 999 décès en République démocratique du Congo. En Ouganda, 20 cas confirmés et deux décès ont été enregistrés. Si aucun nouveau malade n’a été signalé récemment dans ce pays, les autorités devront encore attendre plusieurs semaines sans nouveau cas avant que la fin officielle de l’épidémie puisse être déclarée.

Cette 17ᵉ épidémie d’Ebola déclarée officiellement en RDC le 15 mai 2026 est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche beaucoup plus rare que celle du virus Zaïre responsable des précédentes flambées épidémiques.

À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est disponible contre cette variante du virus, ce qui complique considérablement les efforts de lutte. Les équipes médicales s’appuient principalement sur une prise en charge précoce, des soins intensifs de soutien, l’isolement rapide des patients et le renforcement des mesures de prévention afin de limiter la transmission.

Toutefois, plusieurs avancées scientifiques suscitent l’espoir. Un essai clinique évaluant deux traitements expérimentaux a débuté au mois de juillet. Parallèlement, l’OMS a autorisé l’utilisation d’urgence d’un nouveau test moléculaire permettant un diagnostic plus rapide de cette souche. Un premier essai clinique du vaccin ChAdOx1, développé sous la direction de l’Université d’Oxford, est également en cours afin d’évaluer son innocuité et son efficacité potentielle.

La province de l’Ituri, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo, demeure le principal foyer de transmission.

Selon l’OMS :

  • près de 89 % des cas confirmés sont recensés dans cette province ;
  • environ 84 % des décès y sont enregistrés.

La ville de Bunia et ses environs restent particulièrement touchés, avec une circulation intense du virus. L’épidémie s’est également propagée vers quatre autres provinces, notamment le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où l’insécurité liée aux groupes armés complique fortement les opérations de surveillance, de dépistage et de prise en charge des malades.

Pour les responsables de l’Organisation mondiale de la Santé, la situation demeure préoccupante. Thierno Baldé, responsable de la gestion de l’incident Ebola en RDC au sein de l’OMS, estime que les équipes sanitaires restent engagées dans une véritable course contre la montre. « L’épidémie conserve une longueur d’avance sur nous et nous sommes encore dans une phase où nous tentons de rattraper son évolution. »

Les efforts se concentrent actuellement sur les zones où la transmission est la plus active afin d’interrompre les chaînes de contamination le plus rapidement possible.

La maladie à virus Ebola est une infection virale grave qui se transmet par contact direct avec :

  • le sang ;
  • les sécrétions et liquides biologiques d’une personne infectée ;
  • les tissus d’une personne décédée de la maladie ;
  • des objets contaminés (seringues, vêtements, literie ou matériel médical).

Contrairement à certaines infections respiratoires, Ebola ne se transmet pas par voie aérienne.

Après une période d’incubation pouvant varier de 2 à 21 jours, les premiers symptômes apparaissent brutalement.

Les premiers signes ressemblent souvent à ceux d’autres maladies infectieuses :

  • forte fièvre ;
  • fatigue intense ;
  • maux de tête ;
  • douleurs musculaires ;
  • faiblesse importante ;
  • douleurs abdominales ;
  • nausées, vomissements et diarrhées.

Dans les formes sévères, peuvent apparaître :

  • des hémorragies internes ou externes ;
  • une défaillance de plusieurs organes ;
  • un état de choc pouvant conduire au décès en l’absence de prise en charge rapide.

Plusieurs facteurs compliquent le contrôle de cette flambée :

  • l’absence de vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo ;
  • les difficultés d’accès à certaines zones en raison de l’insécurité ;
  • les déplacements des populations ;
  • le retard au diagnostic dans certaines régions rurales ;
  • les défis liés à la surveillance des contacts et à la sensibilisation des communautés.

Ces éléments favorisent la poursuite de la transmission du virus malgré la mobilisation des équipes nationales et internationales.

L’OMS rappelle plusieurs mesures essentielles pour limiter la propagation du virus :

  • consulter immédiatement en cas de fièvre après un contact à risque ou un séjour dans une zone touchée ;
  • éviter tout contact avec les liquides biologiques d’une personne malade ;
  • respecter les mesures d’hygiène des mains ;
  • appliquer strictement les protocoles de prévention dans les établissements de santé ;
  • assurer une surveillance étroite des personnes ayant été en contact avec un cas confirmé ;
  • renforcer l’information des populations afin de favoriser un diagnostic précoce.

Avec plus de 1.000 décès enregistrés en République démocratique du Congo et en Ouganda, cette nouvelle flambée d’Ebola constitue l’une des crises sanitaires les plus préoccupantes en Afrique centrale. L’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo rend la lutte particulièrement complexe. Les essais cliniques actuellement en cours, le renforcement du dépistage et la coopération internationale représentent aujourd’hui les principaux espoirs pour freiner la propagation du virus et réduire sa mortalité.

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