Longtemps associé au grand âge, l’accident vasculaire cérébral touche désormais davantage de personnes jeunes

Pendant longtemps, l’accident vasculaire cérébral (AVC) a été considéré comme une maladie principalement liée au vieillissement. Pourtant, les données récentes montrent une évolution préoccupante : les AVC touchent de plus en plus d’adultes jeunes.

Augmentation des AVC chez les adultes jeunes
Chaque année, environ 60 000 personnes sont touchées par un AVC en Algérie, soit près de 7 cas par heure. Cette maladie provoque entre 15 000 et 20 000 décès par an, tandis que plus de 60 % des survivants gardent des séquelles durables, notamment des paralysies, des troubles de la mémoire ou des difficultés à parler. Parmi les principaux facteurs de risque, l’hypertension artérielle, qui concernerait environ 35 % de la population algérienne, occupe une place majeure.
Si la majorité des patients restent des personnes âgées, notamment celles de plus de 65 ans, une augmentation des cas chez les adultes de moins de 55 ans est observée dans plusieurs pays.
Une étude publiée dans la revue Neurology souligne notamment une progression importante de l’incidence des AVC chez les personnes âgées de 20 à 54 ans dans certains États américains au cours des dernières décennies. Pour plusieurs spécialistes, cette évolution pourrait également concerner d’autres pays, dont l’Algérie.
« Nous sommes face à une bombe à retardement », alertent certains acteurs de la prévention, rappelant l’importance d’agir plus tôt sur les facteurs de risque.
Une maladie qui n’épargne plus les jeunes générations
L’AVC survient lorsque l’arrivée du sang vers une partie du cerveau est interrompue. Il peut être provoqué par :
- un caillot qui bloque une artère cérébrale (AVC ischémique, le plus fréquent) ;
- la rupture d’un vaisseau sanguin provoquant une hémorragie cérébrale (AVC hémorragique).
Chez les personnes âgées, le vieillissement des artères constitue un facteur important. Chez les adultes plus jeunes, d’autres éléments peuvent entrer en jeu :
- l’hypertension artérielle mal contrôlée ;
- le tabagisme ;
- le diabète ;
- l’excès de cholestérol ;
- la sédentarité ;
- le surpoids et l’obésité ;
- certaines maladies cardiaques, notamment les troubles du rythme ;
- la consommation excessive d’alcool ;
- certaines prédispositions génétiques.
Ces facteurs peuvent apparaître progressivement dès le début de l’âge adulte et favoriser une atteinte cardiovasculaire précoce.
Des facteurs de risque qui s’installent parfois dès l’adolescence
Les spécialistes alertent sur l’évolution des modes de vie modernes. Une alimentation trop riche en produits ultra-transformés, le manque d’activité physique, le stress chronique, le sommeil insuffisant et le tabagisme peuvent contribuer à fragiliser progressivement le système cardiovasculaire.
L’hypertension artérielle représente notamment un facteur majeur. Souvent silencieuse, elle peut endommager les artères pendant plusieurs années avant de provoquer une complication.
Chez les jeunes adultes, le dépistage reste donc essentiel, même en l’absence de symptômes.
Reconnaître rapidement les signes d’un AVC
L’AVC est une urgence médicale. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de limiter les séquelles augmentent.
Les principaux signes d’alerte peuvent être mémorisés grâce à plusieurs repères simples :
- un visage qui se déforme ou une asymétrie brutale du visage ;
- une faiblesse ou un engourdissement soudain d’un bras, d’une jambe ou d’un côté du corps ;
- des difficultés à parler, à comprendre ou à trouver ses mots ;
- un trouble brutal de la vision ;
- une perte d’équilibre, des vertiges importants ou une difficulté soudaine à marcher ;
- un mal de tête intense et inhabituel, notamment lorsqu’il apparaît brutalement.
Même chez une personne jeune, ces symptômes doivent conduire à appeler immédiatement les services d’urgence.

Prévenir l’AVC dès le plus jeune âge
La prévention repose principalement sur la réduction des facteurs de risque.
Quelques habitudes peuvent protéger durablement le cerveau et le cœur :
Surveiller sa tension artérielle
Une mesure régulière de la pression artérielle permet de détecter une hypertension souvent silencieuse et de la prendre en charge rapidement.
Bouger chaque jour
L’activité physique régulière améliore la circulation sanguine, aide à contrôler le poids, la tension et la glycémie.
Marcher davantage, limiter le temps passé assis et pratiquer une activité adaptée à ses capacités sont déjà bénéfiques.
Adopter une alimentation protectrice
Une alimentation favorable à la santé cardiovasculaire privilégie :
- les fruits et légumes ;
- les légumineuses ;
- les céréales complètes ;
- les poissons ;
- les huiles végétales de qualité ;
- une consommation limitée de sel, de sucres ajoutés et de produits ultra-transformés.
Arrêter le tabac
Le tabac accélère le vieillissement des artères et augmente fortement le risque d’AVC, quel que soit l’âge.
Surveiller les autres facteurs de risque
Un suivi médical peut être nécessaire en cas de :
- diabète ;
- cholestérol élevé ;
- antécédents familiaux cardiovasculaires ;
- troubles du rythme cardiaque ;
- hypertension.
Mieux connaître les AVC pour mieux les éviter
L’augmentation des AVC chez les adultes jeunes rappelle que cette maladie ne doit plus être associée uniquement au vieillissement.
La prévention commence bien avant l’apparition des premiers symptômes. Contrôler ses facteurs de risque, adopter une bonne hygiène de vie et consulter en cas de signe inhabituel sont des gestes essentiels pour protéger son cerveau.
Car face à l’AVC, chaque minute compte, mais chaque prévention compte aussi.
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