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Périménopause : un tiers des femmes de plus de 35 ans ignorent qu’elles la traversent, révèle une étude

Edité par : Dre Khalida Gouasmia | Gynécologue
11 septembre 2026

La périménopause demeure une étape encore largement méconnue de la vie des femmes. Pourtant, cette période de transition hormonale, qui précède la ménopause, peut durer plusieurs années et s’accompagner de nombreux symptômes susceptibles d’altérer la qualité de vie. Une récente étude américaine révèle qu’une femme sur trois âgée de plus de 35 ans ne sait pas qu’elle est en périménopause, soulignant un important déficit d’information et de reconnaissance médicale.

La périménopause correspond à la période durant laquelle les ovaires commencent progressivement à diminuer leur production d’œstrogènes et de progestérone, avant l’arrêt définitif des règles. Elle débute le plus souvent entre 40 et 45 ans, mais peut apparaître plus précocement ou plus tard selon les femmes.

Cette phase de transition peut s’étendre sur plusieurs années, parfois jusqu’à huit ans, avant l’installation de la ménopause, officiellement définie après douze mois consécutifs sans menstruations.

En raison des importantes fluctuations hormonales, les manifestations cliniques sont très variables d’une femme à l’autre, ce qui complique souvent leur identification.

Contrairement aux idées reçues, la périménopause ne se limite pas aux bouffées de chaleur.

Les femmes peuvent présenter des cycles menstruels irréguliers, des troubles du sommeil, une fatigue persistante, des sueurs nocturnes, des douleurs musculaires ou articulaires, une baisse de la fertilité, des sautes d’humeur, une anxiété inhabituelle, une perte de cheveux, une prise de poids ou encore une rétention d’eau.

Cette diversité de symptômes explique pourquoi beaucoup les attribuent au stress, au vieillissement, à une surcharge de travail ou à d’autres problèmes de santé.

Présentée sur la plateforme scientifique EurekAlert!, l’étude a porté sur près de 7 600 femmes américaines âgées de 35 ans et plus, résidant à Cleveland (Ohio). Les chercheurs ont évalué leur niveau de connaissance concernant leur statut reproductif et leur capacité à reconnaître les signes de la périménopause.

Les résultats mettent en évidence une importante méconnaissance de cette période de la vie :

  • 34 % des participantes déclaraient ne pas savoir si elles étaient ou non en périménopause.

Cette incertitude était particulièrement marquée chez les femmes âgées de 40 à 44 ans, période où les premiers changements hormonaux apparaissent le plus souvent.

  • 56 % des participantes confondaient les symptômes de la périménopause avec ceux d’autres affections.
  • 28 % reconnaissaient manquer d’informations sur cette transition hormonale.
  • 16 % rapportaient des difficultés pour obtenir un diagnostic ou accéder à une prise en charge adaptée.

Ces résultats traduisent un déficit de sensibilisation du grand public mais également des obstacles persistants dans le parcours de soins.

La périménopause ne dispose pas d’un test biologique unique permettant de confirmer son diagnostic.

Les concentrations hormonales fluctuent fortement d’un cycle à l’autre, rendant les dosages sanguins peu fiables chez de nombreuses femmes.

Le diagnostic repose donc essentiellement sur l’analyse des symptômes, de l’âge, des modifications du cycle menstruel et de l’examen clinique.

Par ailleurs, plusieurs maladies peuvent provoquer des manifestations similaires, notamment les troubles de la thyroïde, le syndrome prémenstruel, certaines carences nutritionnelles, la dépression, l’anxiété ou encore des troubles du sommeil.

Cette proximité des symptômes explique pourquoi la périménopause passe souvent inaperçue ou est diagnostiquée tardivement.

L’étude met également en lumière les difficultés rencontrées par certaines femmes lors de leurs consultations médicales.

Plusieurs participantes rapportent avoir vu leurs symptômes minimisés, voire attribués uniquement au stress ou à des troubles psychologiques.

Les auteurs estiment que la formation des professionnels de santé sur la périménopause reste encore insuffisante dans certains pays, ce qui peut retarder la reconnaissance de cette transition physiologique et la mise en place d’une prise en charge adaptée.

Au-delà de l’inconfort physique, les symptômes de la périménopause peuvent avoir des répercussions importantes sur le quotidien.

Les troubles du sommeil favorisent la fatigue chronique, les difficultés de concentration et la baisse des performances professionnelles. Les fluctuations hormonales peuvent également affecter l’humeur, augmenter l’irritabilité ou l’anxiété et altérer la vie sociale et familiale.

Chez certaines femmes, ces symptômes deviennent suffisamment marqués pour nécessiter une prise en charge médicale personnalisée.

Pour les chercheurs, cette étude souligne l’urgence d’améliorer l’information des femmes sur cette étape naturelle de la vie.

Une meilleure connaissance des symptômes permettrait un repérage plus précoce, une consultation plus rapide et un accompagnement mieux adapté.

Les auteurs plaident également pour un renforcement de la formation des professionnels de santé afin de mieux reconnaître la périménopause et d’éviter les retards diagnostiques.

Il est recommandé de consulter un médecin ou un gynécologue en cas de :

  • cycles menstruels devenant très irréguliers ou anormalement abondants ;
  • bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes fréquentes ;
  • troubles du sommeil persistants ;
  • fatigue inhabituelle ou baisse importante de la qualité de vie ;
  • modifications importantes de l’humeur ou symptômes anxieux ;
  • douleurs inhabituelles ou tout symptôme pouvant évoquer une autre maladie.

Le professionnel de santé pourra éliminer d’autres causes possibles, proposer des mesures hygiéno-diététiques, un accompagnement psychologique si nécessaire, ou discuter d’un traitement adapté, notamment lorsque les symptômes deviennent invalidants.

Les experts recommandent d’adopter plusieurs mesures simples afin de limiter l’intensité des symptômes :

  • pratiquer une activité physique régulière pour préserver la masse osseuse et musculaire ;
  • privilégier une alimentation équilibrée riche en calcium, vitamine D et protéines ;
  • maintenir un poids stable ;
  • limiter le tabac et l’alcool, qui peuvent aggraver les bouffées de chaleur ;
  • adopter une bonne hygiène du sommeil ;
  • gérer le stress grâce à des techniques de relaxation, de respiration ou de méditation ;
  • ne pas hésiter à consulter dès l’apparition de symptômes persistants plutôt que de les considérer comme une fatalité.

La périménopause est une étape physiologique normale, mais encore largement méconnue. L’étude américaine montre qu’un tiers des femmes de plus de 35 ans ignorent qu’elles traversent cette période, principalement en raison d’un manque d’information et de la grande variabilité des symptômes. Mieux sensibiliser les femmes et renforcer la formation des professionnels de santé apparaît aujourd’hui essentiel pour permettre un diagnostic plus précoce, améliorer la qualité de vie et proposer un accompagnement adapté à chaque situation.

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