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Sang dans les urines : un symptôme parfois banal, parfois révélateur d’une maladie grave

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
5 juillet 2026

Urines rouges, brunâtres ou troubles, sensation de brûlure en urinant, présence de petits caillots après une miction… Ces signes peuvent évoquer une simple infection urinaire. Pourtant, dans certains cas, ils traduisent une atteinte plus sérieuse des reins, de la vessie, de la prostate ou de l’ensemble des voies urinaires.

La présence de sang dans les urines, appelée hématurie, ne doit jamais être ignorée. Même lorsqu’elle est indolore ou passagère, elle constitue un signal d’alerte qui mérite une évaluation médicale. Certaines causes restent bénignes et transitoires. D’autres peuvent révéler un calcul rénal, une maladie inflammatoire, un trouble de la coagulation ou un cancer urologique détecté à un stade précoce.

L’hématurie correspond à la présence anormale de globules rouges dans les urines. Les médecins distinguent deux formes principales :

L’hématurie macroscopique

Elle est visible à l’œil nu. Les urines deviennent rosées, rouges, couleur rouille ou brun foncé. Des caillots sanguins peuvent parfois apparaître.

L’hématurie microscopique

Le sang n’est pas visible directement. Il est détecté grâce à une bandelette urinaire ou lors d’une analyse biologique des urines.

Dans certains cas, l’hématurie survient de manière isolée puis disparaît rapidement. Mais lorsqu’elle persiste, se répète ou s’accompagne d’autres symptômes, un bilan médical devient indispensable.

Les causes sont nombreuses. Certaines sont fréquentes et peu graves. D’autres nécessitent une prise en charge rapide.

La cystite

L’infection de la vessie reste l’une des causes les plus fréquentes d’hématurie, surtout chez la femme. Elle provoque souvent :

  • des brûlures urinaires ;
  • des envies fréquentes d’uriner ;
  • une sensation de vessie irritée ;
  • parfois du sang visible dans les urines.

Le traitement repose généralement sur des antibiotiques, une bonne hydratation et le repos.

La pyélonéphrite

Cette infection du rein peut entraîner :

  • de la fièvre ;
  • des douleurs lombaires ;
  • des frissons ;
  • une fatigue importante ;
  • une hématurie.

Certaines formes sévères nécessitent une hospitalisation.

L’urétrite

L’inflammation de l’urètre peut être liée à une infection sexuellement transmissible. Elle provoque souvent des brûlures urinaires et des écoulements.

Les maladies inflammatoires des reins

Des maladies comme la glomérulonéphrite ou la néphrite interstitielle peuvent provoquer une hématurie persistante associée à :

  • une hypertension ;
  • des œdèmes ;
  • une altération progressive de la fonction rénale.

Les calculs rénaux

Les calculs urinaires peuvent blesser les voies urinaires lors de leur passage. Ils provoquent parfois :

  • des douleurs violentes dans le dos ou le flanc ;
  • des nausées ;
  • du sang dans les urines.

Le traitement dépend de la taille et de la localisation du calcul.

La polykystose rénale

Cette maladie génétique entraîne la formation de nombreux kystes dans les reins et peut provoquer une hématurie chronique.

L’insuffisance rénale chronique

Dans certaines situations avancées, elle peut également s’accompagner de saignements urinaires.

L’hypertrophie bénigne de la prostate

Très fréquente après 50 ans, elle peut provoquer :

  • des difficultés à uriner ;
  • un jet urinaire faible ;
  • des envies fréquentes ;
  • parfois du sang dans les urines.

La prostatite

Cette inflammation de la prostate entraîne souvent :

  • des douleurs pelviennes ;
  • une gêne urinaire ;
  • parfois de la fièvre.

Les rétrécissements de l’urètre

Une sténose urétrale peut gêner l’écoulement de l’urine et provoquer des micro-saignements.

Chez l’adulte, surtout après 40 ans, la présence de sang dans les urines impose d’éliminer une cause tumorale.

Le cancer de la vessie

C’est l’une des causes les plus importantes d’hématurie chez les fumeurs. Le saignement est souvent indolore au début.

Le cancer du rein

Il peut provoquer :

  • une hématurie ;
  • des douleurs lombaires ;
  • parfois une masse abdominale.

Le cancer de la prostate

Certaines formes avancées peuvent entraîner des troubles urinaires et des saignements.

Les cancers de l’uretère ou de l’urètre

Plus rares, ils peuvent également provoquer une hématurie persistante.

Certaines maladies favorisent les saignements urinaires :

  • hémophilie ;
  • maladie de Willebrand ;
  • thrombopénie ;
  • drépanocytose ;
  • traitements anticoagulants.

Dans ces situations, une simple irritation des voies urinaires peut provoquer un saignement visible.

Un traumatisme

Un choc au niveau des reins ou de la vessie peut entraîner du sang dans les urines.

L’effort physique intense

Chez certains sportifs d’endurance, une hématurie transitoire peut apparaître après un marathon ou un effort prolongé.

Les maladies auto-immunes

Le lupus ou certaines vascularites peuvent atteindre les reins et provoquer une hématurie.

L’endométriose urinaire

Chez certaines femmes, l’endométriose peut toucher la vessie et provoquer des saignements urinaires cycliques.

Certains symptômes nécessitent une consultation rapide :

  • urines rouges ou très foncées ;
  • présence de caillots ;
  • douleurs lombaires importantes ;
  • brûlures urinaires ;
  • fièvre ;
  • difficulté à uriner ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • fatigue importante ;
  • gonflement abdominal ;
  • sang persistant malgré un traitement.

Une hématurie accompagnée d’une incapacité à uriner ou de douleurs intenses constitue une urgence médicale.

Le médecin commence par un interrogatoire et un examen clinique.

Plusieurs examens peuvent ensuite être prescrits :

  • bandelette urinaire ;
  • ECBU (examen cytobactériologique des urines) ;
  • prise de sang ;
  • échographie rénale et vésicale ;
  • scanner urinaire ;
  • cystoscopie pour visualiser l’intérieur de la vessie.

Chez les personnes à risque, notamment les fumeurs ou les patients de plus de 50 ans, ces examens permettent de rechercher précocement une tumeur urologique.

Le traitement dépend entièrement de la cause retrouvée.

En cas d’infection

Des antibiotiques permettent généralement une guérison rapide.

En cas de calcul rénal

Le traitement peut associer :

  • hydratation ;
  • antalgiques ;
  • lithotripsie ;
  • chirurgie dans certains cas.

En cas de maladie prostatique

Des médicaments ou une intervention chirurgicale peuvent être proposés.

En cas de cancer

La prise en charge peut inclure :

  • chirurgie ;
  • chimiothérapie ;
  • immunothérapie ;
  • radiothérapie.

En cas de maladie rénale

Un suivi spécialisé en néphrologie est souvent nécessaire.

  • Ne jamais banaliser des urines rouges ou brunâtres.
  • Consulter rapidement en cas de saignement répété.
  • Boire suffisamment d’eau chaque jour.
  • Éviter le tabac, principal facteur de risque du cancer de la vessie.
  • Ne pas pratiquer l’automédication prolongée avec des anti-inflammatoires.
  • Surveiller la tension artérielle et le diabète pour protéger les reins.
  • Réaliser un suivi urologique après 50 ans en cas de troubles urinaires.
  • Consulter rapidement en présence de fièvre, douleurs lombaires ou caillots.

À savoir Au XIXe siècle, les médecins militaires observent un phénomène étonnant chez certains soldats après de longues marches : leurs urines deviennent rouges ou brun foncé avant de retrouver une couleur normale. Ce phénomène sera plus tard identifié sous le nom d’« hématurie d’effort ». Les impacts répétés au niveau des pieds provoquent alors l’éclatement de nombreux globules rouges, dont les résidus sont ensuite éliminés par les reins. Aujourd’hui encore, ce phénomène peut être observé chez certains sportifs d’endurance, notamment les marathoniens.

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