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Sarcopénie : une découverte prometteuse pourrait renforcer la réparation des muscles avec l’âge

Edité par : Dr Oussama Mohamed BRAHIMI | Docteur en science du sport
25 août 2026

Perdre progressivement de la masse et de la force musculaires fait partie du vieillissement. Ce phénomène, appelé sarcopénie, touche des millions de personnes dans le monde et constitue l’une des principales causes de perte d’autonomie chez les seniors. Mais une équipe de chercheurs japonais vient d’ouvrir une piste thérapeutique particulièrement prometteuse.

Des chercheurs identifient une molécule capable de préserver les mécanismes naturels de régénération musculaire

Publiés dans la revue Scientific Reports, leurs travaux montrent qu’une molécule antioxydante pourrait protéger un mécanisme essentiel de réparation musculaire qui s’altère avec l’âge. À terme, cette découverte pourrait contribuer à préserver la mobilité, limiter les chutes et améliorer la qualité de vie des personnes âgées.

À partir de 50 ans, la masse musculaire diminue progressivement. Ce déclin s’accélère avec les années.

La sarcopénie se caractérise notamment par :

  • une diminution de la masse musculaire ;
  • une baisse de la force et de la puissance ;
  • une perte des fibres musculaires à contraction rapide, indispensables aux mouvements explosifs ;
  • une infiltration progressive de graisse dans les muscles ;
  • une récupération plus lente après un effort ou une blessure.

Cette fragilité musculaire favorise les chutes, les fractures, la perte de mobilité et la dépendance.

Les chercheurs de la Faculté d’agriculture de l’Université de Kyushu (Japon), dirigés par le Pr Ryuichi Tatsumi, se sont intéressés au facteur de croissance des hépatocytes (HGF – Hepatocyte Growth Factor).

Cette protéine joue un rôle essentiel dans la régénération des tissus.

Au niveau des muscles squelettiques, elle agit comme un véritable signal d’activation des cellules souches musculaires, appelées cellules satellites.

Lorsqu’un muscle est sollicité ou subit une lésion, le HGF est libéré et déclenche la réparation des fibres musculaires endommagées.

Avec l’âge, le HGF n’est pas forcément produit en moindre quantité. En revanche, il subit une modification chimique appelée nitration.

Sous l’effet du stress oxydatif, certaines molécules réactives modifient la structure du HGF, réduisant considérablement son efficacité.

Résultat :

  • la réparation musculaire ralentit ;
  • les fibres musculaires se régénèrent moins bien ;
  • l’atrophie musculaire progresse plus rapidement.

Selon les chercheurs, cette altération du HGF pourrait constituer l’un des mécanismes majeurs impliqués dans la sarcopénie.

Les scientifiques ont évalué deux molécules soufrées possédant de puissantes propriétés antioxydantes :

  •  le trisulfure de glutathion (GSSSG) ;
  • le trisulfure d’acide lipoïque (LASSS).

Toutes deux appartiennent à la famille des trisulfures, des composés riches en soufre capables de neutraliser certaines espèces oxydantes responsables de la nitration.

Les premiers essais montrent que ces deux molécules limitent la nitration du HGF.

Mais le LASSS s’est révélé nettement plus performant.

Les résultats ont surpris les chercheurs. « Cela a dépassé nos attentes », a déclaré le Pr Tatsumi.

Le LASSS ne se contente pas de protéger le HGF.

Selon les auteurs, il pourrait également modifier légèrement sa structure tridimensionnelle, créant une forme plus active du facteur de croissance.

Les chercheurs parlent même d’un « Super HGF ».

Cette nouvelle forme :

  • se fixe plus efficacement sur ses récepteurs cellulaires ;
  • stimule davantage les mécanismes de réparation ;
  • résiste mieux aux effets de la nitration.

Cette double action pourrait considérablement améliorer la régénération musculaire.

Pour vérifier leurs observations, les chercheurs ont utilisé un modèle expérimental d’atrophie musculaire chez la souris.

Les animaux ont été soumis à une période d’inactivité musculaire provoquant une fonte des muscles.

Les souris traitées avec le LASSS ont présenté :

  • une diminution importante de la nitration du HGF ;
  • une meilleure préservation des tissus musculaires ;
  • une régénération plus efficace que les animaux non traités.

À l’inverse, le GSSSG n’a pas démontré le même effet protecteur.

Ces résultats confirment que l’action du LASSS ne se limite pas aux expériences réalisées en laboratoire, mais se retrouve également chez l’animal vivant.

Malgré ces résultats très encourageants, les chercheurs restent prudents.

Le LASSS n’est pas un traitement disponible.

Plusieurs étapes restent indispensables :

  • confirmer son efficacité chez des animaux âgés ;
  • évaluer son innocuité à long terme ;
  • réaliser des essais cliniques chez l’être humain ;
  • déterminer les doses optimales.

À ce stade, aucune recommandation médicale ne permet d’utiliser cette molécule en pratique clinique.

Si ces travaux sont confirmés, les bénéfices pourraient dépasser la seule lutte contre la sarcopénie.

Le LASSS pourrait également favoriser la récupération musculaire :

  • après une immobilisation prolongée ;
  • à la suite d’une hospitalisation ;
  • chez les personnes alitées ;
  • après certaines interventions chirurgicales ;
  • dans certaines maladies entraînant une fonte musculaire.

Les chercheurs estiment également que cette stratégie pourrait bénéficier aux animaux de compagnie, notamment les chiens et les chats âgés.

En attendant d’éventuels traitements, les spécialistes rappellent que plusieurs mesures permettent déjà de ralentir la perte musculaire liée à l’âge.

Pratiquer une activité physique régulière

Les exercices de renforcement musculaire restent la stratégie la plus efficace.

Ils stimulent les cellules satellites, entretiennent la force musculaire et limitent la fonte des muscles.

Il est recommandé d’associer :

  • exercices de résistance (poids, bandes élastiques) ;
  • marche rapide ;
  • activités d’équilibre ;
  • exercices d’endurance.

Les protéines apportent les acides aminés indispensables à la synthèse musculaire.

Chez les personnes âgées, les besoins sont souvent plus élevés que chez les adultes jeunes.

Les principales sources sont :

  • poissons ;
  • œufs ;
  • viandes maigres ;
  • produits laitiers ;
  • légumineuses ;
  • soja.

La vitamine D participe au bon fonctionnement musculaire.

Une supplémentation peut être proposée en cas de déficit, après avis médical.

Éviter les périodes prolongées d’inactivité

Quelques jours d’alitement suffisent parfois à entraîner une perte musculaire importante chez les personnes âgées.

Une reprise précoce de l’activité physique reste essentielle.

Cette découverte illustre une nouvelle approche du vieillissement musculaire : plutôt que de remplacer les muscles perdus, renforcer les mécanismes naturels de réparation de l’organisme.

Même si cette stratégie devra encore être validée chez l’être humain, elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements destinés à préserver la mobilité, réduire la fragilité et favoriser un vieillissement en meilleure santé.

  • Pratiquer au moins deux à trois séances hebdomadaires de renforcement musculaire adaptées à son âge.
  • Maintenir une alimentation riche en protéines de qualité et suffisamment énergétique.
  • Vérifier régulièrement son statut en vitamine D, surtout après 65 ans.
  • Limiter les périodes d’inactivité et reprendre une activité physique dès que possible après une maladie ou une hospitalisation.
  • Consulter un médecin en cas de perte de force, d’amaigrissement inexpliqué ou de difficultés croissantes à marcher ou à se lever.

Le vieillissement altère progressivement la capacité des muscles à se réparer. Des chercheurs japonais ont identifié une molécule, le trisulfure d’acide lipoïque (LASSS), capable de protéger le facteur de croissance HGF contre une modification chimique liée à l’âge. Chez la souris, cette molécule améliore la régénération musculaire et limite l’atrophie. Bien que ces résultats soient encore expérimentaux, ils ouvrent des perspectives prometteuses pour lutter contre la sarcopénie et préserver l’autonomie des personnes âgées.

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