
Une hémorragie cérébrale constitue une urgence médicale absolue. Lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt dans ou autour du cerveau, l’apport en oxygène et en nutriments est brutalement interrompu. Les cellules cérébrales sont rapidement endommagées. Chaque minute compte : une prise en charge immédiate peut limiter les séquelles, voire sauver la vie.
En Algérie, près de 60.000 personnes sont victimes d’un AVC chaque année, soit environ 164 par jour. Les hémorragies cérébrales représentent une bonne partie des AVC, mais elles sont souvent plus graves. Savoir reconnaître les signes d’alerte est donc essentiel.
AVC, infarctus cérébral ou hémorragie : quelle différence ?
Le terme AVC (accident vasculaire cérébral) regroupe plusieurs situations causées par une perturbation soudaine de la circulation sanguine cérébrale.
On distingue principalement :
- L’infarctus cérébral (AVC ischémique) : Un vaisseau est obstrué par un caillot. Une partie du cerveau est privée d’oxygène.
- L’hémorragie cérébrale (AVC hémorragique) : Un vaisseau se rompt. Le sang envahit le tissu cérébral ou l’espace autour du cerveau, augmentant la pression intracrânienne et détruisant les cellules nerveuses.
- L’AIT (accident ischémique transitoire) : Un « mini-AVC » dont les symptômes disparaissent en moins de 30 minutes. Il s’agit d’un signal d’alarme majeur, annonçant un risque élevé d’AVC dans les jours ou semaines suivantes.
Les symptômes initiaux sont souvent similaires. Il est impossible de distinguer ces situations sans examens médicaux. Dans le doute : appelez immédiatement les urgences.
Quand faut-il se rendre aux urgences ?
Toujours, en cas d’apparition brutale d’un ou plusieurs des symptômes suivants :
- troubles soudains de la parole ou difficulté à comprendre,
- visage asymétrique, bouche qui s’affaisse,
- faiblesse, paralysie ou engourdissement d’un côté du corps,
- perte de vision ou vision double,
- mal de tête brutal et extrêmement intense, inhabituel,
- troubles de l’équilibre ou de la coordination,
- crise d’épilepsie inexpliquée,
- baisse de l’état de conscience.
Les principaux types d’hémorragies cérébrales
Selon le lieu où se produit l’hémorragie à l’intérieur du crâne, on distingue quatre types d’hémorragie cérébrale :
L’hémorragie intra cérébrale (HIC) :
L’hémorragie intra cérébrale représente le cas d’un épanchement sanguin qui touche le cerveau. Quand il y a saignement au niveau du cerveau, on parle d’un AVC (accident vasculaire cérébral) hémorragique.
Cette forme est souvent observée chez les personnes sujettes à l’hypertension artérielle chronique et parfois chez les victimes de traumatismes cranio-cérébraux.
L’hémorragie péridurale :
L’hémorragie a lieu entre la membrane la plus externe des méninges (dure-mère) et l’os du crâne. Elle est souvent consécutive à un traumatisme.
L’hémorragie sous-durale
L’hématome se forme cette fois entre les deux membranes appelées méninges, la dure-mère et l’arachnoïde. Ces méninges constituent les enveloppes protectrices du cerveau. Un épanchement dans cette zone est souvent le fruit d’un traumatisme cranio-cérébral.
L’hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) :
Cette hémorragie se produit dans l’espace compris entre l’arachnoïde et la méninge la plus profonde, la pie-mère. On parle d’hémorragie sous-arachnoïdienne. Rupture d’anévrisme ou traumatisme crânien en sont souvent à l’origine.
L’hémorragie intraventriculaire
L’hémorragie intraventriculaire (HIV) est une forme rare d’hémorragie cérébrale, représentant approximativement 3% de toutes les hémorragies cérébrales. Elle est généralement associée à une céphalée aiguë et brutale, des vomissements, et une altération de la conscience due à une atteinte du tronc cérébral. Les symptômes d’une HIV peuvent également inclure un œdème cérébral, une pression artérielle anormale, des convulsions et une détérioration clinique majeure accompagnée d’anémie, d’hypotension et d’acidose métabolique.
Les conséquences d’une HIV sont souvent graves, pouvant mener à des déficits neurologiques permanents ou même au décès. Un traitement fibrinolytique peut être utilisé pour dissoudre les caillots sanguins dans le cerveau et aider à réduire la pression intracrânienne.
Les causes d’une hémorragie cérébrale ?
Une hémorragie cérébrale survient lorsque un vaisseau sanguin du cerveau se rompt. Plusieurs causes peuvent en être à l’origine.
La cause la plus fréquente
Hypertension artérielle chronique : une tension élevée sur le long terme fragilise les parois des artères cérébrales, qui deviennent plus étroites et plus rigides. Elles peuvent alors se rompre plus facilement.
Autres causes possibles
- Traumatisme crânien : chute, coup à la tête, accident de la route.
- Malformation des vaisseaux sanguins (malformation artérioveineuse).
- Angiopathie amyloïde cérébrale : maladie des petites artères, surtout chez les personnes âgées.
- Troubles de la coagulation : maladies du sang ou prise d’anticoagulants.
- Tumeur cérébrale pouvant fragiliser les vaisseaux.
Facteurs de risque identifiés
- tabagisme,
- consommation d’alcool,
- cholestérol élevé,
- diabète ou hyperglycémie mal contrôlés,
- certains troubles du rythme cardiaque,
- âge avancé, qui augmente naturellement la fragilité des vaisseaux.
La prévention passe avant tout par le contrôle de la tension artérielle et des facteurs de risque cardiovasculaires.
Les signes et symptômes d’une hémorragie cérébrale

Les symptômes d’une hémorragie cérébrale doivent conduire à appeler immédiatement les urgences en vue d’une hospitalisation immédiate. Parmi les signes cliniques observés, variables selon la localisation de l’hématome, on note :
- des céphalées très violentes ;
- des nausées et vomissements ;
- somnolence ;
- des vertiges, troubles de la coordination, pertes d’équilibre ;
- une confusion mentale, une inconscience, voire un coma ;
- des troubles neurologiques : engourdissement, hémiplégie (paralysie d’un côté du corps, notamment en cas d’AVC hémorragique).
- Reconnaître les signes : le test FAST
Le test FAST permet une identification rapide :
- Face : sourire asymétrique ?
- Arm : difficulté à lever un bras ?
- Speech : parole trouble ou incohérente ?
- Time : temps = urgence, appelez les urgences immédiatement.
Diagnostic pour une hémorragie cérébrale
En cas de symptômes, il est indispensable de contacter les urgences. La personne doit en effet être prise en charge le plus rapidement possible, car l’hémorragie cérébrale peut être mortelle.
Pour diagnostiquer une hémorragie cérébrale, le médecin se base sur des examens d’imagerie médicale. Ces examens sont une IRM du cerveau ou encore une tomodensitométrie, pour localiser et mesurer l’importance de l’hémorragie cérébrale. Un bilan sanguin est de même effectué pour mesurer le taux de glycémie, de cholestérol et de coagulation (nombre de plaquettes).
Prise en charge médicale : que se passe-t-il à l’hôpital ?
Les chances de survie avec une hémorragie cérébrale dépendent de plusieurs facteurs : la rapidité de la prise en charge, l’importance de l’hémorragie, sa localisation, les comorbidités, l’âge de la personne. Plus le traitement est entrepris rapidement, plus on a de chances de réduire le risque de séquelles avec un AVC hémorragique. Il n’existe pas de traitement spécifique de l’hémorragie cérébrale. Il s’agit de traiter la cause identifiée.
Le traitement dépend du type et de la gravité de l’AVC, mais il est toujours hospitalier :
- contrôle rapide de la tension artérielle,
- correction des troubles de la coagulation,
- neurochirurgie si nécessaire pour stopper le saignement ou réduire la pression,
- traitement des anévrismes (coiling ou clippage) en cas d’hémorragie sous-arachnoïdienne.
Plus la prise en charge est rapide, meilleures sont les chances de récupération.
Prise en charge en phase aiguë
En cas d’hémorragie cérébrale sévère, une prise en charge immédiate est indispensable pour limiter les lésions du cerveau. Le patient peut être placé dans le coma artificiel en soins intensifs afin de protéger le tissu cérébral et de contrôler la pression intracrânienne.
Selon la situation, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour évacuer le sang et réduire cette pression, bien que ce geste reste rare et à haut risque. Lorsque l’hémorragie est due à la rupture d’un anévrisme, une embolisation par coils (petites spirales) peut être réalisée afin de refermer le vaisseau fragilisé et prévenir un nouveau saignement.
Rééducation et vie après une hémorragie cérébrale
Une fois l’état stabilisé, la rééducation débute rapidement :
- kinésithérapie pour la mobilité, la force et l’équilibre,
- ergothérapie pour retrouver l’autonomie,
- logopédie pour le langage et la déglutition.
La récupération est souvent longue. Fatigue, troubles cognitifs et difficultés émotionnelles sont fréquents. Un suivi multidisciplinaire permet toutefois des progrès significatifs.
Prévention : réduire le risque
Certaines mesures diminuent fortement le risque d’AVC hémorragique :
- contrôler la pression artérielle,
- arrêter le tabac,
- éviter l’alcool,
- traiter le diabète et le cholestérol,
- respecter strictement les prescriptions d’anticoagulants,
- consulter rapidement en cas de maux de tête inhabituels ou de symptômes neurologiques.
À retenir
Une hémorragie cérébrale est une urgence vitale. Les symptômes apparaissent souvent brutalement et ne doivent jamais être minimisés.
Un appel rapide aux secours peut sauver des vies et limiter les séquelles. En matière d’AVC, le temps, c’est du cerveau.
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