L’épidémie de cyclosporose qui touche actuellement les États-Unis vient de franchir un seuil préoccupant. Deux premiers décès ont été confirmés dans l’État du Michigan chez des personnes âgées particulièrement fragiles. Cette infection parasitaire, provoquée par Cyclospora cayetanensis, entraîne de violentes diarrhées, une déshydratation parfois sévère et peut nécessiter une hospitalisation. Quels sont les symptômes ? Comment se transmet-elle ? Et faut-il s’inquiéter en Algérie ?
Deux premiers décès confirmés
Les autorités sanitaires du Michigan ont annoncé le 3 août les deux premiers décès associés à l’épidémie de cyclosporose qui sévit cet été aux États-Unis.
Selon le Michigan Department of Health and Human Services (MDHHS), les deux victimes présentaient d’importantes pathologies préexistantes. L’infection et la déshydratation auraient contribué à l’aggravation de leur état de santé.
Cette évolution rappelle que la cyclosporose peut devenir particulièrement dangereuse chez :
- les personnes âgées ;
- les personnes immunodéprimées ;
- les patients souffrant de maladies chroniques ;
- les personnes fragilisées par une déshydratation.
Qu’est-ce que la cyclosporose ?
La cyclosporose est une infection digestive causée par un parasite microscopique appelé Cyclospora cayetanensis.
Ce parasite infecte l’intestin et provoque une gastro-entérite parfois très intense.
Contrairement aux infections bactériennes classiques, la transmission se fait principalement par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par des matières fécales humaines contenant le parasite.
La contamination directe d’une personne à une autre est considérée comme peu probable, car le parasite doit d’abord mûrir dans l’environnement avant de devenir infectieux.
Comment se transmet l’infection ?
Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la contamination survient principalement après la consommation :
- de salades ;
- d’herbes aromatiques (coriandre, basilic, persil…) ;
- de fruits rouges ;
- de légumes consommés crus ;
- d’eau contaminée.
Les produits frais importés sont régulièrement impliqués dans les épidémies recensées en Amérique du Nord.
Le délai entre la contamination et les premiers symptômes est généralement d’environ sept jours, mais peut varier de deux à quatorze jours.
Quels sont les symptômes ?
La maladie débute souvent brutalement.
Les principaux symptômes sont :
- des diarrhées très abondantes, parfois qualifiées de « diarrhées explosives » ;
- des crampes abdominales importantes ;
- des douleurs digestives ;
- des nausées ;
- des vomissements chez certains patients ;
- une perte d’appétit ;
- une fatigue intense ;
- une légère fièvre ;
- une perte de poids ;
- une déshydratation parfois sévère.
Sans traitement, les symptômes peuvent persister plusieurs semaines, voire évoluer par poussées.
Pourquoi cette infection peut-elle devenir grave ?
Chez une personne en bonne santé, la cyclosporose est généralement guérissable grâce à un traitement antibiotique adapté.
En revanche, chez les personnes fragiles, les diarrhées répétées peuvent provoquer :
- une déshydratation importante ;
- une insuffisance rénale aiguë liée à la perte de liquides
- des troubles électrolytiques ;
- une aggravation de maladies cardiovasculaires ou chroniques déjà existantes.
Les deux décès rapportés aux États-Unis concernent précisément des patients présentant de lourdes comorbidités.
Quelle est l’ampleur de l’épidémie ?

Selon les dernières données des CDC, plusieurs milliers de cas confirmés ou probables ont été recensés aux États-Unis depuis le début de l’été.
L’épidémie a également conduit à plusieurs dizaines d’hospitalisations.
Les investigations se poursuivent afin d’identifier précisément les lots alimentaires à l’origine des contaminations.
Existe-t-il un traitement ?
Oui. Le traitement de référence repose sur un antibiotique spécifique : le triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX).
En parallèle, la réhydratation est essentielle afin de compenser les importantes pertes d’eau et de sels minéraux.
Chez les personnes les plus fragiles, une hospitalisation peut être nécessaire pour administrer des perfusions et surveiller les complications.
Y a-t-il un risque en Algérie ?
À ce jour, les services de santé n’ont signalé aucun cas lié à cette épidémie américaine.
Toutefois, des cas sporadiques de cyclosporose peuvent être observés chez des voyageurs revenant de zones où le parasite circule ou après la consommation de produits alimentaires importés contaminés.
Le risque reste actuellement considéré comme faible en Algérie.
Comment prévenir la cyclosporose ?
Les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures simples :
- laver soigneusement les fruits et légumes sous l’eau potable ;
- éplucher les aliments lorsque cela est possible ;
- cuire les aliments lorsque leur préparation le permet ;
- éviter de consommer de l’eau dont la qualité sanitaire est incertaine lors d’un voyage ;
- se laver les mains avant les repas et après être allé aux toilettes.
En voyage, il est préférable de privilégier l’eau en bouteille et les aliments bien cuits.
Quand consulter ?
Une consultation médicale est recommandée en cas de :
- diarrhée sévère durant plusieurs jours ;
- signes de déshydratation (soif intense, bouche sèche, diminution des urines, étourdissements) ;
- fièvre persistante ;
- douleurs abdominales importantes ;
- diarrhée chez une personne âgée, immunodéprimée ou atteinte d’une maladie chronique.
Une prise en charge rapide permet généralement d’éviter les complications.
À retenir
La cyclosporose est une infection parasitaire transmise principalement par des aliments crus contaminés. Si elle guérit le plus souvent avec un traitement adapté, elle peut entraîner une déshydratation sévère et devenir dangereuse chez les personnes âgées ou fragiles. Les deux premiers décès signalés aux États-Unis rappellent l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces, ainsi que du respect des règles d’hygiène alimentaire.
À savoir
Le parasite Cyclospora cayetanensis a été identifié chez l’être humain au début des années 1990. Il présente une particularité qui limite sa transmission directe : les œufs éliminés dans les selles ne sont pas immédiatement infectieux. Ils doivent d’abord passer plusieurs jours dans l’environnement avant de pouvoir contaminer une autre personne, ce qui explique pourquoi la majorité des épidémies sont liées à des aliments ou à de l’eau contaminés plutôt qu’à un contact direct entre individus.
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