
Les compléments alimentaires et les « gummies » destinés à favoriser le bronzage connaissent un succès grandissant sur les réseaux sociaux. Leur promesse est séduisante : préparer la peau au soleil et obtenir un teint hâlé plus rapidement. Pourtant, ces produits ne remplacent en aucun cas une véritable protection solaire.
Les gummies autobronzants ne protègent pas du soleil
Certains dermatologues sont catégoriques : ces gummies ont uniquement un effet esthétique. Ils peuvent modifier légèrement la coloration de la peau, mais ils ne renforcent pas les mécanismes naturels de défense contre les rayons ultraviolets (UV) et ne préviennent ni les coups de soleil, ni les lésions cutanées.
Or, selon une estimation de chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), diffusée mardi 27 mai, 80% des mélanomes dans le monde sont attribuables aux rayons UV. Certaines parties du monde sont plus touchées par cette pathologie.
Les rayons ultraviolets (UV) seraient à l’origine de 80% des mélanomes dans le monde, selon une estimation diffusée mardi 27 mai de chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (Circ). En effet, sur près de 332 000 cas de mélanome cutané dans le monde en 2022, environ 267 000 étaient causés par les rayons UV, soit 83%, selon une étude publiée dans l’International Journal of Cancer (IJC). Cette proportion était plus élevée chez les hommes (86%) que chez les femmes (79%), pointe également le Circ. Une protection efficace reste donc indispensable.
Compléments alimentaires : un intérêt limité
Certains compléments alimentaires riches en caroténoïdes ou en antioxydants peuvent contribuer à améliorer les défenses naturelles de la peau contre le stress oxydatif provoqué par les UV. Toutefois, leur effet photoprotecteur demeure modeste.
Les spécialistes rappellent qu’ils ne remplacent jamais les mesures classiques de protection solaire et ne permettent pas de s’exposer plus longtemps au soleil sans risque.
SPF 30 ou SPF 50 : quelle différence ?
Contrairement à une idée répandue, un indice de protection plus élevé ne signifie pas une protection totale.
La principale différence entre un SPF 30 et un SPF 50 réside dans le niveau de filtration des UV et la durée théorique de protection. En pratique, aucune crème solaire ne protège pendant toute une journée.
La transpiration, la baignade, les frottements des vêtements ou des serviettes réduisent progressivement son efficacité. Pour conserver une protection optimale, la crème doit être appliquée généreusement puis renouvelée toutes les deux heures, ainsi qu’après chaque baignade ou activité provoquant une forte transpiration.
Les zones souvent oubliées
Même lorsque la crème solaire est utilisée, certaines parties du corps restent fréquemment insuffisamment protégées :
- l’arrière des oreilles ;
- le cou ;
- le dessus et les côtés des pieds ;
- la plante des pieds lorsque l’on est allongé sur la plage ;
- le cuir chevelu chez les personnes peu chevelues ;
- les lèvres, qui nécessitent un stick solaire spécifique.
Ces zones sont pourtant particulièrement exposées aux coups de soleil.
Filtres minéraux ou chimiques : lequel choisir ?
Les protections solaires utilisent deux grandes familles de filtres.
- Les filtres minéraux (ou physiques) réfléchissent une partie des rayons ultraviolets à la surface de la peau.
- Les filtres organiques (ou chimiques) absorbent les rayons UV avant qu’ils ne pénètrent dans les tissus cutanés.
Aujourd’hui, la majorité des crèmes associent ces deux technologies afin d’offrir une protection plus complète.
Le critère essentiel reste le choix d’une protection à large spectre, capable de filtrer à la fois les UVA et les UVB.
Pourquoi faut-il se protéger des UVA et des UVB ?
Les deux types de rayons ultraviolets sont nocifs.
- Les UVB sont responsables des coups de soleil et des brûlures cutanées.
- Les UVA, eux, pénètrent plus profondément dans la peau. Ils accélèrent le vieillissement cutané, favorisent l’apparition des rides et participent également au développement des cancers de la peau.
Une protection efficace doit donc cibler simultanément ces deux rayonnements.
La meilleure protection, ce ne sont ni les crèmes ni les gummies
Pour des dermatologues, la priorité est ailleurs.
La protection la plus efficace reste avant tout l’évitement de l’exposition solaire.
Le port de vêtements couvrants, d’un chapeau à larges bords, de lunettes de soleil certifiées anti-UV et la recherche systématique de l’ombre constituent les moyens les plus performants pour limiter les effets nocifs du soleil.
Les spécialistes rappellent également qu’une application correcte de crème solaire nécessite une quantité importante de produit. En réalité, la plupart des personnes appliquent une dose insuffisante, ce qui diminue fortement le niveau de protection obtenu.
Les enfants : une population particulièrement vulnérable
Les dermatologues insistent sur la nécessité de protéger les enfants.
Une exposition intense au soleil durant l’enfance provoque des dommages cutanés qui peuvent persister toute la vie et augmenter le risque futur de mélanome et d’autres cancers cutanés.
L’objectif est simple : aucun enfant ne devrait subir un coup de soleil.
Chez les plus jeunes, les vêtements anti-UV, les chapeaux, les lunettes de soleil et l’ombre doivent être privilégiés. L’exposition entre 11 heures et 16 heures doit être évitée autant que possible.
La tanorexie : quand le bronzage devient une addiction
Certaines personnes développent un besoin compulsif de s’exposer au soleil ou d’utiliser des cabines de bronzage. Ce comportement porte un nom : la tanorexie.
Selon le Dr Jorge Soto, l’exposition solaire stimule la production de bêta-endorphines et de dopamine, des substances impliquées dans la sensation de plaisir et de bien-être. Chez des personnes prédisposées, ce mécanisme peut favoriser une véritable dépendance au bronzage malgré les risques connus pour la santé.
Les recommandations des dermatologues
Pour limiter les effets nocifs des UV, les spécialistes recommandent de :
- appliquer une crème solaire à large spectre SPF 30 ou SPF 50 en quantité suffisante ;
- renouveler l’application toutes les deux heures et après chaque baignade ;
- privilégier les vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil ;
- rechercher l’ombre, surtout entre 11 h et 16 h ;
- éviter les coups de soleil, en particulier chez les enfants ;
- ne pas considérer les gummies ou les compléments alimentaires comme une protection solaire ;
- surveiller régulièrement l’apparition de nouvelles taches, grains de beauté ou lésions cutanées et consulter rapidement un dermatologue en cas de modification.
À retenir
Les gummies autobronzants et les compléments alimentaires peuvent éventuellement améliorer l’aspect de la peau, mais ils ne remplacent jamais les protections solaires classiques. Pour les dermatologues, la meilleure stratégie consiste à limiter l’exposition aux UV grâce aux vêtements, au chapeau, aux lunettes de soleil et à l’ombre, tout en utilisant correctement une crème solaire à large spectre. Cette combinaison reste aujourd’hui le moyen le plus efficace de prévenir les coups de soleil, le vieillissement prématuré de la peau et les cancers cutanés.
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