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Préqualification OMS : l’Algérie veut faire du ‘’Made in Algeria’’ un label pharmaceutique de référence

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
6 septembre 2026

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a insisté, samedi à Alger, sur l’importance pour les entreprises algériennes d’intégrer le programme de préqualification de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Pour le ministre, cette démarche dépasse le cadre d’une simple procédure réglementaire. Elle constitue un levier stratégique pour améliorer la compétitivité des laboratoires algériens, renforcer la confiance dans leurs produits et faciliter leur accès aux marchés internationaux.

Un enjeu stratégique pour l’industrie pharmaceutique algérienne

L’objectif affiché est clair : transformer les capacités de production développées en Algérie en une présence plus importante sur les marchés extérieurs. Cette orientation s’inscrit également dans la volonté de consolider la souveraineté sanitaire nationale et de diversifier l’économie au-delà des hydrocarbures.

Intervenant à l’ouverture d’une session de formation destinée aux opérateurs économiques du secteur, Ouacim Kouidri a souligné que la préqualification ne devait pas être considérée comme une formalité administrative.

Elle représente, selon lui, une démarche permettant de démontrer qu’un produit pharmaceutique répond à des exigences élevées en matière de qualité, d’efficacité et de sécurité.

Cette reconnaissance constitue un argument important pour les fabricants souhaitant conquérir de nouveaux marchés. Elle peut notamment renforcer la crédibilité des médicaments et vaccins fabriqués en Algérie auprès des autorités sanitaires, des organismes internationaux et des partenaires commerciaux.

La démarche impose toutefois aux entreprises une préparation rigoureuse. Elle suppose notamment une maîtrise des normes de fabrication, de la documentation scientifique et réglementaire, ainsi que des systèmes de contrôle et d’assurance qualité.

Dans le cadre de son programme, l’OMS procède à une évaluation approfondie des produits pharmaceutiques concernés.

Cette évaluation porte notamment sur :

  • les dossiers scientifiques et réglementaires des produits ;
  • les sites et les conditions de fabrication ;
  • les données cliniques disponibles ;
  • les études de bioéquivalence lorsqu’elles sont requises ;
  • les éléments démontrant la qualité, l’efficacité et la sécurité du produit.

L’objectif est de déterminer si le médicament ou le vaccin satisfait aux exigences permettant son utilisation dans le cadre d’achats internationaux à grande échelle.

Pour les industriels, cette procédure implique donc une organisation solide, une traçabilité complète et une capacité à fournir des données scientifiques fiables et actualisées.

La préqualification OMS pourrait également faciliter l’accès des produits algériens à certains marchés étrangers.

Elle est particulièrement stratégique pour les entreprises qui souhaitent développer leurs activités en Afrique. Dans un contexte marqué par la progression de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’ouverture de nouveaux débouchés représente un enjeu économique majeur.

Une reconnaissance internationale de la qualité des produits pourrait également contribuer à simplifier certaines étapes d’enregistrement auprès des autorités réglementaires des pays importateurs, même si les procédures nationales demeurent applicables dans chaque pays.

À terme, l’ambition est de renforcer l’image du ‘’Made in Algeria’’ dans le domaine pharmaceutique et d’en faire une référence associée à la fiabilité, à la conformité réglementaire et à la qualité.

Le ministre a par ailleurs mis en avant les efforts accomplis par l’Algérie au cours des dernières années pour renforcer sa souveraineté sanitaire.

Le développement de la production nationale vise d’abord à améliorer la disponibilité des médicaments et à réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs. Mais cette capacité industrielle peut désormais constituer un outil de développement économique.

Le secteur pharmaceutique est ainsi appelé à franchir une nouvelle étape : passer d’une logique principalement orientée vers la couverture des besoins nationaux à une stratégie combinant sécurité sanitaire, innovation, compétitivité et exportation.

Pour le ministère, les exportations pharmaceutiques peuvent devenir l’un des leviers de diversification de l’économie nationale hors hydrocarbures.

Le continent africain apparaît comme l’un des principaux espaces de développement pour les fabricants algériens.

L’augmentation des besoins en médicaments, le développement des systèmes de santé et l’intégration économique progressive du continent créent de nouvelles possibilités pour les producteurs disposant d’un niveau de qualité et de conformité reconnu.

Dans ce contexte, la préqualification OMS peut constituer un atout supplémentaire. Elle permet aux entreprises de mieux positionner leurs produits dans un environnement où les exigences réglementaires et sanitaires deviennent progressivement plus structurées.

L’enjeu n’est donc pas uniquement commercial. Il concerne également la capacité de l’industrie algérienne à intégrer durablement les standards internationaux.

Le représentant de l’OMS en Algérie, Phanuel Habimana, a salué les efforts engagés par le pays pour améliorer l’accès durable de la population à des médicaments de qualité, sûrs, efficaces et abordables.

Selon lui, le programme de préqualification peut contribuer à renforcer la crédibilité de l’industrie pharmaceutique algérienne aussi bien sur le marché national qu’à l’étranger.

Il pourrait également favoriser :

  • l’amélioration des capacités industrielles ;
  • le développement des compétences techniques ;
  • le renforcement de l’expertise réglementaire ;
  • l’alignement sur les meilleures pratiques internationales ;
  • l’accès à de nouveaux marchés ;
  • l’émergence de nouvelles opportunités commerciales en Afrique.

Cette montée en compétences représente un enjeu essentiel. La compétitivité pharmaceutique ne repose pas uniquement sur les capacités de production. Elle dépend également de la qualité des laboratoires de contrôle, de la compétence des équipes, de la robustesse des systèmes qualité et de la maîtrise des exigences réglementaires internationales.

La journée organisée à Alger avait précisément pour objectif d’accompagner les opérateurs économiques dans cette transition.

La formation devait permettre aux fabricants de mieux comprendre les différentes étapes de la préqualification, les exigences documentaires et scientifiques ainsi que les procédures à respecter.

L’initiative vise également à sensibiliser les entreprises aux avantages d’une participation au programme et à les aider à anticiper les difficultés susceptibles d’apparaître au cours du processus d’évaluation.

La présence du représentant de l’OMS, de responsables et de cadres des secteurs de l’industrie pharmaceutique et de la santé, de représentants syndicaux et d’organisations professionnelles ainsi que d’experts du domaine témoigne de l’importance accordée à cette démarche.

Phanuel Habimana a également invité les opérateurs économiques algériens à participer à une réunion conjointe réunissant l’OMS, l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et des fabricants de produits de santé.

Cette rencontre est prévue du 9 au 12 novembre prochain, au siège de l’Académie de l’OMS à Lyon, en France.

Elle devrait constituer une occasion supplémentaire pour les fabricants algériens de mieux comprendre les attentes des organisations internationales, d’échanger avec d’autres acteurs du secteur et d’identifier de potentielles opportunités de coopération.

L’enjeu de la préqualification est finalement plus large que l’obtention d’une reconnaissance internationale pour quelques produits.

Pour l’industrie pharmaceutique algérienne, elle peut devenir un instrument de transformation structurelle. Elle encourage les entreprises à renforcer leurs systèmes qualité, à améliorer leur documentation scientifique, à consolider leurs capacités analytiques et à développer une culture réglementaire conforme aux standards internationaux.

Cette évolution peut également bénéficier indirectement au marché national. Des exigences élevées en matière de fabrication, de contrôle qualité, de pharmacovigilance et de traçabilité contribuent à renforcer la sécurité des patients et la confiance dans les médicaments produits localement.

Sur le plan de la santé publique, le développement de la production pharmaceutique doit rester étroitement lié à la protection du patient.

Les autorités et les industriels doivent notamment veiller à :

  • Maintenir des exigences strictes de qualité, depuis l’achat des matières premières jusqu’à la libération du produit fini.
  • Renforcer la pharmacovigilance, afin d’identifier, d’évaluer et de prévenir les effets indésirables associés aux médicaments.
  • Garantir la traçabilité des produits, notamment pour faciliter la détection rapide d’éventuels lots défectueux.
  • Actualiser régulièrement les données scientifiques et réglementaires, conformément à l’évolution des connaissances médicales.
  • Préserver l’accessibilité financière des traitements, car la qualité sanitaire doit rester compatible avec les objectifs de santé publique.
  • Lutter contre les médicaments falsifiés et les circuits d’approvisionnement non contrôlés, qui représentent un risque important pour les patients.
  • Renforcer la formation continue des professionnels, notamment dans les domaines de la qualité, de la réglementation, de la pharmacologie et de la sécurité médicamenteuse.
  • Favoriser l’usage rationnel des médicaments, en rappelant que tout traitement doit être utilisé conformément aux indications approuvées et aux recommandations des professionnels de santé.

Ces principes sont essentiels pour que l’expansion industrielle et commerciale s’accompagne d’un véritable bénéfice sanitaire.

Au cours de son intervention, Ouacim Kouidri a également salué la mobilisation des opérateurs économiques de l’industrie pharmaceutique en faveur des familles touchées par les incendies ayant récemment affecté plusieurs wilayas du pays.

Cette contribution s’inscrit dans un contexte de solidarité nationale et souligne le rôle que peut jouer le secteur privé dans les situations d’urgence.

Au-delà de sa fonction industrielle, l’industrie pharmaceutique participe ainsi à la résilience du système de santé et à la réponse collective face aux crises.

L’adhésion accrue au programme de préqualification de l’OMS apparaît donc comme une étape importante dans la stratégie de développement de l’industrie pharmaceutique algérienne.

Elle pourrait permettre aux entreprises les mieux préparées de consolider leur position sur le marché national, d’accéder à de nouveaux débouchés et de renforcer leur présence sur le continent africain.

La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs : investissement dans la qualité, innovation, recherche clinique, compétences humaines, conformité réglementaire, capacités industrielles, pharmacovigilance et coopération avec les autorités sanitaires.

L’objectif est désormais de faire évoluer le ‘’Made in Algeria’’ d’une simple indication d’origine vers une signature industrielle associée à la qualité, à la sécurité, à l’efficacité et à la fiabilité.

À travers la préqualification OMS, l’industrie pharmaceutique algérienne dispose ainsi d’un outil supplémentaire pour franchir une nouvelle étape : produire davantage, produire mieux et surtout gagner durablement la confiance des marchés internationaux.

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