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Fatigue persistante : cette vitamine méconnue pourrait être la véritable clé de votre énergie

Edité par : Dre Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
26 août 2026

Fatigue dès le réveil, manque d’énergie, difficultés à se concentrer, perte de motivation… Ces symptômes sont souvent attribués au stress, au manque de sommeil ou à un rythme de vie trop intense. Pourtant, une cause beaucoup plus discrète pourrait se cacher derrière cet épuisement persistant : une carence en vitamine B12. Longtemps associée uniquement à certaines anémies, cette vitamine essentielle joue en réalité un rôle central dans la production d’énergie, le fonctionnement du système nerveux et la santé cérébrale.

Ce n’est pas la vitamine C, mais une carence fréquente qui peut épuiser l’organisme en silence

Des chercheurs de l’Université métropolitaine d’Osaka, au Japon, viennent d’apporter de nouveaux éléments en faveur de cette hypothèse. Leurs travaux suggèrent qu’un déficit en vitamine B12 pourrait favoriser l’accumulation d’une substance potentiellement nocive dans l’organisme : l’homocystéine. Une situation associée à une fatigue physique et mentale importante.

Pour mieux comprendre les mécanismes de la fatigue chronique chez des adultes en bonne santé, les chercheurs japonais ont analysé les données biologiques et psychologiques de 602 participants.

Les scientifiques ont évalué :

  • les concentrations sanguines de plusieurs nutriments ;
  • les niveaux d’homocystéine ;
  • l’état physique général ;
  • le niveau de fatigue ;
  • la motivation et le bien-être psychologique.

Leur constat est clair : les personnes présentant les taux les plus élevés d’homocystéine étaient également celles qui avaient les niveaux les plus faibles de vitamine B12.

Les résultats, publiés dans la revue scientifique Nutrients, renforcent l’idée qu’une carence en vitamine B12 pourrait contribuer à une baisse significative de l’énergie quotidienne.

L’homocystéine est un acide aminé naturellement produit par l’organisme lors du métabolisme des protéines.

À faible concentration, elle ne pose aucun problème particulier. En revanche, lorsqu’elle s’accumule dans le sang, elle devient un facteur de risque reconnu pour plusieurs maladies, notamment cardiovasculaires et neurologiques.

Pour être éliminée efficacement, l’homocystéine dépend principalement de deux vitamines :

  • la vitamine B12 ;
  • la vitamine B9 (acide folique).

Lorsque ces vitamines sont insuffisantes, le processus de dégradation ralentit et l’homocystéine s’accumule progressivement.

Cette accumulation peut alors perturber plusieurs fonctions biologiques essentielles, notamment celles liées à la production d’énergie cellulaire et au bon fonctionnement du système nerveux.

La vitamine B12 intervient dans de nombreux mécanismes vitaux.

Elle participe notamment :

  • à la formation des globules rouges ;
  • à la synthèse de l’ADN ;
  • à la protection des cellules nerveuses ;
  • à la production de neurotransmetteurs ;
  • au métabolisme énergétique.

Un déficit prolongé peut entraîner :

  • une fatigue persistante ;
  • une faiblesse musculaire ;
  • des troubles de la mémoire ;
  • des difficultés de concentration ;
  • des fourmillements dans les mains ou les pieds ;
  • des troubles de l’humeur ;
  • une anémie.

Chez certaines personnes, la fatigue constitue même le premier signe d’une carence.

L’étude japonaise met également en évidence des différences selon le sexe.

Chez les hommes, un déficit en vitamine B12 semble davantage associé à une baisse des performances physiques et à une fatigue corporelle marquée.

Chez les femmes, les chercheurs ont observé une diminution plus importante de la motivation, de l’énergie mentale et de l’engagement dans les activités quotidiennes.

Cette différence pourrait s’expliquer par des mécanismes hormonaux et neurologiques encore en cours d’étude.

Contrairement à certaines vitamines, la vitamine B12 ne peut pas être produite par le corps humain. Elle doit être apportée quotidiennement par l’alimentation.

Les principales causes de carence sont :

  • une alimentation pauvre en produits animaux ;
  • un régime végétalien ou végétarien non supplémenté ;
  • certaines maladies digestives ;
  • la prise prolongée de certains médicaments ;
  • le vieillissement, qui réduit l’absorption intestinale de la vitamine.

Les personnes âgées, les végétaliens et les patients souffrant de troubles digestifs constituent les populations les plus à risque.

La vitamine B12 se trouve presque exclusivement dans les aliments d’origine animale.

Les meilleures sources alimentaires sont :

Les poissons gras

  • saumon ;
  • maquereau ;
  • sardines ;
  • hareng.

Les abats

  • foie de bœuf ;
  • foie de veau ;
  • foie de volaille.

Les produits animaux

  • œufs ;
  •  lait ;
  • yaourts ;
  • fromages.

Les viandes

  • bœuf ;
  • agneau ;
  • volaille.

Selon les recommandations nutritionnelles, un adulte a besoin d’environ 4 microgrammes de vitamine B12 par jour.

Les personnes qui excluent totalement les produits animaux sont les plus exposées au risque de déficit.

Les aliments végétaux contiennent peu ou pas de vitamine B12 biologiquement active.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires recommandent généralement :

  • une supplémentation adaptée ;
  • la consommation d’aliments enrichis ;
  • une surveillance régulière du statut vitaminique.

Une carence prolongée peut entraîner des complications neurologiques parfois irréversibles.

Une fatigue inhabituelle qui persiste plusieurs semaines ne doit jamais être banalisée.

Un bilan médical est conseillé en présence de :

  • fatigue chronique inexpliquée ;
  • essoufflement inhabituel ;
  • troubles de la mémoire ;
  • baisse de concentration ;
  • fourmillements ;
  • pâleur persistante ;
  • troubles de l’humeur.

Un simple examen sanguin permet généralement de mesurer :

  • le taux de vitamine B12 ;
  • la vitamine B9 ;
  • l’homocystéine ;
  • le bilan sanguin général.

Pour préserver un niveau d’énergie optimal :

✔ Consommer régulièrement des aliments riches en vitamine B12.

✔ Veiller à un apport suffisant en vitamine B9 grâce aux légumes verts, légumineuses et fruits.

✔ Limiter la consommation excessive d’alcool, qui peut perturber l’absorption des vitamines du groupe B.

✔ Maintenir une alimentation variée et équilibrée.

✔ Faire contrôler son statut en vitamine B12 en cas de fatigue persistante, de régime végétalien ou après 60 ans.

✔ Ne jamais débuter une supplémentation prolongée sans avis médical ni bilan biologique préalable.

Souvent éclipsée par la célèbre vitamine C, la vitamine B12 joue pourtant un rôle fondamental dans la vitalité physique et mentale. Les recherches récentes confirment qu’une carence peut favoriser l’accumulation d’homocystéine et contribuer à une fatigue durable, parfois accompagnée de troubles cognitifs ou émotionnels.

Face à une baisse d’énergie persistante, la solution ne réside donc pas toujours dans davantage de repos ou de café. Dans certains cas, elle se trouve tout simplement dans l’assiette… ou dans un bilan sanguin réalisé au bon moment.

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