Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a reçu à Alger le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, pour une réunion consacrée au renforcement de la coopération dans le développement de l’industrie pharmaceutique africaine.
Alger et Africa CDC renforcent leur coopération pour développer la production de médicaments et de vaccins en Afrique
Cette rencontre, tenue lundi, s’inscrit dans la stratégie visant à consolider la souveraineté sanitaire du continent à travers le développement de la production locale de médicaments, de vaccins et de technologies de santé. Selon un communiqué du ministère, les discussions ont porté sur les moyens de renforcer les capacités industrielles africaines afin de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer l’accès aux traitements essentiels.
L’expérience algérienne au cœur des échanges
Au cours de cette réunion, le ministre a présenté les avancées réalisées par l’Algérie dans le secteur pharmaceutique, notamment en matière de développement de la production nationale de médicaments.
Les deux responsables ont examiné les capacités industrielles dont dispose actuellement le pays, les progrès accomplis ces dernières années ainsi que les perspectives d’élargissement de la coopération avec les pays africains.
Les échanges ont également porté sur le partage d’expertise, le renforcement des compétences techniques et le soutien aux initiatives destinées à améliorer les systèmes de santé publique sur le continent.
Développer les capacités africaines de production
L’un des principaux objectifs de cette coopération est de favoriser l’émergence d’une industrie pharmaceutique africaine capable de répondre aux besoins sanitaires des populations.
Les deux parties ont souligné l’importance de renforcer les capacités de fabrication de médicaments et de vaccins, tout en développant les compétences scientifiques, industrielles et technologiques nécessaires à une production locale durable.
Cette approche vise à améliorer la résilience des systèmes de santé africains face aux crises sanitaires et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales.
Accélérer la mise en œuvre de la Déclaration d’Alger
Les discussions ont également été consacrées aux modalités d’application des recommandations de la Déclaration d’Alger, adoptée lors de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et les technologies de santé, organisée en Algérie en novembre 2025.
Les deux responsables ont examiné les mécanismes permettant de traduire concrètement ces engagements à travers plusieurs actions prioritaires :
- la création de pôles industriels pharmaceutiques régionaux ;
- le développement de la production locale de médicaments et de vaccins ;
- le renforcement du transfert de technologies ;
- le partage des savoir-faire industriels ;
- la mise en place d’un réseau africain intégré de production pharmaceutique.
L’objectif est de construire une industrie capable de répondre durablement aux besoins du continent tout en limitant la dépendance aux marchés extérieurs.
Le transfert de technologies, un levier stratégique
Les deux parties ont insisté sur le rôle essentiel du transfert de technologies dans le développement de l’industrie pharmaceutique africaine.
Le partage des innovations, des procédés de fabrication et des compétences techniques apparaît comme un facteur déterminant pour accélérer la montée en puissance des capacités industrielles locales et favoriser l’autonomie du continent en matière de santé.
Vers des achats groupés de médicaments et de vaccins
Autre point majeur abordé lors de la rencontre : la création de mécanismes d’achats groupés de médicaments et de vaccins entre les pays africains.
Selon les deux parties, cette approche permettrait de renforcer le pouvoir de négociation des États africains auprès des laboratoires pharmaceutiques, d’obtenir de meilleures conditions d’achat et de sécuriser les approvisionnements.
Les achats groupés contribueraient également à améliorer l’efficacité des chaînes logistiques et à garantir un accès plus équitable aux médicaments essentiels dans l’ensemble du continent.
Renforcer la souveraineté sanitaire du continent
Pour les responsables algériens et ceux d’Africa CDC, le développement d’une industrie pharmaceutique intégrée constitue aujourd’hui un enjeu majeur de sécurité sanitaire.
Les récentes crises sanitaires internationales, notamment la pandémie de Covid-19, ont mis en évidence la forte dépendance de nombreux pays africains vis-à-vis des importations de médicaments, de vaccins et de produits médicaux.
Le renforcement de la production locale apparaît désormais comme une priorité stratégique afin de garantir une meilleure disponibilité des traitements et une réponse plus rapide en cas d’urgence sanitaire.
Une vision commune pour une Afrique plus autonome
À travers ce partenariat, l’Algérie et Africa CDC réaffirment leur volonté de bâtir une coopération fondée sur le partage des compétences, l’innovation industrielle et le développement de capacités de production locales.
Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large visant à faire émerger une véritable autonomie pharmaceutique africaine, capable de répondre aux besoins des populations tout en renforçant la résilience des systèmes de santé du continent.
Un partenariat au service de la santé publique africaine
La rencontre entre Ouacim Kouidri et Jean Kaseya confirme la volonté des deux partenaires d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants dans le domaine pharmaceutique.
En misant sur la production locale, le transfert de technologies, les achats groupés et le développement de pôles industriels régionaux, l’Algérie et Africa CDC ambitionnent de poser les bases d’un modèle africain plus intégré, plus résilient et plus indépendant dans le secteur des médicaments et des vaccins.
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