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Algérie–Kenya : vers un partenariat stratégique pour renforcer l’industrie pharmaceutique africaine

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
23 juin 2026

L’Algérie et le Kenya franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations économiques et industrielles. À l’occasion d’une rencontre tenue lundi à Alger, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, et la secrétaire d’État au Commerce au ministère kényan des Investissements, du Commerce et de l’Industrie, Regina Akoth Ombam, ont examiné les perspectives de coopération bilatérale dans le domaine pharmaceutique.

Alger et Nairobi consolident leur coopération dans le secteur pharmaceutique

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de rapprochement économique entre les deux pays et dans la volonté commune de promouvoir une industrie pharmaceutique africaine plus intégrée, plus compétitive et moins dépendante des importations de produits de santé.

Les discussions ont porté sur les possibilités offertes au Kenya de bénéficier de l’expérience accumulée par l’Algérie dans la production de médicaments, notamment dans les segments à forte valeur ajoutée tels que les médicaments innovants, les produits biologiques et les biotechnologies pharmaceutiques.

Au cours des dernières années, l’Algérie a considérablement développé son industrie pharmaceutique, devenant l’un des principaux producteurs de médicaments en Afrique. Le pays dispose aujourd’hui d’un tissu industriel composé de nombreuses unités de fabrication capables de répondre à une part importante des besoins nationaux et de s’ouvrir progressivement aux marchés extérieurs.

Cette expertise constitue un atout majeur pour accompagner les pays africains souhaitant renforcer leurs capacités locales de production et améliorer leur autonomie sanitaire.

L’un des principaux axes de coopération évoqués lors de cette rencontre concerne l’encouragement des investissements algériens au Kenya.

Les deux parties ont examiné la possibilité pour les opérateurs pharmaceutiques algériens de créer des unités de production sur le territoire kényan. Ces projets industriels permettraient :

  • de développer une production locale de médicaments ;
  • de transférer les compétences et le savoir-faire algériens ;
  • de créer des emplois qualifiés ;
  • de renforcer les capacités industrielles du Kenya ;
  • d’améliorer l’accès aux médicaments sur les marchés d’Afrique de l’Est.

Cette approche s’inscrit dans une vision continentale visant à construire des chaînes de valeur pharmaceutiques africaines capables de répondre aux besoins croissants des populations.

La coopération envisagée dépasse le simple cadre commercial. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’intégration industrielle africaine.

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la forte dépendance du continent vis-à-vis des importations de médicaments, de vaccins et de produits de santé. Depuis lors, plusieurs pays africains ont accéléré leurs efforts pour développer une production locale capable de répondre aux défis sanitaires actuels et futurs.

Dans ce contexte, l’Algérie ambitionne de jouer un rôle moteur en partageant son expérience industrielle avec d’autres pays africains et en favorisant l’émergence de partenariats Sud-Sud durables.

Le ministre Ouacim Kouidri a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à soutenir cette démarche à travers plusieurs mécanismes complémentaires.

Parmi les options envisagées figurent :

  • l’exportation de médicaments fabriqués en Algérie vers le marché kényan ;
  • la réalisation de projets industriels conjoints ;
  • le développement de partenariats entre laboratoires et industriels des deux pays ;
  • la mise en place de programmes de transfert de technologies.

L’objectif est de créer une coopération gagnant-gagnant permettant de renforcer les systèmes de santé tout en stimulant les investissements productifs.

Les discussions ont également porté sur le volet institutionnel et réglementaire, considéré comme essentiel au développement des échanges pharmaceutiques.

À cet effet, le ministre a proposé l’élaboration d’un mémorandum d’entente entre l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) et son homologue kényane.

Cet accord pourrait permettre :

  • l’harmonisation de certaines procédures réglementaires ;
  • le partage d’expertise en matière d’évaluation et d’enregistrement des médicaments ;
  • le renforcement des capacités techniques des autorités sanitaires ;
  • la facilitation de l’accès des produits pharmaceutiques aux marchés des deux pays.

Une telle coopération contribuerait également à renforcer la confiance mutuelle entre les organismes de régulation et à accélérer le développement des échanges commerciaux dans le secteur de la santé.

Cette rencontre illustre l’importance croissante accordée à l’industrie pharmaceutique dans les stratégies de développement économique et de sécurité sanitaire en Afrique.

La production locale de médicaments est aujourd’hui considérée comme un enjeu stratégique permettant :

  • de réduire la dépendance aux importations ;
  • d’assurer une meilleure disponibilité des traitements ;
  • de sécuriser les chaînes d’approvisionnement ;
  • de renforcer la résilience des systèmes de santé face aux crises sanitaires.

L’Algérie, qui multiplie les investissements dans les médicaments biologiques, les anticorps monoclonaux, les vaccins et les dispositifs médicaux, cherche désormais à étendre son rayonnement industriel à l’échelle continentale.

Le rapprochement entre l’Algérie et le Kenya dans le domaine pharmaceutique témoigne d’une volonté commune de construire des partenariats africains fondés sur le transfert de technologies, l’innovation et la complémentarité économique.

Dans un contexte où les besoins sanitaires du continent continuent de croître, cette coopération pourrait constituer un modèle de collaboration régionale capable de contribuer au développement d’une industrie pharmaceutique africaine forte, compétitive et souveraine.

Mots-clés : Algérie, Kenya, industrie pharmaceutique, coopération bilatérale, production médicaments, biologiques, innovation médicale, souveraineté sanitaire, investissement, exportation, ANPP, africaine, transfert technologie, santé publique, partenariat, intégration industrielle, biotechnologies,

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