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38 parasites dans le cerveau après un voyage en Inde : le long combat d’une femme contre une infection parasitaire rare

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
2 juillet 2026

Un simple voyage peut parfois avoir des conséquences inattendues. C’est ce qu’a vécu Lowri Denman, une Britannique dont la vie a basculé plusieurs années après un séjour de deux mois en Inde. Alors qu’elle pensait être rentrée en parfaite santé, elle a finalement découvert qu’elle était atteinte d’une neurocysticercose, une infection parasitaire rare du cerveau provoquée par les larves du ténia du porc (Taenia solium).

Le diagnostic est tombé quatre ans après son voyage, lorsqu’un scanner cérébral a révélé la présence de 38 kystes parasitaires dans son cerveau. Cette maladie, potentiellement grave, est l’une des principales causes d’épilepsie acquise dans les régions où le parasite est endémique.

En 2007, Lowri Denman part deux mois en Inde. À son retour, rien ne laisse présager une quelconque infection. Elle ne souffre ni de diarrhée du voyageur, ni d’autres troubles digestifs importants. Elle estime même avoir échappé aux désagréments fréquemment rencontrés par les touristes.

Pourtant, le parasite est déjà présent dans son organisme. Pendant plusieurs années, l’infection évolue silencieusement.

Quatre ans plus tard, la situation prend une tournure inattendue. La patiente expulse spontanément un ver mesurant près d’un mètre de long. Il s’agit d’un ténia intestinal qu’elle hébergeait sans le savoir depuis son voyage.

Au même moment, plusieurs symptômes neurologiques apparaissent progressivement :

  • maux de tête persistants ;
  • raideur musculaire ;
  • pertes de connaissance ;
  • mouvements involontaires ;
  • crises convulsives.

Face à l’aggravation de son état, des examens neurologiques sont réalisés.

Trois mois après les premiers symptômes, un scanner cérébral met en évidence une neurocysticercose.

Au total, 38 kystes contenant des larves parasitaires sont identifiés dans son cerveau. « C’était tout simplement répugnant de penser que ces choses se trouvaient dans ma tête», confiera plus tard la patiente.

Les médecins concluent que les parasites cérébraux proviennent des œufs produits par le ténia qu’elle portait dans son intestin.

La neurocysticercose est une maladie provoquée par les larves de Taenia solium, le ténia du porc.

Contrairement à une idée reçue, elle ne résulte pas directement de la consommation de viande de porc.

L’infection survient lorsque des œufs microscopiques du parasite sont ingérés.

Cette contamination peut se produire par :

  • des aliments souillés ;
  • une eau contaminée ;
  • des mains mal lavées après un contact avec une personne porteuse du ténia.

Après ingestion, les œufs éclosent dans l’intestin.

Les larves traversent ensuite la paroi intestinale, gagnent la circulation sanguine et peuvent migrer vers différents organes.

Le cerveau constitue leur localisation la plus redoutée.

Elles y forment progressivement des kystes susceptibles de provoquer une réaction inflammatoire importante.

L’une des particularités de la neurocysticercose est sa longue période de latence. Certaines personnes restent asymptomatiques pendant plusieurs années avant l’apparition des premiers signes neurologiques.

Lorsque les kystes commencent à dégénérer ou à provoquer une inflammation, différents symptômes peuvent apparaître :

  • crises d’épilepsie ;
  • céphalées chroniques ;
  • troubles de la mémoire ;
  • difficultés de concentration ;
  • troubles psychiatriques ;
  • confusion ;
  • troubles de l’équilibre.

Chez Lowri Denman, la maladie a également entraîné des épisodes de psychose et une anxiété sévère.

Les crises d’épilepsie deviennent rapidement invalidantes. La patiente perd son permis de conduire et ne peut plus réaliser seule certaines activités quotidiennes, notamment prendre un bain sans assistance.

Malgré l’instauration d’un traitement antiépileptique, les crises persistent. Son anxiété augmente progressivement au point de lui faire craindre de quitter son domicile.

Le traitement repose sur plusieurs approches complémentaires. Les médecins prescrivent notamment :

  • un traitement antiépileptique ;
  • de l’albendazole, un médicament antiparasitaire ;
  • des corticoïdes afin de limiter l’inflammation provoquée par la destruction des larves.

Cette stratégie permet une amélioration temporaire. Cependant, en 2015, une nouvelle poussée inflammatoire liée aux parasites entraîne une aggravation de son état.

Un second traitement antiparasitaire est alors instauré.

Les symptômes diminuent pendant les périodes de traitement mais réapparaissent à son interruption.

Au-delà des complications neurologiques, la maladie bouleverse profondément la vie psychologique de la patiente. Elle doit abandonner son emploi. Son état nécessite un retour chez ses parents afin d’être aidée au quotidien.

Elle perd progressivement son autonomie. « Moi qui ai toujours été très indépendante, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait », expliquera-t-elle.

Son anxiété devient de plus en plus importante. En 2016, la dégradation de sa santé mentale conduit à une hospitalisation de trois mois dans une unité de neuropsychiatrie.

Les médecins mettent alors en place :

  • des stabilisateurs de l’humeur ;
  • des antipsychotiques ;
  • un suivi psychiatrique spécialisé.

Après plusieurs années de traitements et de suivi médical, l’état de Lowri Denman s’améliore progressivement. Ses crises d’épilepsie sont aujourd’hui bien contrôlées grâce à son traitement. Elle n’a plus présenté de crise depuis une dizaine d’années. Cette amélioration lui permet de retrouver une vie largement normale.

Désormais, elle souhaite sensibiliser le public aux infections parasitaires contractées lors des voyages et soutenir les patients confrontés à cette maladie rare.

La neurocysticercose reste rare dans les pays industrialisés mais demeure un important problème de santé publique dans plusieurs régions :

  • Amérique latine ;
  • Afrique subsaharienne ;
  • Asie du Sud ;
  • certaines zones rurales d’Asie.

Elle constitue l’une des premières causes d’épilepsie acquise dans ces régions.

Aux États-Unis, plusieurs milliers de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, principalement chez des personnes ayant séjourné ou vécu dans des zones d’endémie.

Les spécialistes recommandent plusieurs mesures simples pour limiter le risque de contamination :

  • se laver soigneusement les mains avant les repas ;
  • boire uniquement de l’eau potable ou embouteillée ;
  • éviter les glaçons d’origine inconnue ;
  • laver ou éplucher les fruits et légumes ;
  • consommer des aliments bien cuits ;
  • respecter les règles d’hygiène alimentaire, même en cas de régime végétarien.

Ces précautions permettent de réduire le risque d’ingestion d’œufs de parasites responsables de cette infection.

Après un séjour dans une région où le parasite est présent, il est recommandé de consulter rapidement en cas de :

  • crises convulsives ;
  • maux de tête persistants ;
  • troubles neurologiques inexpliqués ;
  • pertes de connaissance ;
  • troubles de la vision ;
  • changements du comportement ou de l’état mental.

Un diagnostic précoce permet une prise en charge plus rapide et limite le risque de complications neurologiques.

L’histoire de Lowri Denman rappelle qu’une infection parasitaire peut rester silencieuse pendant plusieurs années avant de provoquer des complications graves. La neurocysticercose est une maladie rare mais potentiellement sévère, causée par les larves du ténia du porc après l’ingestion de ses œufs. Grâce à un diagnostic précis, à des traitements antiparasitaires, anti-inflammatoires et antiépileptiques, il est aujourd’hui possible de contrôler la maladie dans de nombreux cas. Une bonne hygiène alimentaire et des précautions adaptées lors des voyages restent les meilleurs moyens de prévenir cette infection.

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