Le ministère de la Santé a lancé une importante opération de formation destinée aux chefs d’unités de prévention et de contrôle des infections associées aux soins (IAS). Organisée du 21 au 25 juin 2026 par la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à renforcer la sécurité des patients et à améliorer la qualité des prestations de santé à travers l’ensemble du territoire.
Une initiative nationale pour améliorer la qualité et la sécurité des soins
Cette formation répond aux orientations du ministère visant à consolider les dispositifs de prévention, à harmoniser les pratiques professionnelles et à renforcer la culture de la qualité au sein des établissements de santé.
Les infections associées aux soins : un enjeu majeur de santé publique
Les infections associées aux soins, autrefois appelées infections nosocomiales, figurent parmi les principales préoccupations des systèmes de santé à travers le monde.
Elles surviennent au cours ou à la suite d’une prise en charge médicale, qu’il s’agisse d’une hospitalisation, d’une intervention chirurgicale, d’un acte de diagnostic ou d’un traitement.
Selon les organismes internationaux de santé, ces infections peuvent entraîner :
- un allongement de la durée d’hospitalisation ;
- une augmentation des complications médicales ;
- une hausse des coûts de santé ;
- une résistance accrue aux antibiotiques ;
- une augmentation de la mortalité chez les patients fragiles.
La prévention constitue donc l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer la qualité des soins et réduire les risques pour les patients.
800 professionnels mobilisés à travers tout le pays
Cette session de formation cible près de 800 professionnels de la santé, principalement des chefs d’unités chargés de la prévention et du contrôle des infections dans les établissements sanitaires.
Afin de garantir une couverture nationale équilibrée, les formations sont organisées au sein des Instituts nationaux de formation supérieure paramédicale selon cinq grandes régions : Centre ; Est ; Ouest ; Sud-Est ; Sud-Ouest.
Cette répartition permet d’assurer une participation large des professionnels issus des différentes wilayas du pays et de favoriser le partage des expériences de terrain.
Harmoniser les pratiques et renforcer les compétences
L’un des principaux objectifs de ces journées est d’uniformiser les procédures de prévention et de contrôle des infections dans les structures de santé.
Les participants bénéficient d’une mise à niveau sur plusieurs thématiques essentielles :
Hygiène hospitalière
Le respect des règles d’hygiène constitue la première barrière contre la transmission des infections.
Gestion des risques infectieux
Les professionnels sont formés à l’identification, à l’évaluation et à la maîtrise des risques liés aux soins.
Surveillance épidémiologique
Le suivi des infections permet une détection précoce des foyers infectieux et une intervention rapide.
Utilisation raisonnée des antibiotiques
La lutte contre l’antibiorésistance représente aujourd’hui une priorité mondiale.
Sécurité des patients et des soignants
La protection du personnel médical contribue également à réduire les risques de transmission croisée.
Ancrer une véritable culture de la sécurité dans les établissements de santé
Au-delà de la formation technique, cette initiative vise à développer une véritable culture de la sécurité des patients.
Dans les systèmes de santé les plus performants, la prévention des infections ne repose pas uniquement sur des protocoles écrits. Elle implique également :
- l’implication de tous les professionnels ;
- une vigilance quotidienne ;
- le respect des procédures ;
- la formation continue ;
- l’évaluation régulière des pratiques.
Cette approche globale contribue à instaurer un environnement de soins plus sûr et plus efficace.
Un cadre réglementaire renforcé
Cette opération s’inscrit dans l’application de l’arrêté n°15 du 15 septembre 2024 portant création, organisation et missions des unités de prévention et de contrôle des infections associées aux soins.
Elle répond également aux dispositions de la note ministérielle n°14 du 25 mai 2026 qui prévoit le renforcement des capacités des professionnels chargés de cette mission.
Ces textes traduisent la volonté des autorités sanitaires de structurer davantage la gouvernance de la prévention des infections au sein des établissements publics et privés.
La lutte contre l’antibiorésistance au cœur des préoccupations
Les experts considèrent que les infections associées aux soins sont étroitement liées au phénomène de l’antibiorésistance.
L’utilisation excessive ou inappropriée des antibiotiques favorise l’apparition de bactéries résistantes, rendant certaines infections plus difficiles à traiter.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère aujourd’hui l’antibiorésistance comme l’une des plus grandes menaces sanitaires du XXIe siècle.
Le renforcement des mesures de prévention permet de réduire le recours aux antibiotiques et de limiter la propagation des germes résistants.
Recommandations médicales pour prévenir les infections associées aux soins
Les spécialistes rappellent plusieurs mesures fondamentales :
Pour les professionnels de santé
- respecter rigoureusement l’hygiène des mains ;
- appliquer les protocoles de désinfection ;
- utiliser correctement les équipements de protection individuelle ;
- signaler rapidement tout risque infectieux.
Pour les établissements de santé
- renforcer les audits d’hygiène ;
- assurer la formation continue du personnel ;
- améliorer la surveillance épidémiologique ;
- promouvoir l’utilisation rationnelle des antibiotiques.
Pour les patients et leurs familles
- respecter les consignes médicales ;
- signaler rapidement tout signe d’infection ;
- maintenir une bonne hygiène personnelle ;
- ne jamais prendre d’antibiotiques sans prescription médicale.
Une première nationale porteuse d’avenir
Selon le ministère de la Santé, cette opération constitue une première à l’échelle nationale par son ampleur et le nombre de professionnels concernés.
Elle marque une étape importante dans la modernisation du système de santé algérien et dans le renforcement des mécanismes de prévention des infections.
À travers cette démarche, les autorités sanitaires entendent améliorer durablement la qualité des soins, protéger les patients et les professionnels de santé, tout en consolidant les performances du système national de santé.
Dans un contexte mondial où les infections associées aux soins et l’antibiorésistance représentent des défis majeurs, investir dans la formation, la prévention et la qualité des pratiques apparaît comme l’une des stratégies les plus efficaces pour construire un système de santé plus sûr, plus performant et davantage centré sur le patient.
Mots-clés : Santé publique, infections associées soins, sécurité patients, prévention, hygiène hospitalière, qualité formation médicale, personnel santé, établissements hospitaliers, contrôle, ministère, Algérie.
à lire aussi: