Le ministère de la Santé a publié la note n°14 du 25 mai 2026 relative à la création, aux missions et à la composition des unités de prévention et de contrôle des infections au sein des établissements de santé publics et privés.
Une nouvelle organisation pour améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’arrêté n°15 du 15 septembre 2024 portant création de ces unités spécialisées. Elle intervient également à l’approche de la session nationale de formation programmée du 21 au 25 juin 2026, destinée aux professionnels appelés à assurer la gestion et le fonctionnement de ces structures.
À travers cette initiative, les autorités sanitaires souhaitent renforcer la prévention des infections associées aux soins, améliorer la sécurité des patients et promouvoir une culture durable de qualité au sein des établissements de santé.
La prévention des infections, un enjeu majeur de santé publique
Les infections associées aux soins représentent aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé à travers le monde.
Ces infections peuvent survenir lors d’une hospitalisation, d’une consultation, d’un acte chirurgical ou encore au cours de certains soins médicaux. Elles augmentent la durée d’hospitalisation, compliquent la prise en charge des patients et peuvent, dans certains cas, engager le pronostic vital.
Face à ces risques, les établissements de santé sont appelés à mettre en place des mécanismes permanents de surveillance, d’évaluation et de prévention afin de réduire la transmission des agents infectieux et d’améliorer la qualité des pratiques professionnelles.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la création et le renforcement des unités de prévention et de contrôle des infections.
Une responsabilité exclusivement confiée aux praticiens médicaux
La note ministérielle rappelle que la direction de l’unité de prévention et de contrôle des infections doit être assurée exclusivement par un praticien médical.
Cette responsabilité peut être confiée à :
- un médecin généraliste ;
- un médecin spécialiste.
Le ministère souligne toutefois certaines incompatibilités afin de garantir l’indépendance et l’efficacité de ces structures. Ainsi, ne peuvent pas assurer la responsabilité de l’unité :
- les médecins spécialistes en épidémiologie ;
- les praticiens exerçant au sein des services d’épidémiologie et de médecine préventive (SEMEP) ;
- les directeurs d’établissements de santé publics ou privés ;
- les titulaires de fonctions médicales supérieures ;
- les responsables occupant des postes techniques ou administratifs de haut niveau.
Cette organisation vise à préserver le caractère scientifique, technique et opérationnel de ces unités et à éviter toute confusion entre les missions de gestion administrative et celles liées à la prévention du risque infectieux.
Des structures scientifiques au cœur de la sécurité des soins
Les unités de prévention et de contrôle des infections sont appelées à jouer un rôle stratégique dans l’organisation des établissements de santé.
Elles constituent des structures spécialisées chargées d’identifier les risques infectieux, d’assurer leur surveillance et de proposer les mesures correctives nécessaires.
Leurs missions couvrent plusieurs domaines essentiels :
Surveillance sanitaire
Les unités assurent une veille permanente afin de détecter précocement tout risque infectieux pouvant affecter les patients, les professionnels de santé ou les visiteurs.
Cette surveillance permet notamment d’identifier rapidement les foyers infectieux et de mettre en œuvre les mesures de contrôle adaptées.
Prévention des infections associées aux soins
L’une des missions principales consiste à élaborer et à appliquer des protocoles destinés à réduire les infections liées aux actes médicaux et paramédicaux.
Cela concerne notamment :
- l’hygiène des mains ;
- la désinfection des équipements médicaux ;
- la stérilisation du matériel ;
- la gestion des déchets de soins ;
- les précautions standard et complémentaires.
Évaluation et amélioration continue
Les unités participent à l’évaluation régulière des pratiques professionnelles et des procédures mises en œuvre au sein des établissements.
Cette démarche permet d’identifier les points faibles, d’analyser les incidents et de proposer des actions correctives adaptées.
Formation des professionnels
La formation continue constitue un axe majeur de prévention.
Les unités ont pour mission de sensibiliser les professionnels de santé aux bonnes pratiques de prévention des infections, à l’utilisation appropriée des équipements de protection individuelle et au respect des protocoles d’hygiène.
Information et sensibilisation
Elles contribuent également à développer une culture de sécurité auprès des patients, des familles et de l’ensemble du personnel des établissements de santé.
Une session nationale de formation prévue en juin 2026
Afin d’assurer le bon fonctionnement de ces unités sur l’ensemble du territoire national, une session nationale de formation est programmée du 21 au 25 juin 2026.
Cette formation permettra aux praticiens désignés :
- d’acquérir les compétences nécessaires en prévention et contrôle des infections ;
- d’harmoniser les pratiques entre les différentes structures sanitaires ;
- de maîtriser les outils de surveillance et d’évaluation ;
- de renforcer la gestion des situations à risque.
Le ministère demande aux responsables des établissements de santé de procéder, dans les meilleurs délais, à la désignation des praticiens concernés afin de garantir leur participation effective à cette formation.
Un levier pour lutter contre l’antibiorésistance
Au-delà de la prévention des infections, ces unités joueront également un rôle important dans la lutte contre l’antibiorésistance.
L’utilisation excessive ou inappropriée des antibiotiques favorise l’émergence de bactéries résistantes, aujourd’hui considérées comme l’une des principales menaces sanitaires mondiales.
La surveillance des infections et l’amélioration des pratiques d’hygiène contribuent directement à réduire le recours aux antibiotiques et à limiter la propagation des microorganismes résistants.
Recommandations médicales et bonnes pratiques
Les experts en prévention des infections recommandent aux établissements de santé de renforcer plusieurs mesures prioritaires :
- promouvoir l’hygiène rigoureuse des mains ;
- assurer la disponibilité des solutions hydroalcooliques ;
- renforcer les protocoles de nettoyage et de désinfection ;
- contrôler régulièrement les pratiques de stérilisation ;
- former continuellement les professionnels de santé ;
- surveiller les infections associées aux soins ;
- encourager le signalement précoce des incidents infectieux ;
- sensibiliser les patients et leurs accompagnants aux mesures d’hygiène.
Pour les professionnels de santé, le respect des précautions standard demeure la première barrière contre la transmission des infections.
Vers une culture durable de qualité et de sécurité
À travers la mise en place de ces unités spécialisées, le ministère de la Santé entend consolider les mécanismes de prévention des risques infectieux et améliorer durablement la qualité des soins.
Cette démarche traduit une volonté de modernisation du système de santé et d’alignement sur les standards internationaux en matière de sécurité sanitaire.
Le renforcement des compétences, la surveillance continue et l’évaluation régulière des pratiques devraient permettre d’améliorer la prise en charge des patients tout en réduisant les complications liées aux infections associées aux soins.
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