Les 15e Journées médico-chirurgicales de la Sûreté nationale se sont ouvertes à l’École supérieure de Police Ali-Tounsi à Alger. Cette rencontre scientifique réunit pendant deux jours médecins, chirurgiens, chercheurs et spécialistes de plusieurs disciplines médicales autour d’un thème central : « Les spécificités des pathologies médico-chirurgicales au sein des corps constitués : méthodes d’adaptation et de prévention ».
Prévention, médecine spécialisée et formation continue au cœur des débats
À travers cet événement, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) place la santé des policiers au centre de ses priorités stratégiques. L’objectif est clair : améliorer la prévention, renforcer les capacités médicales et adapter la prise en charge aux contraintes physiques et psychologiques du métier de policier.
Un enjeu majeur de santé publique et professionnelle
Le travail policier expose quotidiennement les agents à des risques multiples : stress chronique, fatigue physique, troubles musculo-squelettiques, traumatismes, accidents, troubles cardiovasculaires ou encore pathologies neurologiques liées aux interventions de terrain.
Face à ces contraintes, les experts présents soulignent l’importance d’une médecine préventive adaptée aux corps sécuritaires. Les missions opérationnelles, souvent exigeantes et imprévisibles, nécessitent une surveillance médicale continue et des structures de soins performantes.
Présidant l’ouverture des travaux, le Directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, a rappelé que la santé des personnels de la police ainsi que celle de leurs ayants droit constitue « une priorité absolue ».
Selon lui, la modernisation du système de santé de la Sûreté nationale s’inscrit dans une stratégie globale visant à garantir un accompagnement médical permanent des fonctionnaires de police.
Formation continue : un pilier stratégique pour la médecine policière
Le DGSN a également mis en avant la convention de coopération conclue entre la Direction générale de la Sûreté nationale et le ministère de la Santé. Cette collaboration vise à développer la formation continue des professionnels de santé exerçant au sein des structures médicales de la police.
Cette approche permet :
- l’actualisation des connaissances médicales,
- l’amélioration des techniques chirurgicales,
- l’intégration des nouvelles technologies médicales,
- le renforcement des capacités diagnostiques,
- l’optimisation de la prise en charge des patients.
Ali Badaoui a qualifié cette dynamique de formation comme « la pierre angulaire dans l’édification de l’institution policière moderne ».
Dans les professions à haut risque, la médecine évolue rapidement. Les médecins doivent donc constamment adapter leurs pratiques aux nouvelles données scientifiques, notamment en traumatologie, chirurgie vasculaire, neurologie et médecine d’urgence.
Des infrastructures médicales modernisées
La DGSN a également présenté plusieurs réalisations sanitaires déjà opérationnelles ou en cours de développement. Parmi elles figurent des établissements hospitaliers spécialisés et des structures de soins équipées de technologies médicales de pointe.
Ces centres disposent aujourd’hui :
- d’équipements d’imagerie médicale avancée,
- de plateaux techniques chirurgicaux modernes,
- de services spécialisés en rééducation,
- d’unités de médecine d’urgence,
- de dispositifs de suivi des traumatismes professionnels.
Le DGSN a insisté sur le rôle des équipes médicales hautement qualifiées qui assurent ces prestations. Médecins spécialistes, chirurgiens, anesthésistes, infirmiers et techniciens participent à une prise en charge multidisciplinaire adaptée aux besoins des policiers.
Des pathologies spécifiques aux métiers de la sécurité
Les intervenants ont rappelé que certaines maladies et blessures touchent particulièrement les professionnels des forces de sécurité.
Parmi les problématiques médicales les plus fréquentes :
- les lésions de la colonne vertébrale,
- les traumatismes articulaires,
- les douleurs lombaires chroniques,
- les troubles liés au stress opérationnel,
- les pathologies cardiovasculaires,
- les blessures lors des interventions.
Le port d’équipements lourds, les longues heures de service, les efforts physiques intenses et l’exposition répétée au danger augmentent le risque de complications médicales.
La prévention devient donc essentielle pour préserver les capacités physiques et psychologiques des agents.
Chirurgie, neurologie et innovations thérapeutiques au programme
Plusieurs conférences scientifiques ont marqué cette première journée. Les spécialistes ont notamment abordé :
Le traitement chirurgical des dilatations des vaisseaux sanguins
Les experts ont présenté les nouvelles approches mini-invasives utilisées dans la prise en charge des anomalies vasculaires. Ces techniques permettent de réduire les complications postopératoires et d’accélérer la récupération des patients.
Les lésions de la colonne vertébrale et de la moelle épinière
Ces traumatismes représentent un enjeu majeur dans les métiers exposés aux interventions physiques. Les discussions ont porté sur le diagnostic précoce, la chirurgie réparatrice et les programmes de rééducation fonctionnelle.
Le parcours de prise en charge du malade
Les spécialistes ont insisté sur la nécessité d’un suivi médical coordonné, depuis le diagnostic jusqu’à la réhabilitation. Une prise en charge rapide améliore considérablement le pronostic et réduit les séquelles.
La thermoablation par micro-ondes des tumeurs
Cette technologie innovante permet de détruire certaines tumeurs grâce à la chaleur produite par des micro-ondes. Moins invasive que certaines chirurgies classiques, cette méthode offre des perspectives importantes en oncologie interventionnelle.
Prévention médicale : un axe prioritaire
Le médecin coordinateur des Unités républicaines de la Sûreté nationale, Sahnoun Mourad, a souligné que ces journées s’inscrivent dans une stratégie de prévention globale.
Cette stratégie repose sur plusieurs axes :
- dépistage précoce des maladies,
- surveillance régulière des personnels,
- prévention des risques professionnels,
- accompagnement psychologique,
- sensibilisation aux maladies chroniques,
- amélioration des conditions de travail.
Selon les spécialistes, la médecine préventive permet non seulement de protéger la santé des policiers, mais aussi d’améliorer leur efficacité opérationnelle et leur qualité de vie.
Une forte mobilisation institutionnelle

L’ouverture de ces journées médico-chirurgicales s’est déroulée en présence de plusieurs responsables institutionnels et experts du secteur de la santé :
- le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene,
- le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi,
- le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, le Pr Kamel Sanhadji,
- ainsi que des représentants des services de santé militaire.
Cette mobilisation traduit l’importance accordée à la santé des professionnels des corps constitués en Algérie.
Recommandations médicales des experts
Les spécialistes présents ont rappelé plusieurs mesures essentielles pour préserver la santé des personnels exposés :
- pratiquer un suivi médical régulier,
- dépister précocement les troubles musculo-squelettiques,
- surveiller les facteurs cardiovasculaires,
- améliorer la qualité du sommeil,
- lutter contre le stress chronique,
- maintenir une activité physique adaptée,
- renforcer la prévention des traumatismes professionnels.
Les experts insistent également sur l’importance du soutien psychologique dans les métiers soumis à une forte pression émotionnelle.
Une médecine moderne au service des forces de sécurité
À travers ces 15e Journées médico-chirurgicales, la Sûreté nationale confirme sa volonté de moderniser son système de santé et d’intégrer les avancées médicales les plus récentes.
Au-delà des conférences scientifiques, cette rencontre met en lumière une réalité souvent méconnue : la santé des policiers représente un enjeu stratégique majeur, à la fois humain, médical et sécuritaire.
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