Une infection transmise par l’organe greffé
Aux États-Unis, un cas exceptionnel de rage transmise par greffe d’organe a été confirmé. Un patient du Michigan, transplanté en début d’année, est décédé quelques semaines plus tard après avoir reçu un rein infecté par le virus. Ce scénario reste extrêmement rare, mais il illustre les risques infectieux potentiels liés aux greffes d’organes.
Insuffisance rénale et nécessité de la transplantation
L’homme souffrait d’une insuffisance rénale chronique grave, condition dans laquelle les reins ne parviennent plus à filtrer correctement le sang. Pour survivre, il avait besoin d’une dialyse régulière ou d’une greffe de rein. Le patient a opté pour cette dernière option en début d’année, avec un organe initialement considéré comme fonctionnel.
Les premiers signes inquiétants
Quelques semaines après l’opération, il présente des tremblements, une faiblesse des membres inférieurs et une incontinence urinaire. Ces symptômes laissent d’abord penser à un rejet du greffon, réaction classique du système immunitaire face à l’organe transplanté.
Comprendre le rejet rénal
Après une greffe, le corps peut considérer le rein comme un corps étranger. Dans ce cas :
- Rejet aigu : survient rapidement, généralement dans l’année suivant la greffe.
- Rejet chronique : se développe lentement, sur plusieurs années.
« Qu’il survienne dans le mois ou cinq ans après la greffe, la réponse immunitaire est similaire d’un point de vue moléculaire », explique Dr Souad BRAHIMI, spécialiste en néphrologie.
Hydrophobie et aggravation rapide
Sept jours après l’apparition des premiers symptômes, l’état du patient se dégrade : il ne peut plus manger à cause de difficultés à avaler et développe une peur de l’eau (hydrophobie). Son insuffisance respiratoire nécessite rapidement une ventilation mécanique.
Face à cette constellation de signes, les médecins alertent les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Tous les indicateurs pointent vers une infection par le virus de la rage.
Un virus mortel
La rage est une maladie virale quasiment toujours mortelle une fois les symptômes apparus. Elle se transmet le plus souvent par la salive d’animaux infectés, via morsures ou griffures
Le patient américain n’avait aucun contact connu avec des animaux. Les investigations se sont donc tournées vers le donneur de rein.
Confirmation de la source infectieuse
Une biopsie rénale archivée a révélé la présence d’ARN viral de la rage, confirmant que le rein greffé était à l’origine de l’infection. Le patient est décédé 51 jours après la transplantation.
Enseignements et précautions
Bien que ce type de transmission soit exceptionnel, il souligne l’importance de :
- Dépistage rigoureux des donneurs pour les infections virales rares, surtout en cas de donneurs issus de zones à risque.
- Surveillance attentive des patients transplantés présentant des symptômes neurologiques inhabituels.
- Sensibilisation des équipes médicales aux formes atypiques de rage humaine, incluant la transmission par organe.
Ce drame rappelle que la transplantation, si vitale, comporte des risques infectieux parfois insoupçonnés et graves, et qu’une vigilance maximale est nécessaire tout au long du processus.
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