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Vers un lait maternel cultivé en laboratoire : une avancée majeure pour la nutrition infantile

Edité par : Dr. Wioletta Julia Puzio | Docteur en médecine
24 février 2026

Une start-up française, créée au sein de l’hôpital Cochin, travaille sur un projet inédit : produire du lait maternel in vitro à partir de cellules mammaires humaines. L’objectif est clair. Reproduire, aussi fidèlement que possible, la composition du lait maternel humain, aujourd’hui impossible à égaler avec les laits infantiles classiques.

Une innovation née au cœur de la recherche hospitalière

Cette approche se distingue des préparations commerciales actuelles, majoritairement issues du lait de vache, dont la structure biologique diffère profondément de celle du lait humain.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de vie.

Cette recommandation repose sur des données solides.

Le lait maternel contient :

  • des facteurs immunitaires actifs,
  • des enzymes digestives spécifiques,
  • des oligosaccharides humains absents du lait de vache,
  • des composants essentiels à la maturation intestinale.

Ces éléments jouent un rôle clé dans :

  • le développement du microbiote,
  • la protection contre les infections,
  • la maturation du système immunitaire,
  • la réduction des risques d’allergies et de maladies inflammatoires.

Malgré des améliorations constantes, les laits artificiels disponibles sur le marché ne reproduisent pas totalement la complexité du lait maternel.

Ils sont formulés à partir de protéines bovines modifiées, auxquelles sont ajoutés vitamines, minéraux et acides gras essentiels.

Cependant, certains composants biologiques majeurs restent absents ou incomplets, notamment ceux impliqués dans la maturation intestinale et la régulation immunitaire, des fonctions cruciales chez le nourrisson.

La start-up issue de l’hôpital Cochin cible en priorité les bébés prématurés et les nouveau-nés fragiles.

Chez ces enfants, l’immaturité du tube digestif et du système immunitaire augmente le risque de complications sévères.

Le lait maternel cultivé à partir de cellules humaines permettrait de produire :

  • des protéines spécifiques humaines,
  • des facteurs bioactifs absents du lait animal,
  • des composants adaptés aux besoins physiologiques du nourrisson.

Il s’agit d’un enjeu majeur en néonatologie.

La progression de l’allaitement maternel observée depuis une dizaine d’années reste insuffisante, malgré les recommandations répétées des autorités sanitaires.

Les raisons sont multiples :

  • contraintes professionnelles,
  • difficultés médicales,
  • choix personnels,
  • manque d’accompagnement.

Les porteurs du projet le soulignent : cette technologie n’a pas vocation à remplacer l’allaitement maternel, mais à offrir une alternative plus proche du modèle biologique lorsque celui-ci n’est pas possible.

L’ambition est d’améliorer la qualité nutritionnelle et fonctionnelle des laits infantiles, en s’appuyant sur la biologie humaine plutôt que sur des adaptations animales.

La production de lait maternel in vitro soulève plusieurs défis :

  • garantir une sécurité sanitaire absolue,
  • assurer une traçabilité des cellules utilisées,
  • encadrer strictement les procédés de fabrication,
  • évaluer l’efficacité clinique à long terme.

Des essais rigoureux seront nécessaires avant toute mise à disposition à grande échelle.

En attendant ces innovations, les autorités de santé rappellent plusieurs principes essentiels :

  • privilégier l’allaitement maternel lorsque cela est possible,
  • encourager l’accompagnement des mères dès la grossesse,
  • utiliser les laits infantiles uniquement sur indication médicale ou en cas d’impossibilité d’allaitement,
  • assurer un suivi pédiatrique régulier, notamment chez les prématurés.

Pour les nourrissons fragiles, le recours au lait maternel pasteurisé de banques de lait reste aujourd’hui la meilleure alternative disponible.

La culture de lait maternel humain en laboratoire ouvre une voie nouvelle dans le domaine de la nutrition infantile.

Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait transformer la prise en charge des nouveau-nés les plus vulnérables et réduire les inégalités d’accès aux bénéfices du lait maternel.

Il s’agit d’une innovation à fort potentiel, au croisement de la biologie cellulaire, de la médecine néonatale et de la santé publique.

Mots-clés : Lait maternel ; in vitro ; cellules mammaires ; humaines ; Nutrition ; infantile ; allaitement ; prématurité ; Maturation ; intestinale ; système immunitaire ; néonatologie santé ; biomédicale ;

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