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Tramadol : des chercheurs alertent sur les risques cachés de l’antidouleur le plus prescrit

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
13 octobre 2025

Une nouvelle étude révèle une efficacité limitée et des effets secondaires préoccupants pour ce médicament souvent utilisé contre les douleurs chroniques

Prescrit à des millions de patients, le Tramadol est souvent présenté comme une alternative « modérée » aux morphiniques. Mais selon une étude danoise publiée le 7 octobre 2025 dans le British Medical Journal Evidence-Based Medicine, ce médicament pourrait être plus dangereux qu’utile pour de nombreuses personnes souffrant de douleurs chroniques.

En Algérie, des milliers de personnes vivent avec une douleur chronique persistante depuis plus de trois mois, selon l’Inserm.

Arthrose, fibromyalgie, migraines, douleurs neuropathiques ou lombaires : ces pathologies altèrent profondément la qualité de vie.

Face à la souffrance, les patients testent souvent plusieurs traitements. Parmi eux, le Tramadol, un antalgique de la classe des opioïdes, reste l’un des plus prescrits. Il agit à la fois sur les récepteurs opioïdes du cerveau et sur la reprise de la sérotonine et de la noradrénaline, deux neurotransmetteurs impliqués dans la modulation de la douleur.

Mais cette efficacité supposée vient d’être reconsidérée.

Pour évaluer le réel impact du Tramadol, les chercheurs ont mené une vaste étude sur 6 500 patients, répartis en quatre groupes :

  • douleurs neuropathiques,
  • arthrose,
  • lombalgies,
  • fibromyalgie.

Une partie des participants a reçu du Tramadol pendant plusieurs semaines, l’autre un placebo (médicament sans principe actif).

48 % des patients sous Tramadol ont ressenti une amélioration, contre 41 % sous placebo.

Autrement dit, l’effet du Tramadol est seulement légèrement supérieur à celui d’un médicament fictif.

Les auteurs parlent d’une efficacité modérée, voire marginale, largement contrebalancée par la fréquence et la gravité des effets secondaires.

L’étude a également observé un léger sur-risque de maladies cardiovasculaires chez les patients sous Tramadol. Certains ont développé des affections coronariennes ou des troubles artériels.

Les chercheurs notent aussi un taux plus élevé de tumeurs — notamment thyroïdiennes, mammaires et prostatiques — bien que ces résultats demandent à être confirmés sur des cohortes plus larges.

Par ailleurs, les effets secondaires classiques du Tramadol, déjà bien connus, ont été confirmés :

  • nausées et vomissements,
  • constipation sévère,
  • vertiges,
  • somnolence,
  • troubles de la concentration.

Des symptômes qui peuvent rapidement altérer la vie quotidienne, surtout chez les personnes âgées ou fragilisées.

Au-delà des effets physiques, le risque addictif reste la plus grande inquiétude. Un jeune sportif, nous confiait son combat contre la dépendance au Tramadol.

Souffrant d’une fracture à la jambe, il a pris ce médicament pendant plus de deux ans, malgré une efficacité quasi nulle.

« Je savais que ça ne me soulageait pas vraiment, mais je ne pouvais plus m’en passer », témoigne-t-il.

À plusieurs reprises, il a frôlé l’overdose.

Depuis, le jeune sportif a entamé un traitement de substitution et milite pour une meilleure information des patients.

Consciente du danger, les responsables de la santé publique en Algérie a limité la durée maximale de prescription afin de réduire les dépendances et favoriser des alternatives non opioïdes. Comme ils ont limité et contrôler les prescriptions.

Les médecins sont désormais encouragés à privilégier :

  • des traitements multimodaux, combinant médicaments et thérapies comportementales,
  • la rééducation physique adaptée,
  • la stimulation nerveuse,
  • la sophrologie ou la méditation pleine conscience,
  • et, dans certains cas, la pharmacogénétique, pour personnaliser les prescriptions.

Le professeur Lars Christensen, principal auteur de l’étude, résume ainsi :

  • « Le Tramadol ne doit pas être utilisé comme traitement de première intention pour les douleurs chroniques. Son efficacité est limitée et ses risques, sous-estimés. »

Du côté des médecins, le message est similaire. Le docteur Riad Mamri, chirurgien orthopédiste à Constantine, insiste : « Le Tramadol peut avoir sa place, mais sur une courte durée, avec une surveillance étroite. Il faut absolument éviter les usages prolongés et l’automédication. »

  • Toujours consulter avant de débuter ou de modifier un traitement antalgique.
  • Ne jamais arrêter brutalement le Tramadol, sous peine de syndrome de sevrage.
  • Éviter la consommation d’alcool et de médicaments sédatifs associés.
  • Informer son médecin en cas de somnolence, confusion, ou ralentissement cardiaque.
  • Privilégier les approches non médicamenteuses lorsque cela est possible.

Le Tramadol reste un outil utile pour les douleurs aiguës, mais son usage prolongé comporte des risques cardiovasculaires, neurologiques et addictifs. Cette étude danoise vient rappeler une évidence trop souvent négligée :

  • Soigner la douleur ne doit jamais se faire au détriment de la santé globale.
  • La clé réside dans une prescription raisonnée, une information claire du patient et un accompagnement médical personnalisé.

Mots clés : Tramadol ; douleur ; santé ; addiction ; cardiovasculaires ; neurologique ; prescription ;

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