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Industrie pharmaceutique : Saidal accélère sa conquête des marchés africains

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | journaliste
25 octobre 2026

Le groupe pharmaceutique public Saidal ambitionne de renforcer ses exportations vers l’Afrique et d’élargir ses partenariats industriels. Transfert de technologie, production locale de médicaments, développement de traitements innovants et fabrication de matières premières : cette stratégie vise à consolider la présence algérienne sur les marchés africains, tout en réduisant la dépendance nationale aux importations.

Le groupe pharmaceutique public Saidal entend franchir une nouvelle étape dans son développement international. Son directeur général, Younes Bouarara, a annoncé, mardi à Alger, l’adoption d’une stratégie ambitieuse destinée à renforcer les exportations de médicaments vers les pays africains et à élargir les partenariats industriels du groupe.

S’exprimant en marge d’une journée d’étude et de formation consacrée à l’exportation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux, le responsable a indiqué que Saidal exporte actuellement ses produits vers plus de dix pays africains.

L’objectif est désormais d’élargir cette présence commerciale en dépassant la seule fourniture de médicaments. Le groupe souhaite proposer aux pays partenaires un accompagnement industriel comprenant notamment le transfert de technologie, l’assistance technique et le soutien au développement de capacités locales de production pharmaceutique.

Cette orientation traduit une volonté de faire de l’expertise industrielle algérienne un levier de coopération sanitaire et économique avec le continent africain.

Dans cette perspective, Younes Bouarara a rappelé ses récentes visites au Bénin et en Tanzanie. Ces deux pays représentent des marchés stratégiques, respectivement en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est.

Le directeur général de Saidal a souligné le potentiel de ces régions, en mettant en avant le poids démographique des pays limitrophes, dont la population cumulée dépasse les 600 millions d’habitants.

Cette dimension démographique représente un débouché potentiel pour les producteurs pharmaceutiques, compte tenu des besoins croissants en médicaments et du développement des systèmes de santé.

Toutefois, la conquête durable de ces marchés suppose de répondre à plusieurs exigences : conformité réglementaire, qualité des produits, compétitivité des prix, fiabilité des approvisionnements et adaptation aux besoins thérapeutiques locaux.

Pour Saidal, l’enjeu consiste donc à transformer ce potentiel en partenariats commerciaux et industriels durables.

Le groupe entend également promouvoir une approche fondée sur le développement des capacités de production des pays partenaires.

Lors de la Conférence ministérielle sur la production locale de médicaments et d’autres technologies de santé en Afrique, organisée en Algérie en novembre 2025, Saidal avait proposé un mécanisme d’accompagnement progressif.

La démarche consiste, dans un premier temps, à produire au sein des unités industrielles du groupe les médicaments concernés, pendant leur phase de qualification. Elle doit ensuite permettre d’engager le transfert de technologie et de soutenir le développement de la production dans les pays partenaires.

Selon Younes Bouarara, cette proposition a reçu un accueil favorable des pays concernés.

Cette approche pourrait contribuer à renforcer les compétences techniques locales, à faciliter l’accès aux médicaments et à développer des capacités industrielles adaptées aux besoins des populations.

Elle s’inscrit également dans les efforts engagés à l’échelle africaine pour renforcer la production pharmaceutique sur le continent et réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs.

Le transfert de technologie représente, dans ce contexte, un enjeu majeur. Il nécessite des investissements, une formation spécialisée, des infrastructures adaptées et le respect de normes rigoureuses de qualité et de sécurité pharmaceutiques.

Au-delà des capacités industrielles, le développement des exportations dépend aussi de la maîtrise des opérations commerciales et financières.

Sur ce point, le directeur général de Saidal a insisté sur la nécessité de renforcer la présence des banques algériennes sur les marchés africains, particulièrement en Afrique de l’Ouest et de l’Est.

L’objectif est de faciliter les transactions internationales, de sécuriser les paiements et de réduire les risques associés aux opérations d’exportation.

La disponibilité de solutions bancaires adaptées constitue en effet un facteur important pour les entreprises qui souhaitent développer leurs activités à l’international. Elle facilite les règlements transfrontaliers, le financement des contrats et la gestion des risques commerciaux.

Pour les opérateurs pharmaceutiques, ces mécanismes doivent également contribuer à sécuriser les relations avec les distributeurs et les partenaires industriels, afin de garantir la continuité des échanges.

Le renforcement de l’accompagnement bancaire apparaît ainsi comme un complément indispensable à la stratégie industrielle et commerciale de Saidal.

Parallèlement à ses ambitions à l’international, le groupe entend poursuivre ses investissements au service de la disponibilité des médicaments en Algérie.

M. Younes Bouarara a indiqué que Saidal travaille à la concrétisation de nouveaux projets industriels ciblant des médicaments particulièrement demandés, notamment les anticancéreux.

Ces investissements répondent à un enjeu majeur de santé publique. Les traitements contre le cancer nécessitent une disponibilité régulière, une qualité pharmaceutique irréprochable et une organisation rigoureuse de la production et de la distribution.

Le développement des capacités nationales pourrait contribuer à mieux répondre aux besoins du marché, à sécuriser certains approvisionnements et à renforcer progressivement l’autonomie pharmaceutique du pays.

La concrétisation de ces objectifs dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la capacité de production, les exigences réglementaires, la disponibilité des matières premières et la maîtrise des procédés industriels.

Parmi les projets présentés par le responsable figure la production de matières premières pharmaceutiques, un segment stratégique pour réduire la dépendance aux importations.

Younes Bouarara a notamment évoqué sa récente visite à l’usine de production de la matière première du paracétamol, située dans la wilaya de Batna. Selon ses déclarations, l’entrée en production de cette unité est prévue d’ici neuf mois.

Cette échéance représente une perspective importante pour le développement de la filière pharmaceutique nationale. Le paracétamol est largement utilisé pour soulager la douleur et faire baisser la fièvre. Sa fabrication nécessite toutefois une maîtrise rigoureuse des procédés chimiques, des contrôles de qualité et des normes applicables aux matières premières pharmaceutiques.

La production locale de cette substance active pourrait contribuer à sécuriser une partie de la chaîne d’approvisionnement des fabricants de médicaments. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à développer des capacités industrielles en amont de la fabrication des produits finis.

Cette évolution pourrait également favoriser le développement de compétences spécialisées et renforcer la valeur ajoutée industrielle produite en Algérie.

Le directeur général de Saidal a également évoqué plusieurs projets en cours de réalisation dans les domaines des médicaments innovants, des thérapies cellulaires et des matières premières pharmaceutiques. Il a qualifié ces développements d’« avancée qualitative » pour le groupe.

Ces orientations témoignent d’une volonté de diversifier les activités industrielles au-delà des médicaments conventionnels.

Les médicaments innovants peuvent nécessiter des technologies de production avancées, des infrastructures spécialisées et des procédures d’évaluation particulièrement exigeantes. Les thérapies cellulaires, quant à elles, reposent sur l’utilisation de cellules à des fins thérapeutiques et impliquent des exigences spécifiques en matière de fabrication, de traçabilité, de contrôle et de sécurité.

Le développement de ces domaines suppose donc des investissements importants, une expertise scientifique pointue et une coopération étroite entre les industriels, les chercheurs et les autorités sanitaires.

Pour Saidal, ces projets constituent une perspective de montée en gamme industrielle et de diversification de l’offre pharmaceutique nationale. Leur portée réelle dépendra de leur mise en œuvre, de leur validation réglementaire et de leur capacité à répondre aux besoins médicaux.

La journée d’étude et de formation organisée à Alger a également permis à des représentants de plusieurs secteurs et organismes d’intervenir sur les mécanismes d’accompagnement des opérateurs économiques.

Les échanges ont notamment porté sur les mesures destinées à faciliter les exportations de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux, les procédures d’assurance, la promotion commerciale et les moyens d’accéder aux marchés internationaux.

Les participants ont également abordé le rôle des organismes concernés dans l’accompagnement des entreprises et la simplification de leurs démarches.

Pour les industriels algériens, la réussite à l’exportation repose en effet sur une combinaison de facteurs : qualité et conformité des produits, connaissance des marchés ciblés, maîtrise des procédures douanières et réglementaires, financement des opérations et sécurisation des transactions.

Dans le secteur pharmaceutique, ces exigences sont particulièrement importantes, car les produits destinés à l’exportation doivent satisfaire aux règles applicables dans les pays de destination.

La stratégie annoncée par Saidal repose sur deux priorités complémentaires. La première consiste à renforcer la présence du groupe sur les marchés africains, en développant les exportations et les partenariats industriels. La seconde vise à consolider les capacités nationales de production, notamment pour les médicaments très demandés, les traitements innovants et les matières premières.

Cette double orientation pourrait contribuer à renforcer la place de l’Algérie dans l’industrie pharmaceutique africaine, tout en soutenant les efforts destinés à améliorer la disponibilité des médicaments sur le marché national.

La réussite de cette ambition dépendra néanmoins de la concrétisation des projets annoncés, de la compétitivité des produits, de la qualité des partenariats et de la capacité à répondre durablement aux exigences des marchés internationaux.

L’enjeu pour Saidal est désormais de transformer ses ambitions en résultats industriels et commerciaux mesurables, au bénéfice de la souveraineté pharmaceutique algérienne et du développement de la coopération sanitaire africaine.

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