Peu coûteux, scientifiquement validés et bénéfiques pour la santé cardiovasculaire, les substituts de sel pourraient jouer un rôle majeur dans la prise en charge de l’hypertension. Pourtant, moins de 6 % des patients y ont recours, alertent des chercheurs lors d’un congrès de l’American Heart Association.
Une habitude alimentaire risquée
L’excès de sel (chlorure de sodium) est l’un des principaux ennemis de la santé cardiovasculaire. Il favorise l’élévation de la pression artérielle, altère les parois des vaisseaux sanguins et augmente le risque d’infarctus, d’AVC et d’insuffisance cardiaque.
Réduire sa consommation de sel est donc une recommandation phare des cardiologues. Mais dans les faits, les habitudes alimentaires, la consommation de produits transformés et le goût acquis rendent ce changement difficile.
Les substituts de sel : une alternative prometteuse
Il existe pourtant des solutions simples : les substituts de sel.
- Certains remplacent totalement le sodium par d’autres minéraux.
- D’autres, appelés sels de régime, substituent une partie du chlorure de sodium par du chlorure de potassium, parfois associé à du calcium ou du magnésium.
Ces alternatives permettent de réduire l’apport en sodium tout en conservant une saveur proche du sel traditionnel. Plusieurs études ont montré qu’ils contribuent à abaisser la tension artérielle et à réduire le risque d’événements cardiovasculaires.
Une adoption encore trop faible
Malgré leurs bénéfices, l’usage des substituts de sel reste marginal. Selon une étude présentée au congrès 2025 de l’American Heart Association :
- moins de 6 % des adultes américains en consomment,
- seuls 2,3 % à 5,1 % des personnes éligibles y ont recours,
- même parmi les patients hypertendus, leur utilisation ne dépasse pas 10 %.
Le fait que leur adoption reste si faible depuis vingt ans est préoccupant Il est urgent d’en discuter avec les patients hypertendus lors des consultations.
Pourquoi si peu d’utilisateurs ?
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses :
- méconnaissance des alternatives au sel,
- manque de recommandations claires de la part des médecins,
- peur du goût différent ou des effets secondaires liés au potassium,
- accessibilité variable selon les pays et les circuits de distribution.
L’étude invite à explorer ces freins pour développer des stratégies de sensibilisation plus efficaces.
Une occasion manquée pour la santé publique
Pour les spécialistes, le faible recours à ces substituts représente une opportunité perdue dans la lutte contre l’hypertension, qui touche 1 adulte sur 3 dans le monde et demeure la première cause de mortalité cardiovasculaire.
« Les substituts de sel sont une option peu coûteuse, efficace et facilement applicable pour améliorer le contrôle tensionnel, notamment chez les hypertendus résistants aux traitements », rappelle Yinying Wei, auteure principale de l’étude.
Recommandations médicales
- Consultez votre médecin avant de passer aux substituts de sel, surtout si vous souffrez d’insuffisance rénale ou si vous prenez des médicaments qui augmentent le potassium (diurétiques épargneurs de potassium, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, sartans).
- Adoptez une réduction progressive : remplacer le sel classique par un substitut en petite quantité permet d’habituer le palais.
- Surveillez votre alimentation globale : le sel caché dans les plats industriels, sauces, charcuteries ou fromages reste la principale source de sodium.
- Associez cette stratégie à un mode de vie sain : alimentation riche en fruits, légumes, fibres et oméga-3, activité physique régulière, limitation de l’alcool et arrêt du tabac.
Les substituts de sel pourraient devenir un levier majeur dans la prévention et le contrôle de l’hypertension artérielle. Pourtant, leur utilisation demeure largement insuffisante. Entre sensibilisation des patients et formation des professionnels de santé, une mobilisation est nécessaire pour mieux exploiter ce potentiel.
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