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Coca Light et puberté précoce : un édulcorant artificiel dans le viseur des chercheurs

Edité par : Dr Souad BRAHIMI | Docteur en médecine
21 juillet 2025

Une nouvelle étude alerte sur les effets hormonaux méconnus de certains édulcorants chez les enfants.

Une étude taïwanaise, récemment publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, met en évidence une corrélation entre la consommation de certains édulcorants artificiels et l’apparition précoce de la puberté chez les enfants et les adolescents. Les résultats interpellent la communauté scientifique sur les effets endocriniens potentiels de ces additifs alimentaires largement utilisés.

L’étude a porté sur 1 407 enfants et adolescents, âgés de 6 à 18 ans, dont 481 présentaient une puberté précoce centrale (PPC). Cette forme de puberté est caractérisée par l’activation prématurée de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, responsable du déclenchement des caractères sexuels secondaires.

Les chercheurs ont évalué les niveaux urinaires de plusieurs édulcorants non caloriques (sucralose, glycyrrhizine, saccharine, etc.), ainsi que des marqueurs métaboliques et microbiotiques. Les résultats ont montré une association statistiquement significative entre des concentrations élevées de ces composés et un diagnostic de PPC.

Les chercheurs avancent plusieurs mécanismes biologiques pour expliquer le lien entre consommation d’édulcorants et puberté précoce.

Première piste : ces substituts sucrés perturberaient l’équilibre du microbiote intestinal. Cette altération de la flore digestive modifierait l’absorption des nutriments et pourrait affecter le métabolisme des œstrogènes, les hormones clés de la puberté.

Deuxième hypothèse : certains édulcorants possèdent une activité hormonale propre. Ils pourraient imiter les œstrogènes ou bloquer leurs récepteurs, dérégulant ainsi le système endocrinien.

Le sucralose, utilisé notamment dans les boissons light, est suspecté d’induire une activation précoce des gonadotrophines, hormones qui déclenchent la puberté, en particulier chez les garçons. Chez les filles, une autre substance attire l’attention : la glycyrrhizine, extraite de la réglisse, qui semble jouer un rôle dans l’accélération du développement pubertaire.

Ces perturbations silencieuses soulignent la nécessité de mieux comprendre les effets à long terme des additifs alimentaires sur la santé hormonale des enfants.

L’étude met en évidence une sensibilité différenciée selon le sexe :

  • Chez les garçons, une excrétion urinaire élevée de sucralose est corrélée à une probabilité plus importante de PPC.
  • Chez les filles, les niveaux élevés de sucralose, glycyrrhizine et sucres ajoutés sont significativement liés à une activation hormonale précoce.

Cette distinction pourrait s’expliquer par des différences dans la régulation neuroendocrinienne du développement pubertaire entre les sexes.

La puberté précoce centrale (PPC) se caractérise par l’activation prématurée de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, le système hormonal qui déclenche la puberté. Elle survient avant l’âge de 8 ans chez les filles et avant 9 ans chez les garçons, entraînant l’apparition anticipée des signes de maturation sexuelle : développement des seins ou des testicules, apparition des poils pubiens, poussée de croissance soudaine.

Cette puberté accélérée ne se limite pas à des changements physiques : elle s’accompagne d’une maturation osseuse précoce, ce qui peut conduire à un arrêt prématuré de la croissance et donc à une taille adulte plus petite que prévu. Sur le plan psychologique, elle peut engendrer un profond mal-être chez les enfants, qui ne sont pas encore prêts, émotionnellement ou socialement, à vivre ces transformations.

Les causes de la PPC peuvent être idiopathiques (sans cause identifiable, surtout chez les filles), mais aussi secondaires à des anomalies cérébrales, des troubles endocriniens ou, plus récemment, à une exposition environnementale à certains perturbateurs endocriniens. Cela soulève des enjeux majeurs de santé publique, notamment dans la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge multidisciplinaire de ces enfants.

Voici une reformulation enrichie, claire, structurée et scientifiquement précise sur les **conséquences possibles de la puberté précoce et des perturbateurs endocriniens sur la fertilité**, en gardant un style journalistique accessible, humain et bien expliqué, avec phrases courtes et sans répétitions :

La puberté précoce ne se limite pas à une simple avance du développement corporel. En bouleversant le rythme naturel de maturation hormonale, elle peut compromettre le bon déroulement de la fonction reproductive à l’âge adulte.

Lorsque les hormones sexuelles s’activent trop tôt, le développement des ovaires ou des testicules peut être inachevé ou désynchronisé. Cette maturation accélérée s’accompagne souvent d’une fermeture prématurée des cartilages de croissance, ce qui peut entraîner une taille adulte plus petite, mais aussi affecter la production future de gamètes.

  • Chez les filles, une puberté trop hâtive est parfois liée à des cycles menstruels irréguliers, une ovulation perturbée ou un risque accru de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), pathologie fréquemment associée à l’infertilité.
  • Chez les garçons, une activation hormonale précoce pourrait nuire à la qualité du sperme à long terme.

Par ailleurs, l’exposition répétée à des édulcorants ou à des perturbateurs endocriniens pendant l’enfance peut entraîner des altérations durables du système hormonal. Ces substances, en mimant ou bloquant les hormones naturelles, risquent de modifier l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, clé du contrôle de la reproduction.

Les chercheurs soulignent que ces effets peuvent rester invisibles pendant des années, mais se manifester plus tard sous forme de troubles de la fertilité, de déséquilibres hormonaux, voire de pubertés anormalement retardées ou précoces chez la génération suivante. Un enjeu de santé publique qui appelle à une surveillance accrue et à des recherches à long terme.

Les conclusions de l’étude interpellent la communauté scientifique et les autorités de santé. Elles mettent en lumière un enjeu croissant de santé environnementale et nutritionnelle : l’impact potentiel des édulcorants artificiels sur le développement hormonal des enfants.

Face à ces résultats, les experts recommandent une réévaluation rigoureuse de l’innocuité à long terme de ces additifs, notamment lorsqu’ils sont consommés dès le plus jeune âge.

Le Dr Yang-Ching Chen, auteur principal de l’étude, appelle à une vigilance accrue. Il souligne l’importance de mieux informer les parents, les professionnels de santé et les décideurs sur les effets possibles des édulcorants sur le système endocrinien en pleine maturation.

Cette prise de conscience pourrait guider de nouvelles recommandations nutritionnelles pour les enfants et encourager des politiques plus strictes concernant les ingrédients présents dans les produits destinés à la consommation infantile.

Mots clés : Coca ; light ; enfant ; innocuité ; décolorant ; infantile ; additif ; puberté 

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