
L’accident vasculaire cérébral (AVC), problème de santé publique majeur dans le monde et en Algérie et l’une des principales causes de mortalité chez les sujets âgés. En Algérie, chaque année, environ 60 000 nouveaux cas d’AVC sont enregistrés, entraînant près de 20 000 décès annuels. Cette pathologie représente environ 26,1% des décès dans le pays, se positionnant comme l’une des principales causes de mortalité et deuxième cause de démence. L’AVC laisse souvent des séquelles invalidantes. Pour améliorer la rééducation, des chercheurs développent des neuroprothèses qui pourraient révolutionner la récupération motrice des patients.
Les neuroprothèses sont des dispositifs électroniques ou électromécaniques reliés au système nerveux permettant de remplacer un organe défectueux.
Le projet Brain Sync : stimuler la récupération neurologique.
L’objectif des chercheurs est d’exploiter l’intelligence artificielle et les neuroprothèses pour mieux comprendre les mécanismes d’apprentissage du cerveau. Ces dispositifs, constitués d’électrodes placées sous la boîte crânienne, détecteraient les intentions de mouvement des patients paralysés, facilitant ainsi leur rééducation. Une trentaine de scientifiques travaillent sur ce projet ambitieux qui pourrait offrir une nouvelle approche thérapeutique.
Une technologie prometteuse en cours d’évaluation.
Les premiers essais cliniques sont prévus entre 2027 et 2030. Ils permettront d’affiner la compréhension du cerveau et d’aider les neurologues à prédire les chances de récupération des patients. L’ambition est de créer une interface cerveau-machine dopée à l’intelligence artificielle pour favoriser la plasticité cérébrale. Avec une stimulation répétée, le cerveau pourrait recréer de nouvelles connexions neuronales et, à terme, fonctionner sans assistance prothétique.
Les défis de la récupération après un AVC.
Si la rééducation traditionnelle permet des progrès, elle reste parfois insuffisante pour certains patients. Le cerveau possède néanmoins une capacité d’adaptation qui peut être exploitée pour compenser certaines déficiences, comme des troubles de la marche ou de la parole. Le projet Brain Sync vise à approfondir les liens entre lésions cérébrales et handicap, tout en entraînant l’intelligence artificielle à décoder les signaux électriques du cerveau et les intentions de mouvement.
Cette innovation pourrait ouvrir la voie à une prise en charge plus efficace et personnalisée des patients victimes d’AVC.
Pour rappel :
Un accident vasculaire cérébral (AVC) survient lorsque le cerveau ne reçoit plus suffisamment de sang, entraînant des lésions neuronales dues au manque d’oxygène. Cette urgence médicale peut toucher toutes les tranches d’âge, avec une moyenne de survenue à 74 ans.
Les différents types d’AVC
- AVC ischémique (le plus fréquent) : L’AVC ischémique survient lorsqu’une artère cérébrale se bouche, empêchant l’irrigation du cerveau. Il représente 80 à 85 % des cas, selon l’INSERM. Deux causes principales : une thrombose cérébrale, due à l’accumulation de lipides (athérome), ou une embolie cérébrale, provoquée par un caillot sanguin.
- AVC hémorragique : plus rare mais grave : Moins fréquent (15 à 20 % des cas), l’AVC hémorragique résulte de la rupture d’un vaisseau sanguin, généralement une veine. Un anévrisme, l’hypertension, une tumeur ou des troubles de la coagulation peuvent en être responsables.
- AVC ischémique transitoire : un signal d’alerte : L’AVC ischémique transitoire est causé par une obstruction temporaire d’une artère cérébrale. Contrairement à l’AVC ischémique, l’occlusion se résorbe spontanément en quelques secondes ou minutes. Bien que sans séquelle immédiate, il constitue un avertissement sérieux, annonçant souvent un AVC plus sévère.
Quelles sont les causes d’un AVC ?
Les causes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) varient selon son type.
- AVC ischémique : une obstruction des artères : L’AVC ischémique, ou infarctus cérébral, est dû au blocage d’une artère cérébrale par un caillot sanguin (thrombus). Ce phénomène survient souvent à cause de l’artériosclérose : des dépôts de lipides forment des plaques d’athérome qui peuvent se rompre et obstruer un vaisseau du cerveau. D’autres facteurs, comme une arythmie cardiaque ou des pathologies des petites artères cérébrales, peuvent aussi être responsables.
- AVC hémorragique (une rupture de vaisseau) : L’AVC hémorragique résulte de l’éclatement d’un vaisseau sanguin, entraînant une hémorragie cérébrale. La principale cause est la rupture d’un anévrisme. Cependant, d’autres facteurs peuvent être impliqués, tels qu’un traumatisme crânien, une tumeur cérébrale, une hypertension artérielle non contrôlée ou une malformation des vaisseaux sanguins.
Quels sont les facteurs de risque d’un AVC ?
Plusieurs éléments augmentent le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Facteurs biologiques et médicaux
- L’âge : le risque augmente avec les années.
- Les comorbidités : diabète, hypertension artérielle non contrôlée, taux de cholestérol élevé.
- Les antécédents familiaux : un facteur héréditaire peut être impliqué.
- Les AVC précédents : une personne ayant déjà subi un AVC a 30 % de risques de récidive dans les cinq ans.
Facteurs liés au mode de vie
- Mauvaise hygiène de vie : tabagisme, consommation d’alcool, sédentarité.
- Certains traitements : les hormones prescrites pour la ménopause augmentent le risque.
- Pathologies cardiaques : des troubles comme l’arythmie favorisent la formation de caillots sanguins.
Comment reconnaître les premiers signes d’un AVC ?
Identifier rapidement un accident vasculaire cérébral (AVC) permet d’agir vite et de limiter les séquelles. En cas de doute, appelez immédiatement les secours
Signes caractéristiques
- Déformation du visage : asymétrie faciale, engourdissement ou paralysie d’un côté du visage.
- Faiblesse musculaire : perte de tonicité dans un bras, une jambe ou une moitié du corps.
- Troubles de la parole : difficulté soudaine à parler ou à comprendre les autres.
- Autres symptômes possibles : maux de tête violents, vomissements, vertiges, troubles de la vision.
Face à ces signes, chaque minute compte !
Comment soigner un AVC ?
Le traitement de l’AVC repose sur trois approches : médicamenteuse, chirurgicale et rééducative.
- Traitement médicamenteux : dans les 4 h 30 suivant l’AVC, un médicament thrombolytique est administré pour dissoudre le caillot. Des anticoagulants peuvent être prescrits pour prévenir de nouveaux caillots, ainsi que des traitements spécifiques (cholestérol, hypertension, diabète).
- Traitement chirurgical : en cas d’AVC hémorragique, une intervention peut être nécessaire pour évacuer le sang et éviter la compression du cerveau.
- Rééducation : elle débute rapidement après l’AVC et vise à restaurer l’autonomie grâce à l’orthophonie, la kinésithérapie et l’ergothérapie. L’activité physique adaptée aide aussi à retrouver des capacités motrices et à contrôler les facteurs de risque.
60% des patients retrouvent leur autonomie, 40% conservent des séquelles, et 20% décèdent dans l’année suivant l’AVC.
Comment prévenir un AVC ?
La prévention de l’AVC repose sur une hygiène de vie saine et un suivi médical adapté.
- Alimentation et activité physique : adopter une alimentation équilibrée et pratiquer 30 minutes d’exercice par jour aide à prévenir le surpoids, l’hypertension et le cholestérol.
- Éviter les substances à risque : proscrire l’alcool et le tabac réduit le risque d’AVC.
- Suivi médical : en cas de diabète, hypertension, cholestérol ou fibrillation auriculaire, un suivi régulier et un traitement adapté sont essentiels pour contrôler ces facteurs de risque.
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