Une Bonne Santé pour une Vie Meilleure

Phlébite : comment réduire le risque lorsque l’on souffre de varices ? Les conseils des spécialistes

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
23 août 2026

Souvent considérées comme un simple problème esthétique, les varices peuvent favoriser certaines complications veineuses. Quand faut-il s’inquiéter et comment prévenir une phlébite ?

« J’ai plusieurs varices. Quels sont les risques de développer une phlébite ? Comment éviter cette complication ? »

Cette question est fréquente chez les personnes souffrant d’insuffisance veineuse chronique. Si les varices sont généralement bénignes, elles témoignent d’un dysfonctionnement de la circulation veineuse qui peut, dans certaines situations, favoriser la formation d’un caillot sanguin. Une prise en charge précoce permet toutefois de limiter ce risque et d’éviter des complications parfois graves.

La thrombose veineuse profonde (TVP), plus communément appelée phlébite, correspond à la formation d’un caillot sanguin dans une veine profonde, le plus souvent au niveau du mollet ou de la cuisse.

Ce caillot peut ralentir, voire bloquer totalement la circulation du sang.

Le principal danger apparaît lorsqu’une partie du caillot se détache et migre vers les poumons. Cette complication, appelée embolie pulmonaire, constitue une urgence médicale pouvant mettre la vie en danger.

Les varices traduisent une insuffisance veineuse chronique, une maladie dans laquelle les veines perdent progressivement leur capacité à assurer un bon retour du sang vers le cœur.

Avec le temps :

  • les valves veineuses deviennent moins efficaces ;
  • les veines se dilatent ;
  • le sang stagne davantage dans les membres inférieurs.

Cette stagnation, appelée stase veineuse, favorise la formation de caillots, surtout lorsqu’elle s’associe à d’autres facteurs de risque.

Les varices seules provoquent plus fréquemment des thromboses veineuses superficielles, généralement moins graves qu’une thrombose veineuse profonde. Cependant, chez certaines personnes, notamment en présence de facteurs favorisants, une TVP peut également survenir.

La thrombose veineuse résulte le plus souvent de l’association de trois mécanismes, connus sous le nom de triade de Virchow :

  • un ralentissement important de la circulation sanguine (stase veineuse) ;
  • une altération de la paroi de la veine ;
  • une augmentation de la capacité du sang à coaguler (hypercoagulabilité).

Lorsque ces conditions sont réunies, un caillot peut se former, adhérer à la paroi veineuse puis obstruer progressivement la circulation.

Dans certains cas, une partie du thrombus se détache et est transportée par la circulation sanguine jusqu’aux poumons, provoquant une embolie pulmonaire.

Plusieurs situations favorisent la formation d’un caillot :

  • un alitement prolongé de plus de 48 heures ;
  • une intervention chirurgicale, notamment orthopédique, abdominale ou gynécologique ;
  • une fracture avec immobilisation par plâtre ;
  • la grossesse et les six semaines suivant l’accouchement ;
  • la prise d’une contraception estroprogestative ou d’un traitement hormonal de la ménopause ;
  • l’obésité ;
  • le tabagisme ;
  • certains cancers ;
  • les maladies inflammatoires chroniques ;
  • les longs voyages en avion, en train ou en voiture, particulièrement au-delà de quatre heures ;
  • des antécédents personnels ou familiaux de thrombose.

La présence de plusieurs facteurs de risque augmente significativement la probabilité de développer une thrombose veineuse.

Une phlébite ne provoque pas toujours des symptômes, mais certains signes doivent conduire à consulter rapidement :

  • un gonflement soudain d’une seule jambe ;
  • une douleur du mollet ou de la cuisse, souvent persistante ;
  • une sensation de chaleur ;
  • une rougeur ou une coloration anormale de la peau ;
  • une douleur lors de la palpation du mollet ou de la marche.

Si ces symptômes s’accompagnent d’un essoufflement brutal, d’une douleur thoracique ou d’un malaise, il faut suspecter une embolie pulmonaire et appeler immédiatement les services d’urgence.

La compression élastique constitue l’un des piliers de la prise en charge de l’insuffisance veineuse.

Elle exerce une pression dégressive :

  • maximale au niveau de la cheville ;
  • plus faible au mollet ;
  • encore plus légère au niveau de la cuisse.

Cette pression favorise le retour veineux vers le cœur, limite la stagnation du sang et améliore l’efficacité de la pompe musculaire du mollet.

La compression permet également de :

  • diminuer les œdèmes ;
  • soulager la sensation de jambes lourdes ;
  • réduire les douleurs ;
  • améliorer la microcirculation veineuse et lymphatique.

Le choix dépend de la localisation de l’insuffisance veineuse et de la prescription médicale.

Les chaussettes ou bas-jarrets sont principalement indiqués lorsque les symptômes concernent le mollet.

Les bas-cuisses sont recommandés lorsque les varices remontent au-dessus du genou.

Les collants de compression assurent une contention complète des membres inférieurs et sont particulièrement adaptés lorsque les deux jambes sont concernées ou pendant la grossesse.

La compression est classée selon la pression exercée à la cheville :

  • Classe 1 : prévention et insuffisance veineuse légère ;
  • Classe 2 (15 à 20 mmHg) : la plus prescrite pour les varices symptomatiques ;
  • Classe 3 (20 à 36 mmHg selon les référentiels) : utilisée dans certaines insuffisances veineuses sévères ou après une thrombose, sur prescription médicale ;
  • Classe 4 : réservée à des situations particulières, notamment certains lymphœdèmes.

Le niveau de compression doit toujours être adapté au patient par un professionnel de santé.

Chez les personnes présentant un risque élevé de thrombose, le médecin peut prescrire un traitement anticoagulant.

Ces médicaments empêchent la formation ou l’extension des caillots, notamment :

  • après une intervention chirurgicale ;
  • en cas d’hospitalisation prolongée ;
  • après une fracture immobilisée ;
  • chez certains patients atteints de cancer ;
  • après un épisode de thrombose veineuse.

Ils ne doivent jamais être pris sans prescription médicale en raison du risque de saignement.

Les cures thermales spécialisées en phlébologie peuvent compléter la prise en charge de certaines personnes souffrant d’insuffisance veineuse chronique.

Les soins associent généralement :

  • bains en eau thermale ;
  • marche en piscine ;
  • douches filiformes ou sous pression ;
  • massages sous l’eau selon les indications.

Ces traitements peuvent contribuer à :

  • améliorer le retour veineux ;
  • réduire les œdèmes ;
  • soulager les douleurs ;
  • limiter certaines complications cutanées comme les troubles trophiques.

Ils sont particulièrement proposés chez les patients présentant :

  • une insuffisance veineuse chronique ;
  • des œdèmes persistants ;
  • des séquelles de thrombose veineuse profonde.

En revanche, une cure thermale est contre-indiquée en cas de thrombose aiguë, d’embolie pulmonaire récente ou d’ulcère veineux infecté.

Quelques habitudes simples permettent de protéger durablement la circulation veineuse :

  • marcher au moins 30 minutes par jour ;
  • éviter de rester assis ou debout immobile trop longtemps ;
  • bouger régulièrement les chevilles lors des voyages ;
  • dérouler le pied du talon vers les orteils en marchant afin d’activer la pompe musculaire du mollet ;
  • maintenir un poids de santé ;
  • arrêter de fumer ;
  • boire suffisamment d’eau, surtout en période de fortes chaleurs ;
  • surélever légèrement les jambes lors des périodes de repos ;
  • porter des bas de compression lorsqu’ils sont prescrits.

Consultez rapidement si vous présentez :

  • une jambe soudainement gonflée ;
  • une douleur inhabituelle du mollet ;
  • une rougeur associée à une chaleur locale ;
  • un essoufflement brutal ou une douleur thoracique.

Les personnes souffrant de varices ne développent pas systématiquement une phlébite, mais elles doivent faire l’objet d’un suivi médical régulier afin d’évaluer le risque thrombotique et d’adapter les mesures de prévention.

Les varices ne sont pas uniquement un problème esthétique. Elles traduisent une insuffisance veineuse chronique qui peut favoriser, dans certaines circonstances, la formation d’un caillot sanguin. Si le risque de thrombose veineuse profonde reste relativement faible chez la plupart des personnes ayant des varices, il augmente en présence d’autres facteurs comme une immobilisation, une chirurgie, une grossesse ou certains traitements hormonaux. Une activité physique régulière, le port d’une compression médicale adaptée, une bonne hydratation et une prise en charge précoce permettent de réduire efficacement ce risque.

Mots-clés : Phlébite thrombose, veineuse, profonde, TVP, embolie pulmonaire, varices, insuffisance, circulation, compression, médicale, contention chaussettes, stase, caillot sanguin, triade, Virchow, prévention, anticoagulants, jambes lourdes, œdème, santé vasculaire, cure, thermale phlébologie.

à lire aussi: