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Pastèque : le ministère du Commerce rassure les consommateurs et dément les rumeurs d’intoxication alimentaire

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
12 juillet 2026

Les autorités algériennes se veulent formelles : la consommation de pastèque ne présente aucun danger sanitaire. Face aux nombreuses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux faisant état de supposés cas d’intoxication alimentaire liés à ce fruit très consommé en été, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national appelle au calme et invite les citoyens à s’informer uniquement auprès de sources officielles. Selon le ministère, aucun signalement officiel n’a établi un lien entre la consommation de pastèque et des cas d’intoxication alimentaire. Les services de contrôle poursuivent néanmoins leur mission de surveillance afin de garantir la sécurité des produits alimentaires mis sur le marché.

Invité de la Radio nationale, Noureddine Haridi, directeur central chargé de la qualité et de la promotion du consommateur au ministère du Commerce intérieur, a catégoriquement démenti les informations relayées sur certaines plateformes numériques.

Il affirme que les autorités compétentes n’ont reçu aucune déclaration officielle provenant des services sanitaires ou des organismes de contrôle confirmant que la pastèque serait responsable d’intoxications alimentaires.

Le responsable souligne que les réseaux sociaux diffusent parfois des informations non vérifiées susceptibles d’inquiéter inutilement les consommateurs. Il rappelle que seules les communications émanant des institutions compétentes doivent être prises en considération.

Le ministère appelle les citoyens à consulter exclusivement les informations publiées par les organismes officiels, notamment les services de protection du consommateur, les directions du commerce et les associations agréées.

Des recommandations sont régulièrement mises à disposition sur le site officiel du ministère afin d’informer les consommateurs sur les bonnes pratiques d’achat, de conservation et de consommation des denrées alimentaires, particulièrement durant la période estivale.

Si la pastèque n’est pas mise en cause, le ministère rappelle que certaines intoxications alimentaires peuvent être provoquées par de mauvaises conditions d’hygiène lors de la manipulation ou de la découpe des aliments.

Les consommateurs sont ainsi invités à rester vigilants lors de leurs achats.

Il est notamment recommandé de :

  • acheter les fruits et légumes auprès de commerçants respectant les règles d’hygiène ;
  • éviter les produits découpés et exposés à l’air libre dans des conditions douteuses ;
  • vérifier la propreté des ustensiles utilisés pour la découpe des fruits ;
  • laver soigneusement les fruits avant leur consommation, même lorsqu’ils ne sont pas consommés avec leur peau ;
  • conserver les produits frais au réfrigérateur après découpe et les consommer rapidement.

Le ministère rappelle également que les professionnels de l’alimentation doivent respecter strictement les normes sanitaires afin d’éviter toute contamination.

La sécurité sanitaire des produits alimentaires repose sur un cadre juridique rigoureux.

Noureddine Haridi rappelle que les opérations de contrôle sont encadrées notamment par :

  • la loi n°09-03 relative à la protection du consommateur et à la répression des fraudes ;
  • le décret exécutif n°12-203, qui fixe les règles applicables en matière de sécurité des produits.

Ces textes permettent aux services de contrôle d’intervenir à chaque étape de la chaîne de commercialisation, depuis la production jusqu’au consommateur final.

Le représentant du ministère insiste également sur la qualité des produits agricoles nationaux.

Selon lui, les nombreuses opérations d’exportation réalisées par l’Algérie témoignent du respect des normes sanitaires et de la qualité reconnue des productions locales.

Le ministère réaffirme son soutien aux producteurs algériens et souligne que les contrôles réguliers contribuent à préserver la confiance des consommateurs tout en protégeant l’économie nationale.

L’été constitue une période particulièrement sensible en matière de sécurité alimentaire.

Les fortes températures favorisent le développement des bactéries lorsque les aliments sont mal conservés ou exposés à une rupture de la chaîne du froid.

Pour cette raison, le ministère concentre ses opérations de contrôle sur les produits les plus sensibles :

  • les viandes ;
  • les produits laitiers et les fromages ;
  • les boissons ;
  • les produits réfrigérés ;
  • les établissements de restauration collective et commerciale.

Depuis le 2 juin, une campagne nationale de sensibilisation est menée sous le slogan : « Faisons de l’alimentation saine un mode de vie permanent. »

Cette campagne se poursuivra jusqu’à la fin de la saison estivale afin de rappeler les règles essentielles d’hygiène alimentaire.

Le ministère insiste particulièrement sur le respect de la chaîne du froid. Une simple rupture de température peut favoriser la prolifération de bactéries responsables d’intoxications alimentaires.

Les agents de contrôle disposent désormais d’équipements de détection rapide leur permettant de vérifier les conditions de conservation des aliments tout au long de leur commercialisation.

Les inspections concernent aussi bien les unités de production que les entrepôts, les moyens de transport, les commerces et les restaurants.

L’un des constats les plus marquants concerne les repas organisés lors des cérémonies familiales.

Selon Noureddine Haridi, près de 60 % des intoxications alimentaires enregistrées surviennent lors des fêtes de mariage et autres rassemblements familiaux.

Ces situations sont souvent liées :

  • à une mauvaise conservation des aliments ;
  • au non-respect de la chaîne du froid ;
  • à des préparations réalisées plusieurs heures avant leur consommation ;
  • à des conditions d’hygiène insuffisantes.

Face à ce constat, les services du ministère multiplient les actions de proximité et de sensibilisation auprès des citoyens en collaboration avec les associations de protection du consommateur.

Pour garantir la conformité des produits alimentaires, le ministère s’appuie sur un vaste réseau d’analyses.

Le Centre algérien du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes supervise actuellement :

  • 42 laboratoires officiels répartis sur le territoire national ;
  • 16 nouveaux laboratoires en cours de réalisation ;
  • un réseau numérisé regroupant 261 laboratoires appartenant à différents secteurs ministériels.

À cela s’ajoutent huit laboratoires mobiles, déployés depuis novembre dernier afin de renforcer les capacités d’intervention sur le terrain.

Le ministère mise également sur l’innovation pour améliorer les contrôles. Quatre projets nationaux, pilotés avec la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), sont actuellement en cours.

Leurs résultats sont attendus d’ici fin 2027.

Ces projets concernent notamment :

  • le développement d’emballages intelligents et biodégradables ;
  • l’amélioration de la conservation des aliments ;
  • la mise au point d’équipements de détection rapide des fraudes, en partenariat avec l’Université de Tlemcen ;
  • la création d’un système numérique national d’information sur la qualité des produits ;
  • l’élaboration de protocoles scientifiques permettant de déterminer avec précision la durée de conservation des aliments, en collaboration avec l’Université de Béchar.

Ces innovations doivent permettre de renforcer davantage la sécurité alimentaire tout en valorisant les produits algériens.

Les professionnels de santé rappellent que la majorité des intoxications alimentaires peuvent être évitées grâce à quelques mesures simples :

  • se laver soigneusement les mains avant de préparer ou de consommer un repas ;
  • nettoyer les fruits et légumes sous l’eau potable avant leur consommation ;
  • conserver les aliments périssables entre 0 °C et 4 °C ;
  • ne jamais laisser des aliments cuits plusieurs heures à température ambiante ;
  • éviter la consommation de produits présentant une odeur, une couleur ou une texture inhabituelles ;
  • respecter les dates limites de consommation ;
  • consulter rapidement un médecin en cas de diarrhées importantes, de vomissements répétés, de fièvre élevée ou de signes de déshydratation.

Le ministère du Commerce intérieur affirme qu’aucune donnée officielle ne permet aujourd’hui d’associer la consommation de pastèque aux cas d’intoxication alimentaire évoqués sur les réseaux sociaux. Les autorités invitent les citoyens à faire preuve de vigilance face aux informations non vérifiées et rappellent que la sécurité alimentaire repose avant tout sur le respect des règles d’hygiène, le maintien de la chaîne du froid et la coopération entre les consommateurs, les opérateurs économiques et les services de contrôle. Parallèlement, l’État poursuit le renforcement de ses dispositifs de surveillance, de ses capacités d’analyse et de ses programmes de recherche afin de garantir des produits alimentaires sûrs et conformes aux normes sanitaires.

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