
Une équipe suédo-norvégienne relance l’espoir d’un diagnostic précoce de la maladie de Parkinson grâce à une simple prise de sang. Cette avancée pourrait permettre de repérer la maladie des années avant l’apparition des symptômes moteurs, à condition de détecter les biomarqueurs au bon moment.
Parkinson, une maladie silencieuse et fréquente
La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus courante après Alzheimer. L’Algérie enregistre annuellement un taux de quarante patients atteints de la maladie de Parkinson sur cent mille personnes. Ce chiffre, bien que relativement modeste en apparence, souligne l’importance de la maladie dans le contexte de la santé publique
À ce jour, le diagnostic repose principalement sur l’apparition de troubles moteurs comme les tremblements, la rigidité ou la lenteur des mouvements. Mais au moment où ces symptômes apparaissent, 50 à 80 % des cellules cérébrales concernées sont déjà endommagées ou détruites, rappellent les chercheurs de l’Université de technologie Chalmers, en Suède.
Une phase silencieuse qui peut durer jusqu’à 20 ans
La maladie peut progresser de manière silencieuse pendant jusqu’à vingt ans avant l’apparition des symptômes moteurs. Durant cette phase, certains signes discrets peuvent apparaître :
- trouble du sommeil paradoxal,
- perte d’odorat,
- constipation persistante,
- anxiété ou dépression.
Ces symptômes sont peu spécifiques, ce qui rend difficile un diagnostic précoce sans tests objectifs.
Des biomarqueurs identifiés dans le sang
Dans leur étude publiée dans la revue Nature, les scientifiques ont identifié un motif d’activité génétique spécifique aux patients en début de maladie. Ce motif est absent chez les individus sains ainsi que chez les patients déjà symptomatiques.
« Nous avons trouvé une fenêtre d’opportunité importante pour détecter la maladie avant que les lésions cérébrales responsables des symptômes moteurs n’apparaissent », explique Annikka Polster, principale auteure de l’étude.
Une détection limitée dans le temps
Ces biomarqueurs ne restent mesurables dans le sang que pendant une période limitée. Néanmoins, leur présence ouvre la voie à des tests de dépistage simples, accessibles et économiques. Selon les chercheurs, ces tests pourraient être intégrés à la routine médicale dans environ cinq ans, après validation dans des systèmes de soins.
Perspectives et recommandations
1. Pour la recherche médicale : approfondir la compréhension des mécanismes biologiques précoces de Parkinson pour affiner les tests.
2. Pour les professionnels de santé : surveiller les signes précoces non spécifiques (troubles du sommeil, perte d’odorat, constipation, anxiété) et envisager le dépistage lorsque les biomarqueurs seront disponibles.
3. Pour le grand public : rester attentif à ces signaux discrets et consulter un médecin en cas de symptômes persistants, même avant l’apparition des troubles moteurs.
Cette découverte offre un espoir inédit pour un diagnostic précoce, rapide et peu invasif, qui pourrait révolutionner la prise en charge de la maladie de Parkinson et améliorer significativement la qualité de vie des patients.
Mots-clés : Parkinson, dépistage, précoce, biomarqueurs, sang, neurodégénérative, diagnostic, santé publique,
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