
Une décision récente d’un comité d’experts américains, nommé sous l’administration Trump, relance un débat majeur de santé publique : faut-il continuer à vacciner systématiquement tous les nouveau-nés contre l’hépatite B ? Selon la nouvelle directive, la première dose – habituellement administrée dans les heures suivant la naissance – ne serait désormais recommandée que pour les enfants nés de mères porteuses du virus. Pour les autres, les parents seraient invités à « discuter de l’opportunité du vaccin » avec un professionnel de santé.
Une rupture avec plus de 30 ans de prévention universelle
Depuis trois décennies, les États-Unis appliquaient une stratégie simple :
➡ vacciner tous les nourrissons dès la naissance, quel que soit le statut sérologique maternel, afin d’éviter les infections précoces, souvent silencieuses mais à haut risque d’évolution vers une hépatite chronique.
Ce modèle était considéré par la plupart des sociétés savantes comme la voie la plus sûre pour empêcher la transmission familiale — notamment dans les situations où le statut maternel n’est pas connu, mal documenté ou lorsque la contamination survient après l’accouchement.
La nouvelle recommandation, portée par un comité remanié par le ministre de la Santé vaccinosceptique Robert Kennedy Jr., rompt avec ce consensus.
Des critiques virulentes du corps médical
La réaction des professionnels n’a pas tardé. Plusieurs organisations pédiatriques et infectiologiques dénoncent une directive « dangereuse », estimant qu’elle affaiblit un pilier essentiel de la prévention.
« Cette directive irresponsable et délibérément trompeuse entraînera une augmentation des infections par l’hépatite B chez les nourrissons et les enfants », déplore Susan Kressly, présidente de l’Académie américaine de pédiatrie.
Trois membres du comité ont également voté contre cette décision, évoquant l’absence de fondement scientifique solide.
Des pédiatres ont rappelé un principe fondamental de la médecine : « Ne pas nuire est un impératif moral. En modifiant cette recommandation, nous causons du tort. »
Enjeux médicaux : pourquoi cette vaccination est-elle si importante ?
L’hépatite B est un virus particulièrement dangereux chez les nourrissons :
- 90 % des bébés infectés évoluent vers une infection chronique,
- ce qui augmente fortement le risque de cirrhose, de cancer du foie et d’insuffisance hépatique,
- la contamination peut survenir à la naissance, mais aussi dans les semaines ou mois qui suivent, même lorsque la mère est initialement testée négative.
La vaccination précoce est considérée comme :
✔ sûre,
✔ efficace,
✔ capable de réduire drastiquement la transmission familiale,
✔ et essentielle dans les régions où les tests prénataux ne sont pas infaillibles.
Hépatite B chez le nouveau-né
Qu’est-ce que c’est ?
- Infection virale du foie causée par le virus B (VHB).
- Très contagieuse et peut devenir chronique, entraînant des risques de cirrhose ou cancer du foie plus tard.
Comment le bébé peut-il être infecté ?
- Pendant l’accouchement si la mère est porteuse.
- Rarement pendant la grossesse.
- Après la naissance : contact avec sang, salive, selles, urine.
La plupart des nouveau-nés infectés sont asymptomatiques à la naissance.
Signes possibles
- Jaunisse (peau/yeux jaunes)
- Fatigue ou léthargie
- Retard de croissance
- Abdomen gonflé, selles claires
Les cas graves sont rares mais possibles.
Diagnostic
- Analyses de sang : détection du virus et anticorps, bilan hépatique
- Échographie du foie pour vérifier la structure et la santé du foie
Traitement et prévention
- Vaccin contre l’hépatite B : première dose avant la sortie de maternité
- Immunoglobulines pour les bébés de mères infectées
- Nutrition et suivi pédiatrique
- Doses suivantes selon le calendrier vaccinal
Prévention maternelle
- Dépistage prénatal obligatoire
- Traitement antiviral au 3ᵉ trimestre si nécessaire
À retenir
- L’infection peut être silencieuse mais dangereuse à long terme
- La vaccination et les immunoglobulines protègent efficacement le nouveau-né
- Suivi régulier crucial pour prévenir les complications hépatiques
Recommandations médicales pour les parents
Même dans ce contexte de controverse, les spécialistes restent unanimes sur plusieurs points :
- Ne pas retarder inutilement la vaccination. Plus elle est précoce, plus elle protège contre les formes graves.
- S’assurer du statut maternel, mais garder en tête qu’un test négatif ne protège pas contre une contamination ultérieure.
- Discuter avec un professionnel de santé pour clarifier les risques réels, les bénéfices et les données scientifiques actuelles.
- Éviter les sources d’information non médicales qui peuvent diffuser des messages biaisés ou anxiogènes.
Un débat qui dépasse la technique médicale
Cette décision illustre une tendance plus large : la politisation croissante des politiques vaccinales.
Elle pourrait influencer d’autres pays, créer de la confusion parmi les parents et fragiliser des décennies de progrès dans la prévention des maladies infectieuses.
Beaucoup de spécialistes appellent désormais les autorités fédérales à revenir à une approche fondée sur les preuves, afin de garantir la protection de l’ensemble des nouveau-nés — particulièrement les plus vulnérables.

Hépatite B : l’essentiel à connaître pour se protéger
Qu’est-ce que l’hépatite B ?
L’hépatite B est une infection virale du foie causée par le virus de l’hépatite B (VHB). Elle est très contagieuse, mais largement évitable grâce à la vaccination et à des mesures d’hygiène simples.
Comment se transmet le virus ?
Le VHB se transmet par :
- Le sang : partage d’objets coupants (rasoir, brosse à dents), matériel d’injection, contact avec du sang.
- Les relations sexuelles non protégées (génitales, bucco-génitales, anales).
- La grossesse ou l’accouchement, si la mère est porteuse du virus.
Le virus peut survivre jusqu’à 7 jours à l’air libre.
Quels sont les symptômes ?
Beaucoup de personnes n’ont aucun symptôme. Quand ils apparaissent, on peut observer :
- grande fatigue,
- fièvre,
- nausées, vomissements,
- douleurs abdominales,
- jaunisse (peau et yeux jaunes).
Une forme rare mais grave, l’hépatite fulminante, nécessite une urgence médicale.
Comment savoir si on est contaminé ?
La seule méthode fiable est une prise de sang (sérologie hépatite B). Elle peut se faire :
- dans un laboratoire,
- dans un centre de dépistage des IST (gratuit pour les moins de 26 ans).
Tester au moins 4 semaines après un risque, puis 3 mois plus tard.
Peut-on prévenir l’hépatite B ?
Oui, très efficacement.
✔ 1. Le vaccin
C’est la meilleure protection.
- Obligatoire dès 2 mois chez les enfants nés depuis 2018.
- Efficacité : plus de 98 %.
✔ 2. Les mesures d’hygiène
- Ne jamais partager rasoirs, ciseaux, brosse à dents.
- Utiliser du matériel stérile à usage unique (y compris tatouage et piercing).
✔ 3. La protection sexuelle
Toujours utiliser un préservatif masculin, féminin ou une digue dentaire.
Quels sont les traitements ?
- Hépatite aiguë : pas de traitement antiviral, repos et surveillance médicale.
- Hépatite chronique : traitements antiviraux pour contrôler la maladie.
- Forme fulminante : soins d’urgence, parfois greffe du foie.
Quelles sont les complications possibles ?
En l’absence de prise en charge, une hépatite B chronique peut évoluer vers :
- une cirrhose,
- un cancer du foie.
Avec un suivi médical régulier, ces risques peuvent être fortement réduits.
Quand consulter rapidement ?
- jaunisse,
- fatigue extrême,
- douleurs abdominales intenses,
- vomissements persistants,
- après un rapport sexuel non protégé ou un contact avec du sang.
À retenir
- L’hépatite B est très contagieuse.
- Le vaccin protège efficacement.
- Le dépistage est simple : une prise de sang.
- Les complications peuvent être graves mais évitables grâce au suivi médical.
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