Plus d’une femme enceinte sur quatre continue de fumer, malgré les risques avérés pour sa santé et celle de son futur enfant. Si l’arrêt du tabac est essentiel dès l’annonce de la grossesse, il devrait idéalement intervenir avant même la conception, afin de réduire au maximum les complications. Le tabac est en effet un facteur majeur d’infertilité, de grossesse pathologique et de complications néonatales.
Avant la grossesse : pourquoi arrêter le tabac ?
Un impact direct sur la fertilité
Fumer nuit à la fertilité chez la femme comme chez l’homme, avec un effet encore plus marqué après 30 ans. Chez les hommes, les spermatozoïdes sont souvent moins mobiles, plus anormaux, et leur ADN est altéré. Chez les femmes, le tabac modifie les hormones, altère la glaire cervicale, perturbe le fonctionnement des trompes et réduit les chances de conception. Même le tabagisme passif a un effet mesurable.
Bonne nouvelle : ces effets sont réversibles après l’arrêt du tabac, généralement en quelques semaines.
Un risque accru de grossesse extra-utérine
Fumer augmente considérablement le risque de grossesse extra-utérine, une urgence médicale potentiellement mortelle. Les substances toxiques du tabac perturbent le transport de l’embryon dans les trompes, empêchant son implantation correcte dans l’utérus. On estime qu’un tiers des grossesses extra-utérines sont liées au tabac. Ce risque diminue dès un mois après l’arrêt complet du tabac.
Pendant la grossesse : des dangers multiples
Risques pour la mère
Le tabagisme pendant la grossesse est associé à :
- Un risque de fausse couche multiplié par 1,5 à 3, selon la quantité fumée.
- Des hématomes rétro-placentaires, graves complications qui menacent la vie du fœtus et de la mère.
- Un risque triplé d’accouchement prématuré avant 34 semaines.
Risques pour le fœtus
Fumer réduit l’apport en oxygène au fœtus via deux mécanismes :
- Le monoxyde de carbone empêche le transport normal de l’oxygène par l’hémoglobine.
- La nicotine contracte les artères du placenta et du cordon ombilical.
Conséquences :
- Retard de croissance intra-utérin : les bébés de mères fumeuses pèsent en moyenne 200 g de moins.
- Risque accru de mort fœtale in utero : environ une sur dix serait liée au tabac.
- Malformations congénitales, notamment des fentes labio-palatines, chez les femmes qui fument plus de 20 cigarettes par jour.
Un risque de mort subite du nourrisson
Les bébés exposés au tabac in utero ou après la naissance présentent un risque doublé de mort subite du nourrisson. Le tabac perturbe le système respiratoire et accentue les apnées du sommeil chez le nourrisson.
Et une cigarette de temps en temps ?
Fumer “juste une cigarette” n’est pas anodin. Ces cigarettes sont souvent fumées avec plus d’intensité, exposant le fœtus à des pics de substances toxiques. Même à faibles doses, le tabac affecte la croissance du fœtus. Aucune quantité de tabac n’est sûre pendant la grossesse.
Tabac et allaitement : quels risques ?
Une femme sur deux reprend le tabac après l’accouchement. Pourtant, les substances toxiques du tabac passent dans le lait maternel et peuvent perturber le développement du nourrisson. Le tabac diminue aussi la sécrétion de prolactine, réduisant la production de lait.
Si la mère fume, il est recommandé de ne pas fumer dans l’heure précédant la tétée. Malgré tout, l’allaitement maternel reste préférable au biberon, même si la mère fume, car il protège l’enfant contre certains effets du tabac.
Arrêter de fumer avant et pendant la grossesse est un geste vital pour la santé de la mère et de son enfant. Le tabac compromet la fertilité, augmente les complications pendant la grossesse, nuit au développement du fœtus, et expose le nouveau-né à des risques graves, dont la mort subite. Même une consommation modérée ou passive peut être délétère.
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