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Elle frôle la greffe du foie à cause d’un complément au curcuma

Edité par : Dr Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
16 juillet 2025

New Jersey – États-Unis. Une femme de 57 ans, Katie Mohan, a frôlé la greffe de foie après avoir pris, pendant plusieurs semaines, un complément alimentaire au curcuma. Elle ignorait que ces gélules, présentées comme naturelles et bénéfiques, pouvaient gravement endommager le foie.

Tout a commencé par de légers signes : nausées, douleurs abdominales, urines foncées, fatigue persistante… Au début, Katie ne s’en inquiète pas. Mais quand le blanc de ses yeux jaunit, suivi rapidement par sa peau, elle comprend que son corps tire la sonnette d’alarme.En avril, elle consulte son médecin. Ses analyses sont alors normales. Pourtant, son état se dégrade.

Peu après, un article sur un cas similaire l’éclaire : un homme ayant présenté une hépatite médicamenteuse à cause d’une forte consommation de curcuma. Katie se souvient alors de ses gélules quotidiennes de curcuma et de poivre noir, prises pour soulager ses douleurs articulaires.Elle suivait scrupuleusement les recommandations de l’étiquette : trois gélules par jour, contenant au total 2 250 mg de curcumine, soit une dose bien supérieure aux recommandations de l’OMS, qui fixent une limite de 0 à 3 mg/kg/jour, soit 180 mg pour une personne de 60 kg.

La curcumine, principe actif du curcuma, est connue pour ses propriétés anti-inflammatoires. Mais en forte quantité, elle peut devenir hépatotoxique. Le risque est accru lorsqu’elle est associée à de la pipérine (extrait du poivre noir), qui augmente considérablement sa biodisponibilité – c’est-à-dire sa capacité à passer dans le sang et atteindre les organes.Ce mécanisme, censé rendre le complément plus efficace, peut aussi saturer le foie, qui peine à métaboliser l’excès de curcumine, entraînant une inflammation, des lésions, voire une insuffisance hépatique aiguë.

Devant l’aggravation de ses symptômes, Katie se rend aux urgences. Les examens révèlent une atteinte hépatique sévère. Transférée d’urgence dans un centre spécialisé, elle est hospitalisée avec un risque imminent de transplantation hépatique.« Elle présentait des signes d’hépatite aiguë toxique, et son foie menaçait de lâcher à tout moment », explique le Dr Nikolaos Pyrsopoulos, hépatologue chargé de son suivi.Un cas loin d’être isolé

Le médecin confirme que le complément au curcuma et au poivre noir est la cause de cette hépatite médicamenteuse. Il précise que ce type de cas est de plus en plus fréquent, en raison de l’engouement pour les produits dits “naturels”, souvent perçus – à tort – comme inoffensifs.

Une enquête est en cours. Le produit en question pourrait faire l’objet d’un étiquetage obligatoire sur les risques hépatiques.

Les spécialistes de la santé avaient déjà mis en garde contre les risques associés aux compléments contenant de la curcumine.Elle déconseille leur usage aux personnes souffrant de troubles biliaires et préconise de ne pas dépasser 153 mg par jour pour un adulte de 60 kg. L’agence évoque également des interactions possibles avec certains traitements : anticoagulants, anticancéreux, immunosuppresseurs, qui peuvent voir leurs effets modifiés ou amplifiés par la curcumine.

Ce drame évité de justesse met en lumière les dangers des compléments alimentaires mal dosés ou mal utilisés. Malgré leur image « naturelle », ils peuvent contenir des doses très concentrées de principes actifs, parfois mal tolérées, surtout lorsqu’elles sont rendues plus absorbables par des adjuvants comme la pipérine.

Katie Mohan partage son histoire pour alerter le grand public. Elle appelle à une meilleure réglementation des compléments alimentaires, une transparence accrue sur les étiquettes, et surtout à demander un avis médical avant toute automédication, même avec des produits dits naturels.

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