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Hijama et fertilité féminine : comment les ventouses peuvent accompagner l’équilibre hormonal et le SOPK

Edité par : Dre Khalida Gouasmi | Gynécologue
13 juin 2026

De plus en plus de femmes se tournent vers les approches complémentaires pour soutenir leur fertilité. Parmi elles, la hijama, ou thérapie par ventouses, suscite un intérêt croissant, notamment chez les femmes souffrant de troubles hormonaux ou du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

La hijama peut-elle favoriser la fertilité ?

Cette pratique ancestrale ne constitue pas un traitement médical de l’infertilité. En revanche, elle peut s’intégrer dans une prise en charge globale visant à améliorer le bien-être, réduire le stress et soutenir certaines fonctions physiologiques impliquées dans la reproduction. Son objectif est d’agir sur la circulation sanguine, la détente du système nerveux et l’équilibre général de l’organisme afin de créer un environnement plus favorable à la conception.

Le syndrome des ovaires polykystiques touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Il représente l’une des principales causes d’infertilité féminine.

Cette affection se caractérise généralement par :

  • des cycles menstruels irréguliers ;
  • une ovulation rare ou absente ;
  • une augmentation des hormones androgènes ;
  • une insulinorésistance plus ou moins marquée ;
  • des difficultés à concevoir.

Certaines femmes présentent également de l’acné, une pilosité excessive, une prise de poids ou des troubles métaboliques.

Face à ces symptômes parfois invalidants, de nombreuses patientes recherchent des solutions naturelles capables de compléter leur suivi gynécologique.

Les praticiens de la hijama considèrent que la stimulation de certaines zones du corps peut contribuer à améliorer la circulation locale, réduire les tensions et soutenir les mécanismes naturels de régulation.

Les bénéfices les plus fréquemment rapportés concernent :

  • l’amélioration de la circulation pelvienne ;
  • la diminution du stress chronique ;
  • l’optimisation du confort hormonal ;
  • le soutien de la santé métabolique.

La région pelvienne abrite les ovaires, l’utérus et les principaux vaisseaux impliqués dans la reproduction.

L’application de ventouses provoque une augmentation locale de la microcirculation. Cette stimulation favorise les échanges entre les tissus et améliore l’apport en oxygène ainsi qu’en nutriments.

Une vascularisation optimale est essentielle pour :

  • le développement des follicules ;
  • la maturation de l’endomètre ;
  • la qualité de la muqueuse utérine ;
  • la préparation à une éventuelle implantation embryonnaire.

Un endomètre correctement irrigué constitue l’un des éléments indispensables à la réussite de la nidation.

Le cycle menstruel dépend d’une communication permanente entre le cerveau, l’hypophyse et les ovaires.

Les hormones FSH (hormone folliculo-stimulante) et LH (hormone lutéinisante) jouent un rôle fondamental dans :

  • la maturation des follicules ;
  • le déclenchement de l’ovulation ;
  • la régularité des cycles.

Certaines observations cliniques suggèrent que les techniques de relaxation corporelle pourraient contribuer indirectement à une meilleure régulation neuroendocrinienne en diminuant l’impact du stress chronique.

Toutefois, les données scientifiques actuelles ne permettent pas d’affirmer que la hijama régule directement les taux de FSH ou de LH.

Son action semble davantage liée à une amélioration globale de l’état physiologique et émotionnel.

Le stress chronique influence fortement la santé reproductive.

Lorsque l’organisme reste en état d’alerte prolongé, il produit davantage de cortisol. Cette hormone peut perturber plusieurs mécanismes impliqués dans la fertilité :

  • diminution de la sécrétion de GnRH ;
  • altération de l’ovulation ;
  • perturbation de la phase lutéale ;
  • modification de la glaire cervicale ;
  • baisse de la qualité du sommeil.

Les séances de hijama procurent souvent une sensation de détente profonde. Cette relaxation favorise l’activation du système nerveux parasympathique, également appelé système du repos et de la récupération.

Pour de nombreuses femmes engagées dans un parcours de conception, cette réduction du stress constitue déjà un bénéfice important.

Une aide complémentaire contre l’insulinorésistance

L’insulinorésistance est fréquemment observée chez les femmes atteintes de SOPK.

Elle favorise :

  • la prise de poids ;
  • l’inflammation chronique ;
  • l’augmentation des androgènes ;
  • les troubles de l’ovulation.

Certaines études préliminaires suggèrent que les ventouses pourraient participer à l’amélioration de certains paramètres métaboliques. Toutefois, les preuves restent encore limitées et nécessitent des recherches supplémentaires.

La prise en charge de référence repose toujours sur :

  • une alimentation équilibrée ;
  • l’activité physique régulière ;
  • le contrôle du poids lorsque cela est nécessaire ;
  • le suivi médical spécialisé.

Réduction des symptômes liés à l’excès d’androgènes

Chez certaines femmes souffrant de SOPK, l’excès d’androgènes provoque :

  • de l’acné ;
  • une pilosité excessive ;
  • une chute de cheveux ;
  • des troubles ovulatoires.

En favorisant un meilleur équilibre métabolique et une réduction du stress, la hijama peut accompagner les autres mesures thérapeutiques destinées à améliorer ces symptômes.

Cependant, elle ne remplace ni les traitements hormonaux ni le suivi endocrinologique.

La phase folliculaire : période généralement privilégiée

De nombreux praticiens recommandent d’effectuer les séances entre la fin des menstruations et l’ovulation.

Cette période correspond à la phase folliculaire, durant laquelle :

  • les follicules se développent ;
  • l’endomètre commence à s’épaissir ;
  • l’organisme se prépare à une éventuelle conception.

En revanche, les séances sont généralement évitées pendant les règles ou immédiatement après une procédure médicale de procréation assistée, sauf avis professionnel.

Zones fréquemment utilisées

Les zones de pose varient selon l’évaluation du praticien.

Les plus couramment utilisées sont :

ZoneObjectif principal
Bas du dosSoutien neuro-musculaire
Région sacréeCirculation pelvienne
Bas-ventreApproche locale de la sphère gynécologique
Région hépatiqueSoutien des fonctions métaboliques

Ces localisations sont issues à la fois des traditions thérapeutiques et de l’observation clinique.

Les troubles hormonaux se développent souvent sur plusieurs années. Il est donc peu réaliste d’attendre un changement significatif après une seule séance.

Dans la pratique, certaines femmes réalisent :

  • une séance par cycle ;
  • sur trois à six mois ;
  • en parallèle d’un suivi médical adapté.

Les résultats varient considérablement d’une personne à l’autre selon l’âge, les antécédents, la cause de l’infertilité et l’état de santé général.

La hijama peut parfois être utilisée en complément d’un parcours de procréation médicalement assistée (PMA).

Certaines patientes rapportent :

  • une meilleure gestion du stress ;
  • une diminution de l’anxiété ;
  • un meilleur confort pendant les traitements hormonaux.

Toutefois, toute démarche complémentaire doit être signalée au gynécologue ou au spécialiste de la fertilité afin d’assurer une prise en charge coordonnée et sécurisée.

La hijama ne remplace jamais :

  • une stimulation ovarienne ;
  • une insémination ;
  • une fécondation in vitro (FIV) ;
  • un traitement hormonal prescrit.

Pour garantir la sécurité des séances :

  • choisir un praticien qualifié ;
  • utiliser exclusivement du matériel stérile à usage unique ;
  • respecter les règles d’asepsie ;
  • réaliser un bilan médical préalable en cas d’infertilité.

Certaines situations nécessitent une vigilance particulière :

  • troubles de la coagulation ;
  • traitement anticoagulant ;
  • anémie sévère ;
  • grossesse en cours ;
  • maladies chroniques non stabilisées.

La hijama peut accompagner les déséquilibres fonctionnels, mais elle ne corrige pas certaines causes structurelles d’infertilité telles que :

  • l’obstruction des trompes ;
  • les fibromes volumineux ;
  • l’endométriose sévère ;
  • certaines anomalies génétiques ;
  • les insuffisances ovariennes avancées.

Un bilan gynécologique complet demeure indispensable avant toute démarche thérapeutique.

La hijama occupe aujourd’hui une place croissante dans les approches complémentaires de la santé féminine. Grâce à son action potentielle sur la circulation, la détente nerveuse et le bien-être général, elle peut accompagner certaines femmes souffrant de troubles de la fertilité, notamment dans le contexte du syndrome des ovaires polykystiques.

Bien qu’elle ne puisse être considérée comme un traitement médical de l’infertilité, elle peut constituer un soutien intéressant lorsqu’elle s’intègre à une prise en charge globale associant suivi gynécologique, hygiène de vie, équilibre nutritionnel et gestion du stress.

L’objectif n’est pas de remplacer la médecine reproductive moderne, mais de créer les meilleures conditions physiologiques possibles pour favoriser naturellement le projet de grossesse.

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