Un virus rare mais extrêmement dangereux
Le virus Nipah fait partie des agents infectieux les plus surveillés au monde. Transmis principalement par les chauves-souris frugivores, il peut provoquer chez l’être humain des formes graves de maladie, souvent mortelles. À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre ce virus, classé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) parmi les pathogènes à haut risque épidémique.
Une situation sous surveillance en Inde
Le 23 janvier 2026, les autorités sanitaires indiennes ont confirmé cinq cas de virus Nipah dans l’État du Bengale occidental. En réponse, près de 100 personnes ayant été en contact étroit avec les patients infectés ont été placées en quarantaine et font l’objet d’une surveillance médicale renforcée. Ces mesures visent à limiter toute propagation secondaire du virus.
Un virus d’origine animale, capable de transmission humaine
Le virus Nipah est une zoonose. Il se transmet initialement de l’animal à l’Homme, principalement par :
- les chauves-souris frugivores, réservoir naturel du virus ;
- les porcs, qui peuvent servir d’hôtes intermédiaires.
Mais il peut aussi se propager d’Homme à Homme, notamment par contact direct avec les sécrétions corporelles ou lors de soins prodigués à des personnes infectées. Cette capacité de transmission interhumaine renforce son potentiel épidémique.
Une maladie aux formes cliniques très variables
Selon l’OMS, l’infection à virus Nipah peut se manifester de façon très diverse. Elle peut rester asymptomatique, mais aussi évoluer vers :
- une infection respiratoire aiguë ;
- une atteinte neurologique sévère ;
- une encéphalite mortelle.
L’Organisation mondiale de la santé précise que le taux de létalité est estimé entre 40 % et 75 %, avec des variations importantes selon les flambées, la rapidité du diagnostic et la qualité de la prise en charge médicale.
Des symptômes souvent trompeurs
Dans la majorité des cas, les premiers signes ressemblent à un syndrome grippal banal :
- fièvre élevée ;
- maux de tête ;
- douleurs musculaires ;
- fatigue intense.
Des symptômes respiratoires peuvent également apparaître, comme :
- toux ;
- essoufflement ;
- pneumonie.
Dans les formes graves, l’atteinte neurologique domine. Elle se manifeste par :
- confusion mentale ;
- altération de la conscience ;
- convulsions ;
- coma.
Le caractère non spécifique des symptômes initiaux rend le diagnostic difficile et retarde souvent la prise en charge, ce qui aggrave le pronostic.
Un impact aussi majeur sur les animaux
Le virus Nipah ne touche pas uniquement l’Homme. Il provoque également des formes graves chez certains animaux, notamment le porc. Ces infections entraînent :
- une mortalité élevée dans les élevages ;
- des pertes économiques importantes pour les éleveurs ;
- un risque accru de transmission à l’Homme.
Aucun traitement spécifique à ce jour
Actuellement, aucun traitement curatif ni vaccin n’est disponible, ni pour l’Homme ni pour l’animal. La prise en charge repose exclusivement sur des soins de soutien :
- maintien des fonctions vitales ;
- assistance respiratoire si nécessaire ;
- traitement des complications neurologiques.
Face à cette menace, l’OMS a inscrit le virus Nipah sur la liste des maladies prioritaires dans le cadre de son plan directeur de recherche et développement, afin d’accélérer les travaux sur des traitements et des vaccins.
Réduire le risque de transmission : les recommandations clés
La prévention reste aujourd’hui la seule arme efficace. Pour limiter la transmission de la chauve-souris à l’Homme, l’OMS recommande :
- de restreindre l’accès des chauves-souris à la sève de palmier-dattier ;
- de protéger les sites de collecte avec des dispositifs physiques, comme des jupes de bambou ;
- de faire bouillir le jus de palmier-dattier avant consommation ;
- de laver soigneusement et peler les fruits ;
- de jeter tout fruit partiellement consommé par des chauves-souris.
Pour réduire la transmission animale et interhumaine, il est également conseillé :
- de porter des gants et des vêtements de protection lors des contacts avec des animaux malades ;
- d’éviter tout contact physique rapproché non protégé avec des personnes infectées ;
- de se laver régulièrement les mains après avoir prodigué des soins ou rendu visite à un malade.
Une vigilance internationale indispensable
En raison de son taux de mortalité élevé, de l’absence de traitement et de son potentiel de propagation, le virus Nipah demeure une menace sanitaire mondiale. Les autorités sanitaires insistent sur l’importance :
- d’un diagnostic précoce ;
- d’une surveillance épidémiologique renforcée ;
- d’une coopération internationale étroite.
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