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Pourquoi vous ne finissez jamais votre café ?

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
5 décembre 2025

Chaque matin, le scénario se répète : une tasse de café fumant, quelques gorgées avalées entre deux pensées, puis cette trace sombre au fond du mug, comme un oubli. Vous pensiez simplement manquer d’attention ?

Boire un café est devenu un rituel universel, presque sacré. Du petit café noir du matin à la tasse partagée après le déjeuner, le café ponctue nos journées, symbole de pause, de lien social et de réconfort. Pourtant, beaucoup laissent systématiquement quelques gouttes au fond de la tasse, sans même s’en rendre compte.

Intriguée par cette habitude, Elena Monje, connue sur TikTok sous le pseudonyme @infarmarte, a voulu comprendre ce phénomène. Dans une vidéo devenue virale, la pharmacienne confie d’abord avoir cru à une simple distraction. Mais son enquête l’a menée bien plus loin — jusqu’aux circuits les plus anciens de notre cerveau.

« Il y a quelque chose au fond de la tasse qui me met mal à l’aise », reconnaît la spécialiste. Elle évoque ce moment où le café devient plus froid, plus amer, parfois légèrement granuleux, voire couvert d’un dépôt sombre.

Selon elle, ce malaise n’est pas anodin : il active les circuits cérébraux liés à l’aversion au dégoût, un mécanisme fondamental hérité de l’évolution.

« Le cerveau humain a appris, depuis la préhistoire, à éviter tout ce qui pourrait sembler contaminé ou dangereux, explique-t-elle. Même quand il n’y a aucun risque réel, cette réaction persiste. »

Autrement dit, notre cerveau préfère renoncer à la dernière gorgée plutôt que de prendre le moindre risque, aussi infime soit-il.

Ce qui se joue ici, c’est une aversion automatique : la couleur plus sombre, la texture épaissie ou le goût plus amer du fond de tasse suffisent à déclencher un signal d’alerte.

Sans en avoir conscience, nous percevons cette dernière gorgée comme suspecte. Le résultat ? Un léger blocage, un réflexe d’évitement.

Ce phénomène dépasse largement le café : il se manifeste aussi avec le fond d’un verre de lait, la dernière cuillerée d’un yaourt, ou même les miettes d’un paquet de biscuits. Dans tous ces cas, l’instinct de protection prime sur la logique : le corps dit non avant même que la raison n’intervienne.

Ce réflexe, hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, servait autrefois à nous protéger d’une intoxication ou d’un aliment avarié. Aujourd’hui encore, il demeure un garde-fou biologique.

Même si le café est parfaitement sain, notre cerveau réagit comme si un danger invisible persistait.

« Ces résidus activent les circuits liés au dégoût, un sentiment essentiel à la survie, rappelle Elena Monje. Nous ne sommes pas conscients de ce processus, mais il continue d’agir en arrière-plan. »

Loin d’être un signe de gaspillage, ce petit reste au fond de la tasse révèle une forme de vigilance instinctive, un vestige de notre histoire évolutive.

Alors, la prochaine fois que vous reposerez votre tasse sans la vider tout à fait, inutile de culpabiliser : c’est simplement votre cerveau qui veille, à sa manière, sur votre sécurité.

Mots clés : café ; cerveau ; fond ; tasse ; peur ; gorgé ; goutte ;

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