Un recul encourageant des infections liées aux soins
L’Algérie enregistre une nette amélioration en matière de lutte contre les infections nosocomiales. Selon une enquête nationale récente sur la prévalence des infections associées aux soins (IAS), présentée mercredi à Alger, le taux de ces infections a considérablement diminué, atteignant désormais 6 %, contre des taux bien plus élevés observés lors des précédentes études. Cette baisse témoigne des efforts importants entrepris par les autorités sanitaires pour renforcer la sécurité des soins à l’hôpital.
Une enquête de terrain à large échelle
L’étude a été réalisée par l’Institut national de santé publique (INSP), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a couvert 16 centres hospitalo-universitaires (CHU) répartis dans 12 wilayas du pays. Au total, 5 177 patients hospitalisés ont été examinés pour déterminer la prévalence des infections nosocomiales, souvent contractées pendant un séjour hospitalier à la suite d’un acte médical, chirurgical ou de soins invasifs.
Des résultats encourageants mais une vigilance toujours de mise
Le professeur Abderrezak Bouamra, directeur général de l’INSP, a précisé que cette amélioration est le fruit de l’application rigoureuse de protocoles d’hygiène, de mesures de désinfection, et de programmes de formation du personnel hospitalier. Ces mesures incluent le respect des gestes barrières, la stérilisation du matériel médical, le lavage des mains, l’isolement des patients infectés, et le suivi épidémiologique en temps réel.
Cependant, malgré cette avancée, le taux de 6 % reste supérieur à celui observé dans certains pays à haut niveau de sécurité sanitaire, ce qui invite à poursuivre et renforcer les efforts de prévention.
Antibiotiques : une autre priorité sanitaire
Lors de la même journée, une deuxième enquête a été présentée. Elle portait sur la consommation d’antibiotiques dans cinq CHU d’Alger. Ses résultats ont mis en lumière une utilisation parfois inappropriée, soulignant l’urgence d’harmoniser les pratiques médicales et de promouvoir un usage raisonné des antibiotiques.
Une utilisation excessive ou mal ciblée de ces médicaments favorise le développement de bactéries multirésistantes, rendant certaines infections particulièrement difficiles, voire impossibles à traiter. Le bon usage des antibiotiques, couplé à une surveillance étroite, est donc un levier majeur dans la lutte contre les IAS.
Un engagement renforcé de l’OMS et de l’État algérien
Le représentant de l’OMS en Algérie, M. Phanuel Habimana, a salué ces résultats, qu’il qualifie de levier stratégique pour améliorer la qualité des soins. Il insiste sur la nécessité de renforcer la formation continue du personnel, d’améliorer la surveillance hospitalière et de développer une culture institutionnelle centrée sur la sécurité du patient.
L’OMS réaffirme son soutien au gouvernement algérien pour poursuivre les actions de lutte contre les infections nosocomiales, promouvoir la qualité des soins, et accompagner les établissements hospitaliers dans la mise en œuvre de stratégies durables de prévention.
Mots clés : OMS ; INSP ; Algérie ; santé ; infection ; nosocomiales ;
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