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Hantavirus à bord du MV Hondius : faut-il craindre une nouvelle crise sanitaire ?

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
11 mai 2026

Trois décès, des passagers confinés, une évacuation imminente aux Canaries et un virus rare capable, dans certains cas, de se transmettre entre humains. Depuis plusieurs jours, l’épidémie d’hantavirus détectée à bord du navire de croisière MV Hondius suscite l’inquiétude des autorités sanitaires internationales. Pourtant, malgré la gravité de certains cas, les experts se veulent rassurants : le risque de pandémie reste, à ce stade, très faible.

Le MV Hondius, navire d’expédition polaire battant pavillon néerlandais, doit accoster samedi 9 mai à Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries. À son bord : 147 personnes, dont 88 passagers et 59 membres d’équipage issus de 23 nationalités différentes.

Depuis plusieurs jours, le bateau est placé sous haute surveillance après l’apparition d’un foyer d’hantavirus ayant déjà provoqué la mort de trois passagers : un couple néerlandais et une ressortissante allemande.

Les autorités espagnoles ont annoncé qu’un protocole sanitaire strict serait mis en place dès l’arrivée du navire. Les passagers resteront confinés à bord jusqu’à l’organisation de leur rapatriement aérien.

Plusieurs équipes médicales supplémentaires ont également été déployées afin d’assurer le suivi sanitaire des voyageurs pendant la traversée.

Le terme hantavirus désigne une famille de virus principalement transmis par certains rongeurs sauvages, notamment les souris et les rats.

L’être humain est généralement contaminé de manière accidentelle après avoir inhalé des particules microscopiques présentes dans :

  • les urines de rongeurs ;
  • leurs excréments ;
  • leur salive ;
  • ou des poussières contaminées.

La contamination peut également survenir lors du nettoyage de lieux fermés ou mal ventilés infestés par des rongeurs.

Les spécialistes distinguent principalement deux grands types d’infections à hantavirus.

Les hantavirus de “l’Ancien Monde”

Présents en Europe, en Asie et en Afrique, ils provoquent surtout une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR).

Cette maladie peut entraîner :

  • une forte fièvre ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des troubles rénaux sévères ;
  • des hémorragies ;
  • une insuffisance rénale aiguë.

Le taux de mortalité varie généralement entre 5 et 15 %.

Les hantavirus du “Nouveau Monde”

Observés principalement en Amérique du Sud et du Nord, ils provoquent un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), beaucoup plus grave.

Cette forme peut entraîner :

  • une détresse respiratoire sévère ;
  • un œdème pulmonaire ;
  • une insuffisance respiratoire aiguë.

Le taux de mortalité peut atteindre 35 à 50 % dans les formes sévères.

Selon les autorités sud-africaines et plusieurs laboratoires européens, la souche détectée chez certains passagers serait le virus Andes, une variante rare identifiée en Amérique du Sud.

Cette souche présente une particularité importante : contrairement à la majorité des hantavirus, elle peut exceptionnellement se transmettre d’un humain à un autre.

Cependant, les infectiologues rappellent que cette transmission reste rare et nécessite généralement :

  • un contact rapproché ;
  • des échanges prolongés ;
  • une proximité familiale ou conjugale importante.

Les experts précisent qu’il ne s’agit pas d’un virus respiratoire hautement contagieux comme le Covid-19.

Même si le risque global est jugé faible, plusieurs éléments poussent les autorités sanitaires à maintenir une vigilance renforcée.

Une longue période d’incubation

L’hantavirus peut mettre entre une et huit semaines avant de provoquer des symptômes.

Cette caractéristique complique :

  • l’identification du lieu exact de contamination ;
  • le traçage des cas contacts ;
  • la surveillance épidémiologique.

Des passagers internationaux

Le navire transporte des voyageurs provenant de nombreux pays. Plusieurs personnes ont déjà quitté le bateau avant le confinement total, ce qui oblige les autorités sanitaires à rechercher d’éventuels cas contacts à travers différents territoires.

Une transmission encore mal comprise

Les scientifiques ignorent encore :

  • le nombre exact de personnes infectées ;
  • le mode précis de contamination initiale ;
  • ou si des transmissions interhumaines se sont réellement produites à bord.

Plusieurs hypothèses sont actuellement étudiées.

Une exposition lors d’escales

Le navire effectuait une croisière d’expédition en Antarctique et en Amérique du Sud, avec plusieurs escales dans des régions où certains rongeurs sauvages peuvent être porteurs du virus.

Des passagers auraient pu être contaminés lors d’activités terrestres ou d’excursions.

Une contamination à bord

Une autre possibilité évoquée concerne la présence de rongeurs dans certaines zones techniques ou de stockage du navire.

Même une faible infestation pourrait suffire à contaminer l’air ambiant dans des espaces confinés.

Les premiers signes ressemblent souvent à une grippe classique, ce qui rend le diagnostic difficile au début.

Les symptômes peuvent inclure :

  • une forte fièvre ;
  • des douleurs musculaires ;
  •  des maux de tête ;
  • une grande fatigue ;
  • des nausées ;
  • des troubles digestifs.

Dans les formes sévères, la maladie peut évoluer rapidement vers :

  • une détresse respiratoire ;
  • une insuffisance rénale ;
  • des complications hémorragiques.

Il n’existe actuellement :

  • ni traitement antiviral spécifique ;
  • ni vaccin universel contre l’hantavirus.

La prise en charge repose principalement sur des soins de soutien :

  • oxygénothérapie ;
  • assistance respiratoire ;
  • réanimation ;
  • dialyse dans les formes rénales sévères.

Les médecins insistent sur un point essentiel : une prise en charge précoce améliore fortement les chances de survie.

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le risque mondial reste actuellement “faible”.

Les experts rappellent plusieurs éléments rassurants :

  • les hantavirus circulent difficilement entre humains ;
  • les cas restent rares ;
  • les contaminations nécessitent souvent des conditions très spécifiques ;
  • le virus ne possède pas la contagiosité d’un virus respiratoire classique.

Les autorités sanitaires européennes et américaines ne recommandent actuellement aucune restriction de voyage particulière.

Les spécialistes rappellent plusieurs mesures simples pour réduire le risque d’exposition :

  • éviter le contact avec les rongeurs sauvages ;
  • porter un masque lors du nettoyage de lieux fermés infestés ;
  • humidifier les surfaces avant nettoyage pour éviter les poussières contaminées ;
  • se laver soigneusement les mains ;
  • conserver les aliments dans des contenants hermétiques.

Malgré l’émotion provoquée par les décès à bord du MV Hondius, les infectiologues restent prudents mais rassurants.

À ce stade, rien n’indique l’apparition d’une crise sanitaire mondiale comparable au Covid-19. L’épisode rappelle toutefois l’importance de la surveillance épidémiologique internationale et de la rapidité des réponses sanitaires face aux maladies émergentes.

À SAVOIR Le nom “hantavirus” provient de la rivière Hantan, située en Corée du Sud. Le virus a été identifié pour la première fois dans cette région dans les années 1970 chez des soldats présentant de graves syndromes hémorragiques.

Mots clés : hantavirus ; virus ; épidémiologique ; santé ; OMS ; Europe ; navire ; rongeurs,

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