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Covid long : cette habitude quotidienne augmente nettement le risque, selon une vaste étude japonaise

Edité par : Dr Imad BOUARISSA | Docteur en médecine
27 janvier 2026

Alors que le Covid long continue de toucher des millions de personnes dans le monde, la recherche progresse pour en identifier les facteurs de risque. Une étude japonaise récente met en lumière une habitude bien connue pour ses effets nocifs : la consommation de tabac. Selon ces travaux, fumer augmenterait significativement le risque de développer des symptômes persistants après une infection au Covid-19.

Cette découverte a été réalisée par une équipe de chercheurs de l’École supérieure de médecine de l’Université métropolitaine d’Osaka, au Japon. Leur objectif : analyser le lien entre les différentes formes de tabagisme et la survenue de symptômes caractéristiques du Covid long.

L’enquête s’est déroulée à l’échelle nationale et a inclus près de 34 000 participants, dont 5 068 personnes ayant des antécédents confirmés de Covid-19. Les chercheurs ont ensuite classé les participants en cinq groupes distincts :

  • non-fumeurs ;
  • anciens fumeurs ;
  • consommateurs de cigarettes combustibles ;
  • utilisateurs de produits de tabac chauffé ;
  • utilisateurs mixtes (cigarettes classiques et tabac chauffé).

Cette segmentation fine a permis d’évaluer précisément l’impact de chaque type de consommation sur la santé à long terme.

Les résultats sont sans appel. Les fumeurs actuels se sont révélés plus susceptibles de souffrir de plusieurs symptômes persistants associés au Covid long. Parmi les manifestations les plus fréquemment observées figurent :

  • douleurs thoraciques ;
  • essoufflement ;
  • douleurs articulaires ;
  • altération de l’odorat ;
  • troubles respiratoires prolongés.

Ces symptômes, bien documentés dans le Covid long, peuvent persister plusieurs mois après l’infection et altérer durablement la qualité de vie.

Contrairement à certaines idées reçues, les chercheurs ont constaté que les cigarettes combustibles et le tabac chauffé entraînaient des symptômes comparables. Dans les deux groupes, les participants rapportaient notamment :

  • les mêmes troubles respiratoires ;
  • une fatigue persistante ;
  • un goût amer dans la bouche, symptôme fréquemment signalé après une infection.

Cependant, des différences spécifiques ont été observées.

Chez les consommateurs de tabac chauffé, les scientifiques ont relevé une prévalence plus élevée de :

  • symptômes d’essoufflement ;
  • troubles respiratoires à l’effort ;
  • dysfonctionnements sexuels, possiblement liés à des atteintes vasculaires ou inflammatoires.

Ces résultats interrogent l’idée selon laquelle le tabac chauffé serait une alternative « moins nocive » pour la santé.

Les participants utilisant à la fois cigarettes classiques et tabac chauffé présentaient les formes les plus sévères de Covid long. Ce groupe cumulait un plus grand nombre de symptômes et une intensité plus marquée, suggérant un effet cumulatif du tabagisme sur les mécanismes inflammatoires et respiratoires post-infection.

Selon les auteurs, cette étude démontre que les habitudes de consommation de tabac influencent directement la survenue et la gravité du Covid long. Les personnes consommant plusieurs formes de tabac présentent une corrélation plus forte avec un nombre élevé de symptômes persistants.

Ces données renforcent l’idée que le tabagisme fragilise durablement les voies respiratoires, le système immunitaire et les mécanismes de réparation de l’organisme.

Le professeur Kazuhisa Asai, auteur principal de l’étude, précise que ses équipes prévoient désormais d’examiner :

  • les mécanismes biologiques sous-jacents ;
  • la relation causale directe entre tabagisme et Covid long ;
  •  le rôle de l’inflammation chronique induite par le tabac.

Il espère que ces résultats pourront être intégrés aux politiques de santé publique et à la pratique clinique, notamment dans la prise en charge des patients à risque.

Les professionnels de santé rappellent plusieurs points essentiels :

  • arrêter ou réduire le tabac diminue les risques de complications post-Covid ;
  • toute persistance de symptômes respiratoires, articulaires ou neurologiques après une infection doit conduire à une consultation médicale ;
  • les fumeurs ayant eu le Covid devraient bénéficier d’un suivi renforcé ;
  • l’arrêt du tabac améliore la récupération pulmonaire et réduit l’inflammation chronique.

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