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Cancer du sein : faut-il se méfier des huiles de cuisson ?

Edité par : Dr Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
7 octobre 2025

Certaines huiles riches en oméga-6 pourraient influencer le risque de cancer du sein, selon une étude récente. Faut-il revoir nos habitudes culinaires ou simplement mieux choisir nos huiles ?

C’est le cancer le plus fréquent chez la femme. Chaque année, plus de 60 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France.

Si les causes du cancer du sein sont multiples — âge, hérédité, hormones, surpoids, environnement — l’alimentation reste un levier essentiel de prévention.

Une étude publiée en mars 2025 dans la revue Science attire l’attention sur un élément de notre quotidien : les huiles de cuisson.

Les chercheurs y décrivent un lien potentiel entre une consommation excessive d’acide linoléique, un acide gras polyinsaturé présent dans certaines huiles végétales, et un risque accru de cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive et difficile à traiter.

L’alimentation influence le risque de cancer du sein, et cela ne fait plus débat aujourd’hui

Selon les spécialistes, le cancer est une maladie multifactorielle. Si on ne peut pas agir sur la génétique ou l’âge, on peut agir sur ce que l’on mange.

Les régimes méditerranéens ou végétariens équilibrés réduisent significativement les risques, alors qu’une alimentation riche en graisses saturées, alcool et produits ultra-transformés les augmente.

C’est pourquoi les nutritionnistes insistent sur trois axes simples :

  • limiter les graisses saturées,
  • privilégier les fruits, légumes et fibres,
  • réduire l’alcool et les produits industriels.

L’étude de 2025 ne vise pas à diaboliser les huiles, mais à rappeler une réalité biochimique : l’excès d’oméga-6, dont fait partie l’acide linoléique, crée un terrain inflammatoire chronique.

Cette inflammation persistante fragilise l’organisme et favorise la progression de certaines cellules cancéreuses.

L’acide linoléique est indispensable, mais son excès déséquilibre le rapport entre oméga-6 et oméga-3. Dans les sociétés occidentales, ce déséquilibre est massif : nous consommons dix à quinze fois plus d’oméga-6 que d’oméga-3.

Résultat : une cascade d’effets métaboliques — dérégulation hormonale, stress oxydatif, micro-inflammations — qui peut favoriser le développement de cancers inflammatoires ou hormono-indépendants.

Le cancer du sein triple négatif reste le modèle le plus étudié, mais ce déséquilibre lipidique pourrait aussi influencer d’autres tumeurs :

  • cancers de la prostate, plus agressifs en cas d’excès d’oméga-6,
  • cancers digestifs (foie, côlon), sensibles à l’inflammation,
  • cancers du pancréas et de l’estomac, encore en étude.

Ces liens n’impliquent pas que les huiles soient « cancérigènes » en soi, mais qu’elles peuvent, en excès et sur le long terme, créer un environnement biologique propice à certaines mutations.

Tous les acides gras ne se valent pas.

  • Les oméga-3 (huile de colza, noix, lin, poissons gras) sont anti-inflammatoires et protecteurs du cœur et du cerveau.
  • Les oméga-9 (huile d’olive, avocat) sont neutres et bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
  • Les oméga-6 (huiles de tournesol, maïs, soja, pépins de raisin) sont essentiels, mais doivent rester modérés.

L’idéal ?

  • Maintenir un rapport de 4 pour 1 entre oméga-6 et oméga-3,

Ce déséquilibre s’explique par la surconsommation d’aliments industriels, de plats préparés et de snacks contenant des huiles bon marché riches en oméga-6.

Pas question de tout interdire.

Le but n’est pas de diaboliser, mais de rééquilibrer, insistent les chercheurs.

Les huiles de tournesol, de maïs ou de pépins de raisin peuvent rester dans la cuisine — à condition d’être utilisées avec mesure et de les alterner avec des huiles riches en oméga-3 ou oméga-9.

En pratique :

  • huile d’olive ou d’arachide pour la cuisson,
  • huile de colza, lin ou noix pour les assaisonnements,
  • éviter la réutilisation des huiles de friture,
  • et ne jamais chauffer une huile jusqu’à ce qu’elle fume.

Chauffer une huile au-delà de son point de fumée entraîne la formation de composés nocifs comme l’acrylamide ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), tous deux potentiellement cancérogènes.

Il est donc recommandé de :

  • privilégier les cuissons douces (vapeur, mijotage, papillote),
  • ne jamais réutiliser l’huile plusieurs fois,
  • conserver les huiles sensibles à l’abri de la lumière et de la chaleur,
  • et réserver les huiles riches en oméga-3 (colza, noix, lin) à l’usage cru.

Bon à savoir : les oméga-3 contenus dans les poissons (sardine, truite, maquereau) résistent bien à la cuisson au four ou au micro-ondes.

1. Variez vos sources de graisses. Alternez les huiles végétales pour maintenir un bon équilibre oméga-3 / oméga-6.

2. Favorisez les poissons gras. Deux portions par semaine suffisent pour améliorer ce ratio.

3. Privilégiez les cuissons douces et évitez toute huile qui commence à fumer.

4. Surveillez les produits transformés, souvent riches en graisses cachées et en oméga-6 industriels.

5. Ne bannissez pas les huiles, mais apprenez à les utiliser au bon moment et à la bonne température.

6. Associez alimentation et hygiène de vie : activité physique, poids stable, dépistage régulier, modération de l’alcool et du tabac.

Le lien entre certaines graisses et le cancer du sein doit inviter à la réflexion, non à la panique.

Ce n’est pas une question de bannir, mais d’équilibrer. L’alimentation est un outil de prévention puissant, mais elle ne remplace pas le dépistage ni la vigilance médicale.

Nos habitudes culinaires racontent une époque : celle de la rapidité, du goût immédiat et des recettes industrielles. Mais dans chaque assiette, il y a aussi un pouvoir silencieux — celui de prévenir, de protéger, de guérir parfois. Et si, finalement, cuisiner devenait le premier acte de santé publique ?

Mots clés : cancer ; sein ; soin ; huile ; cuisine ; alimentation ; oméga ; cuisson ;

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