
Depuis quelques années, un médicament fait figure de révolution dans la prise en charge de l’obésité et du diabète. Ses effets sur la perte de poids sont jugés spectaculaires. Pourtant, une fois arrêté, ce traitement pourrait provoquer une reprise pondérale rapide et importante, avec des conséquences métaboliques préoccupantes.
Le revers méconnu d’un traitement pris par des millions de patients
Des experts alertent aujourd’hui sur les limites de cette molécule, largement prescrite à travers le monde.
Un médicament aux effets impressionnants
Ce traitement suscite un engouement sans précédent. Il permet une perte de poids rapide et significative, tout en améliorant plusieurs paramètres de santé.
Les études scientifiques et les observations cliniques convergent. Le médicament :
- régule la glycémie,
- améliore le profil lipidique,
- réduit la tension artérielle,
- et diminue significativement le poids corporel.
Pour de nombreux patients, il représente une solution efficace face à l’obésité et aux troubles métaboliques associés.
Un problème majeur lors de l’arrêt du traitement
Selon une analyse récente menée par des chercheurs spécialisés dans l’obésité et les maladies métaboliques, les bénéfices observés sous traitement ne se maintiennent pas après son arrêt.
Le constat est clair : la prise de poids reprend rapidement, parfois dès les premières semaines, même chez des patients adoptant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Des effets métaboliques qui s’inversent
Plus la reprise de poids est importante, plus les bénéfices acquis pendant le traitement disparaissent.
Les auteurs de l’étude, publiée dans JAMA Internal Medicine, observent une détérioration rapide de plusieurs indicateurs de santé :
- augmentation du tour de taille,
- remontée de la tension artérielle,
- dégradation des paramètres du diabète,
- perte du contrôle glycémique.
Autrement dit, les améliorations métaboliques obtenues sous traitement sont étroitement dépendantes de sa poursuite.
Quel est ce médicament ?
Le médicament en question est le tirzepatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro®.
Il appartient à la classe des agonistes des récepteurs du GLP-1, au même titre que :
- l’Ozempic®,
- le Wegovy®.
Ces molécules agissent sur les hormones de la satiété, réduisent l’appétit et améliorent la sensibilité à l’insuline.
Une perte de poids spectaculaire… mais conditionnée
Le tirzepatide permet une perte de poids moyenne d’environ 20 % en un an, précisent des spécialistes.
Concrètement, une personne de 80 kilos peut perdre jusqu’à 16 kilos en douze mois, pour atteindre 64 kilos. Des résultats rarement observés avec les approches classiques.
Cependant, cette perte de poids n’est pas durable en l’absence de traitement, ce qui pose la question de son usage à long terme.
Un succès fulgurant, surtout aux États-Unis
Depuis leur arrivée sur le marché au début des années 2020, ces médicaments connaissent une croissance explosive, notamment aux États-Unis.
Dans ce pays, la prescription est très large. Un simple surpoids associé à un cholestérol légèrement élevé peut suffire à obtenir une ordonnance.
En Algérie, le cadre est plus strict :
- prescription réservée aux patients diabétiques,
- ou aux personnes avec un IMC supérieur à 35,
- contre 27 aux États-Unis.
Des inconnues sur le long terme
- Malgré ces limites, les spécialistes restent prudent mais optimiste.
- Il estime que cette classe thérapeutique « a quelque chose de très spécial à offrir », tant pour les patients individuellement que pour la santé publique.
Néanmoins, les effets à long terme, notamment en cas de traitement prolongé ou d’arrêt répété, restent encore insuffisamment connus.
Recommandations médicales essentielles
Les professionnels de santé insistent sur plusieurs points clés :
- Ne jamais commencer ce traitement sans indication médicale claire
- Respecter strictement la posologie prescrite
- Ne jamais interrompre le traitement sans avis médical
- Éviter toute commande sur Internet ou circuit non officiel
- Associer le traitement à une prise en charge nutritionnelle et comportementale
Chez certains patients, un arrêt progressif, encadré médicalement, pourrait être envisagé afin de limiter la reprise de poids.
Un traitement efficace, mais pas une solution miracle
Le tirzepatide et les autres agonistes du GLP-1 représentent une avancée majeure dans le traitement de l’obésité et du diabète. Mais ils ne remplacent ni les changements de mode de vie, ni un suivi médical à long terme.
Cette réalité rappelle une vérité fondamentale : la perte de poids médicamenteuse reste fragile lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une stratégie durable.
Un espoir thérapeutique, oui. Une solution définitive, pas encore.
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