Une étude massive met en lumière un risque accru

L’apnée obstructive du sommeil (AOS) n’est pas qu’une gêne nocturne. Une vaste étude américaine, menée sur 11 millions de vétérans suivis entre 1999 et 2022, révèle que ce trouble respiratoire double le risque de développer la maladie de Parkinson lorsqu’il n’est pas traité. Publiée dans JAMA par l’Université de Washington, cette recherche renforce l’alerte sur les conséquences neurologiques à long terme d’une mauvaise oxygénation nocturne.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

L’AOS se caractérise par des arrêts temporaires de la respiration pendant le sommeil. Ces pauses provoquent des chutes de taux d’oxygène dans le sang, une situation appelée hypoxie intermittente. À long terme, cette privation chronique d’oxygène exerce une pression sur les neurones et peut contribuer à leur dégénérescence.
Un lien direct avec la neurodégénérescence

Les chercheurs suspectent que les baisses répétées d’oxygène affectent le fonctionnement neuronal. Comme le souligne le Dr Lee Neilson, auteur principal de l’étude : « Si vous cessez de respirer et que votre taux d’oxygène chute, vos neurones ne fonctionnent probablement pas de manière optimale. »
Cette perturbation chronique pourrait expliquer pourquoi les personnes souffrant d’apnée non traitée présentent un risque deux fois plus élevé de Parkinson.
La maladie de Parkinson dans le monde

La maladie de Parkinson est un trouble neurologique progressif.Le risque augmente avec l’âge, surtout après 60 ans, ce qui en fait une préoccupation majeure de santé publique pour la population vieillissante.
En 2021, près de 12 millions de personnes étaient concernées à travers le monde, chiffre initialement prévu pour 2040. D’ici à 2050, le nombre de malades devrait atteindre 25,2 millions1, soit une hausse de 112% par rapport à 2021.
Si le vieillissement de la population reste le principal facteur à l’origine de l’augmentation des cas de maladie de Parkinson et devrait contribuer à 89% de sa prévalence d’ici à 2050, le facteur environnemental a également une part de responsabilité indéniable.
Le rôle de l’exposition aux pesticides dans le développement de la maladie a notamment été mis en évidence depuis longtemps et favorise son augmentation. Le principe de précaution, et la prévention doivent être des priorités absolues pour ralentir la progression du nombre de personnes malades.
L’importance du traitement par CPAP

La bonne nouvelle : le traitement de l’apnée du sommeil peut limiter ce risque. Les appareils de ventilation en pression positive continue (CPAP) maintiennent les voies respiratoires ouvertes pendant la nuit. Les patients rapportent :
- une meilleure qualité de sommeil,
- une diminution de la fatigue diurne,
- et, selon l’étude, une réduction du risque de Parkinson.
Le Dr Neilson insiste :« Si davantage de patients savaient que le traitement peut réduire le risque de maladie de Parkinson, ils accepteraient plus facilement de suivre leur traitement. »
Recommandations médicales
Pour prévenir les complications liées à l’apnée du sommeil :
- Consulter un spécialiste dès l’apparition de ronflements intenses, de pauses respiratoires ou de fatigue diurne persistante.
- Réaliser un examen du sommeil, comme la polysomnographie, pour confirmer le diagnostic.
- Utiliser régulièrement le CPAP si prescrit, même si les symptômes semblent légers.
- Adopter un mode de vie sain : activité physique régulière, contrôle du poids, limitation de l’alcool et du tabac, qui aggravent l’apnée.
- Suivi neurologique chez les patients à risque ou âgés pour dépister précocement les signes de Parkinson.
L’apnée du sommeil n’est pas une simple gêne nocturne. Non traitée, elle représente un risque sérieux pour le cerveau, doublant le risque de maladie de Parkinson. Le traitement précoce, associé à un suivi médical régulier et à des mesures de prévention, peut protéger les neurones et améliorer la qualité de vie.
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