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Allergies respiratoires : bientôt un traitement grâce aux microbes ?

Edité par : Dre. Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
6 avril 2026

En Algérie, un grand nombre de la population souffre d’une maladie allergique, les allergies respiratoires étant les plus fréquentes. Avec l’arrivée du printemps, le pollen accentue souvent les symptômes. Mais une découverte majeure des chercheurs de l’Institut Pasteur (France) ouvre la voie à de nouvelles thérapies préventives.

Selon l’étude publiée le 3 mars 2026 dans Nature Immunology, exposer le poumon à des fragments de microbes permettrait de bloquer les réactions allergiques ultérieures, et ce pendant plusieurs mois.

L’équipe, dirigée par Gérard Eberl et Lucie Peduto, a testé cette approche sur des souris. Elles ont reçu dans leurs poumons des fragments de virus ou bactéries incapables d’infecter l’organisme. Cette exposition déclenche une réponse immunitaire de type 1, celle que le corps utilise naturellement contre les microbes.

Lorsque les souris étaient confrontées à un allergène après cette exposition, elles étaient protégées pendant au moins six semaines, sans développer de réaction allergique excessive.

Fait surprenant : la préexposition aux microbes seule, sans allergène simultané, offrait une protection prolongée pendant plus de trois mois. Comme l’explique Lucie Peduto : « La bouillie de microbes calme le poumon. Il apprend à ne pas réagir de manière excessive aux stimuli extérieurs. »

Cette découverte ouvre la possibilité de traitements prophylactiques pour prévenir les allergies avant qu’elles ne se manifestent.

La nouveauté scientifique majeure est que la protection ne dépend pas directement des cellules immunitaires, mais des fibroblastes, les cellules structurantes du poumon.

  • Ces cellules soutiennent la structure pulmonaire, participent à la cicatrisation et dirigent les cellules immunitaires.
  • L’exposition aux fragments de microbes entraîne une modification épigénétique du gène Ccl11 dans les fibroblastes.
  • Cette modification persiste pendant des mois, offrant une mémoire tissulaire durable.

Amy Blondeau, co-première auteure de l’étude, précise : « Les fibroblastes restent dans le poumon, contrairement aux cellules immunitaires qui circulent et disparaissent après l’inflammation. Cela permet une protection prolongée contre les allergies. »

Cette découverte permet aux chercheurs de cibler les fibroblastes, plutôt que de se concentrer uniquement sur le système immunitaire. Les implications sont nombreuses :

  • Développement de traitements prophylactiques pour les allergies respiratoires et l’asthme.
  • Possibilité d’une mémoire à long terme contre les allergènes, réduisant l’intensité des réactions.
  • Potentiel pour limiter les traitements médicamenteux classiques, souvent symptomatiques mais non préventifs.

Prochaine étape : les tests sur l’homme. Si les résultats sont confirmés, cette approche pourrait révolutionner la prévention et le traitement des allergies.

  • Surveiller régulièrement ses symptômes respiratoires, surtout au printemps.
  • Consulter un allergologue en cas de crises fréquentes ou d’aggravation.
  • Continuer à suivre les mesures classiques de prévention : limiter l’exposition aux pollens et allergènes domestiques.
  • Se tenir informé des avancées scientifiques pour bénéficier de nouvelles thérapies préventives dès leur disponibilité.

Mots-clés : allergies, asthme, microbiome, poumon, fibroblastes, immunité, prévention, traitement, prophylactique,

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