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Refus scolaire : pourquoi certains enfants ne veulent-ils plus retourner à l’école ?

Edité par : Djenat Yakoubi | Psychologue clinicienne
9 septembre 2026

À l’approche de la rentrée, certains enfants manifestent une inquiétude passagère. D’autres refusent catégoriquement de retourner en classe. Pleurs, maux de ventre, difficultés à dormir, crises au moment de partir… Ces réactions peuvent avoir des causes très différentes. Pour les parents, l’enjeu est de comprendre ce qui se cache derrière le refus, sans banaliser la souffrance ni transformer chaque matin en rapport de force.

La rentrée représente un changement important pour un enfant. Après plusieurs semaines passées en famille, il doit retrouver un rythme plus structuré, reprendre les apprentissages et accepter de nouvelles séparations.

Chez les plus jeunes, cette transition peut être particulièrement difficile.

Mais lorsque le refus persiste, s’intensifie ou s’accompagne de symptômes physiques ou émotionnels importants, il est nécessaire de rechercher ce qui se passe réellement.

Pour certains enfants, le problème est avant tout lié à la séparation avec leurs parents.

Cette réaction est particulièrement fréquente chez les jeunes enfants, notamment au cours des premières années de vie. L’angoisse de séparation correspond à une inquiétude ressentie lorsque l’enfant se retrouve éloigné des personnes qui constituent ses principales figures d’attachement.

Le jeune enfant ne possède pas encore les mêmes capacités de compréhension du temps et de la séparation qu’un enfant plus âgé.

Lorsqu’un parent quitte la pièce ou l’établissement scolaire, il peut vivre cette absence comme beaucoup plus importante qu’elle ne l’est réellement.

La rentrée peut alors réactiver cette inquiétude.

Après des vacances passées avec ses parents, l’enfant peut simplement ne pas vouloir retrouver la séparation quotidienne.

Ce refus ne signifie pas nécessairement qu’il déteste l’école. Il peut surtout traduire la difficulté à quitter ceux auprès desquels il se sent en sécurité.

Face aux pleurs ou à l’angoisse, la première réaction des parents consiste souvent à multiplier les explications.

Il est pourtant préférable de rester simple et rassurant.

On peut rappeler à l’enfant qu’il retrouvera ses camarades, qu’il pourra jouer, apprendre et participer à différentes activités. Il est également utile de lui rappeler que ses parents reviendront le chercher ou qu’ils seront présents à la fin de la journée.

Le message doit être clair :

  • « Tu vas à l’école, nous allons nous séparer pendant quelques heures, puis nous nous retrouverons. »

Il faut éviter les longues négociations chaque matin.

Plus le départ devient un événement interminable, plus l’enfant peut associer l’école à une situation exceptionnelle et inquiétante.

Un rituel de séparation court, stable et prévisible peut au contraire aider.

Rassurer ne signifie pas garantir que tout sera toujours agréable.

Dire à l’enfant qu’il « ne se passera jamais rien de désagréable » n’est pas réaliste.

Il peut avoir une journée difficile, se disputer avec un camarade, recevoir une remarque d’un enseignant ou ne pas comprendre un exercice.

L’objectif est plutôt de lui transmettre un sentiment de sécurité :

  • « Même si quelque chose est difficile, tu peux en parler à un adulte et nous pourrons chercher une solution. »

Cette approche permet à l’enfant de développer progressivement ses propres capacités d’adaptation.

Les parents peuvent avoir une perception très différente de ce que vit réellement leur enfant.

Un enfant peut pleurer au moment de franchir la porte de l’école puis se calmer quelques minutes plus tard.

À l’inverse, certains enfants ne manifestent pas une forte opposition le matin mais restent anxieux ou malheureux pendant toute la journée.

C’est pourquoi le dialogue avec l’équipe éducative est essentiel.

Les parents peuvent demander à l’enseignant comment s’est déroulée la journée :

L’enfant s’est-il rapidement calmé ?

  • A-t-il participé aux activités ?
  • A-t-il joué avec les autres ?
  • A-t-il mangé normalement ?
  • Semble-t-il isolé ?
  • Y a-t-il des moments particuliers où son anxiété augmente ?

Ces informations permettent de distinguer une difficulté de séparation transitoire d’un problème plus profond.

Si l’enfant reste très mal après plusieurs jours ou présente une détresse importante pendant le temps scolaire, il faut rechercher une éventuelle cause liée à l’établissement.

Le refus scolaire peut notamment être associé à des difficultés relationnelles, pédagogiques ou émotionnelles.

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement doit être pris très au sérieux.

Moqueries répétées, insultes, menaces, exclusion du groupe, humiliations ou agressions peuvent provoquer une véritable peur de retourner à l’école.

Certains enfants n’osent pas en parler.

Ils peuvent alors exprimer leur souffrance autrement : douleurs abdominales, maux de tête, troubles du sommeil, pleurs, irritabilité ou refus répété de partir.

Lorsqu’un harcèlement est suspecté, il est important d’en parler rapidement à l’établissement.

Il est déconseillé aux parents d’aller directement confronter eux-mêmes l’enfant ou les enfants soupçonnés d’être responsables.

Une intervention directe peut compliquer la situation et exposer davantage l’enfant.

L’établissement doit être associé à la recherche d’une solution et à la protection du jeune.

Une remarque d’un enseignant mal comprise

Une autre possibilité est beaucoup moins grave mais peut néanmoins être vécue difficilement par l’enfant.

Une remarque d’un enseignant, une sanction ou une réprimande peut avoir été mal comprise ou ressentie comme particulièrement injuste.

L’enfant peut alors associer l’école à cette expérience négative.

Dans ce cas, le dialogue avec l’enseignant est utile.

Il ne s’agit pas automatiquement de considérer que l’enfant a raison ou que l’enseignant a tort.

La remarque pouvait être justifiée.

Mais il est important de comprendre ce que l’enfant a vécu et comment il a interprété la situation.

Comprendre son émotion ne signifie pas nécessairement valider son interprétation des faits.

Certains enfants refusent l’école parce qu’ils ont progressivement perdu confiance en leurs capacités.

Une difficulté en lecture, en mathématiques, en écriture ou dans une autre matière peut devenir une source d’anxiété importante.

L’enfant peut alors craindre l’échec, les évaluations ou le regard des autres.

Plus il se sent en difficulté, plus il peut chercher à éviter la situation.

Un cercle vicieux peut alors s’installer :

difficulté → perte de confiance → anxiété → évitement → retard supplémentaire → anxiété accrue.

Il est donc important de ne pas résumer la situation à un manque de volonté.

Lorsque les apprentissages sont difficiles, les parents peuvent aider leur enfant en mettant l’accent sur les progrès et les efforts.

Dire :

  • « Tu as fait des progrès sur cet exercice »

est souvent plus constructif que :

  • « Pourquoi n’as-tu pas réussi comme les autres ? »

L’enfant doit comprendre qu’il a des compétences, même si certaines matières lui demandent davantage de temps.

Il faut également lui rappeler qu’il n’est pas censé tout savoir immédiatement.

L’école est précisément un lieu où l’on apprend.

Les enseignants, les personnels éducatifs et, lorsque cela est nécessaire, les professionnels de santé ou spécialistes des apprentissages peuvent contribuer à identifier les difficultés et à proposer des adaptations.

Il faut distinguer fermeté et confrontation.

Disputer, menacer ou humilier un enfant parce qu’il a peur risque d’augmenter son anxiété.

À l’inverse, céder systématiquement au refus peut renforcer le mécanisme d’évitement.

Le message parental peut donc être à la fois empathique et ferme :

  • « Je vois que tu as peur. Je comprends que ce soit difficile. Nous allons t’aider. Mais nous allons aussi chercher ensemble une solution pour que tu puisses retourner à l’école. »

L’enfant a besoin de savoir que son émotion est entendue, tout en comprenant que l’évitement permanent n’est pas une solution.

Les départs peuvent devenir particulièrement conflictuels lorsque l’enfant pleure, crie ou refuse de s’habiller.

Dans ces moments, mieux vaut éviter les longues discussions.

Préparer les affaires la veille, organiser les vêtements, anticiper le petit-déjeuner et établir une routine peuvent réduire les sources de tension.

Le matin doit être aussi prévisible que possible.

Un rituel de départ peut également aider : préparer le sac ensemble, accompagner l’enfant jusqu’à un endroit précis, dire une phrase rassurante puis partir.

La régularité est importante.

Quand faut-il demander l’aide d’un professionnel ?

Une inquiétude de quelques jours peut être normale.

En revanche, lorsque le refus persiste malgré les mesures mises en place, il est préférable de ne pas attendre que la situation s’installe.

  • refuse régulièrement d’aller à l’école ;
  • présente des crises d’angoisse importantes ;
  • souffre de troubles persistants du sommeil ;
  • se plaint fréquemment de maux de ventre ou de maux de tête sans cause médicale évidente ;
  • s’isole ;
  • perd son intérêt pour ses activités habituelles ;
  • voit ses résultats scolaires se dégrader brutalement ;
  • manifeste une peur intense d’un lieu ou d’une personne ;
  • ou semble profondément malheureux.

Un médecin, un psychologue ou un autre professionnel compétent pourra aider à identifier l’origine du problème.

Lorsque les difficultés persistent une dizaine de jours ou deux semaines après la rentrée, malgré un dialogue avec l’école et un accompagnement familial, un avis psychologique peut être particulièrement utile.

L’objectif n’est pas de coller une étiquette à l’enfant.

Il s’agit de lui offrir un espace où il peut parler librement de ce qu’il ressent.

Le professionnel pourra rechercher une éventuelle anxiété, une difficulté relationnelle, un problème d’apprentissage, une situation de harcèlement ou toute autre cause susceptible d’expliquer le refus scolaire.

  • Le refus d’aller à l’école n’a pas une cause unique.
  • Chez un jeune enfant, il peut correspondre principalement à une difficulté de séparation.
  • Chez un enfant plus âgé ou un adolescent, il peut aussi signaler un problème relationnel, une souffrance psychologique, des difficultés scolaires ou une situation de harcèlement.
  • La réaction des adultes doit donc commencer par une question simple :
  • « Qu’est-ce qui te fait peur ou te donne envie de ne pas y aller ? »
  •  sans juger.
  • Rassurer sans minimiser.
  • Dialoguer avec l’école.
  • Valoriser les compétences.
  •  consulter lorsque la souffrance persiste.

L’objectif n’est pas seulement de faire franchir la porte de l’école à l’enfant. Il est de comprendre pourquoi cette porte est devenue si difficile à franchir.

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