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Première mondiale : une femme aveugle depuis cinq ans retrouve la vue grâce à une greffe révolutionnaire de la macula

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
30 juillet 2026

Condamnée à la cécité depuis cinq ans après un grave accident de la route, une Italienne de 67 ans a retrouvé une partie de sa vision grâce à une intervention chirurgicale sans précédent. Des spécialistes de l’hôpital Molinette de Turin sont parvenus à réaliser la toute première transplantation de la macula, la région centrale de la rétine responsable de la vision fine.

Une avancée inédite qui ouvre de nouvelles perspectives en ophtalmologie

Cette prouesse médicale pourrait ouvrir une nouvelle voie thérapeutique pour certains patients souffrant de lésions oculaires jusque-là considérées comme irréversibles. Toutefois, les spécialistes appellent à la prudence : cette intervention constitue un premier cas clinique et devra être confirmée par des études scientifiques avant de pouvoir être proposée à plus grande échelle.

L’histoire d’Elena, 67 ans, illustre les progrès spectaculaires de la chirurgie oculaire moderne.

Selon les médecins italiens, la patiente avait perdu totalement la vue à la suite d’un grave accident de la circulation.

Son œil gauche présentait une lésion irréversible du nerf optique. Cette structure est indispensable pour transmettre les informations visuelles de la rétine vers le cerveau. Même si les autres tissus de l’œil étaient restés relativement intacts, cette interruption empêchait définitivement la perception de la lumière.

Son œil droit était lui aussi gravement atteint. Une maculopathie préexistante, aggravée par les traumatismes de l’accident, avait détruit une grande partie de la rétine ainsi que la transparence de la cornée.

Les spécialistes expliquent que la destruction des cellules souches cornéennes rendait impossible une greffe classique de cornée, condamnant la patiente à une cécité définitive.

Face à cette situation exceptionnelle, l’équipe dirigée par le professeur Michele Reibaldi a imaginé une stratégie chirurgicale totalement inédite.

Plutôt que d’utiliser un greffon provenant d’un donneur, les chirurgiens ont décidé d’exploiter les tissus encore sains de l’œil gauche, qui ne pouvait plus transmettre la vision en raison de la destruction du nerf optique.

Ils ont prélevé un bloc anatomique complet comprenant :

  • la cornée ;
  • la sclère ;
  • la conjonctive ;
  • et surtout la macula, la partie centrale de la rétine.

L’ensemble a ensuite été transplanté dans l’œil droit afin de reconstruire un œil fonctionnel.

Cette approche, qualifiée de « transfert biologique », constitue une première mondiale.

L’intervention a duré près de six heures et a nécessité une coordination extrêmement précise entre plusieurs équipes spécialisées.

La macula est une petite zone située au centre de la rétine. Malgré sa taille réduite, elle joue un rôle fondamental dans la vision.

Elle concentre une très forte densité de cellules photoréceptrices, notamment les cônes, responsables de :

  • la vision centrale ;
  • la perception des détails ;
  • la lecture ;
  • la reconnaissance des visages ;
  • la conduite automobile ;
  • la perception des couleurs.

Lorsque la macula est détruite, la vision centrale disparaît progressivement, même si la vision périphérique peut rester relativement préservée.

C’est pourquoi les maladies de la macula figurent parmi les principales causes de déficience visuelle chez l’adulte.

Jusqu’à présent, les chirurgiens savaient greffer certains tissus de l’œil, notamment la cornée.

En revanche, la transplantation de la rétine, et plus particulièrement de la macula, était considérée comme pratiquement irréalisable.

La difficulté réside dans l’extrême complexité de cette structure.

La rétine est composée de plusieurs couches de cellules nerveuses qui doivent fonctionner parfaitement ensemble pour convertir la lumière en influx nerveux.

La moindre altération peut compromettre la récupération de la vision.

Réussir à transférer cette région extrêmement fragile représente donc une avancée majeure pour la chirurgie ophtalmologique.

Selon le professeur Michele Reibaldi, les premiers résultats sont prometteurs. Les médecins attendent désormais d’observer la capacité de la rétine greffée à reprendre progressivement ses fonctions.

Cette phase de suivi sera déterminante pour évaluer :

  • la récupération visuelle ;
  • la stabilité de la greffe ;
  • le fonctionnement des cellules rétiniennes transplantées ;
  • les éventuelles complications à long terme.

Cette réussite suscite un immense espoir dans la communauté médicale. Cependant, plusieurs spécialistes rappellent qu’il est encore trop tôt pour parler de révolution thérapeutique.

Le professeur Michel Paques, chef du service d’ophtalmologie de l’Hôpital national des 15-20 à Paris et spécialiste reconnu des maladies de la rétine, confirme qu’il s’agit bien d’une première mondiale.

Il souligne toutefois qu’aucune publication scientifique détaillée, évaluée par des experts indépendants, n’est encore disponible.

Autrement dit, il est actuellement impossible d’évaluer précisément :

  • la reproductibilité de cette technique ;
  • son efficacité réelle ;
  • ses indications ;
  • ses limites ;
  • son taux de réussite.

Des essais cliniques et des suivis prolongés seront indispensables avant d’envisager une utilisation plus large.

Si cette approche est confirmée dans les années à venir, elle pourrait représenter un nouvel espoir pour certains patients souffrant :

  • de traumatismes oculaires sévères ;
  • de lésions complexes de la rétine ;
  • de certaines atteintes de la macula ;
  • de situations où les traitements actuels sont insuffisants.

En revanche, cette intervention ne pourra probablement pas traiter toutes les causes de cécité.

Lorsque le nerf optique ou les centres visuels du cerveau sont définitivement détruits, restaurer la vision demeure extrêmement difficile avec les technologies actuelles.

Même si les progrès chirurgicaux sont spectaculaires, la prévention reste la meilleure protection contre la perte de vision.

Les spécialistes recommandent notamment :

  • de toujours porter la ceinture de sécurité en voiture ;
  • d’utiliser des lunettes de protection lors des travaux de bricolage, de jardinage ou de certains sports ;
  • de consulter rapidement après tout traumatisme oculaire, même si la douleur semble modérée ;
  • de réaliser un suivi ophtalmologique régulier, en particulier après 50 ans ou en cas de maladie rétinienne connue.

Une prise en charge précoce permet souvent de limiter les séquelles et d’améliorer le pronostic visuel.

Cette intervention illustre les progrès rapides de la chirurgie reconstructrice de l’œil.

Elle témoigne également du potentiel de la médecine régénérative, qui cherche à réparer ou remplacer des tissus gravement endommagés afin de restaurer leur fonction.

Même si cette première mondiale demande encore à être validée par des études scientifiques indépendantes, elle ouvre des perspectives inédites pour les personnes atteintes de maladies ou de traumatismes oculaires aujourd’hui considérés comme irréversibles.

L’avenir dira si cette approche peut devenir un traitement de référence. Pour l’heure, elle constitue avant tout une avancée scientifique remarquable et une source d’espoir pour les patients confrontés à une perte sévère de la vision.

Première transplantation de la macula réalisée chez une patiente de 67 ans.

  • L’intervention a duré près de six heures.
  • Les tissus provenaient de l’autre œil de la patiente.
  • Les premiers résultats sont jugés encourageants.

Cette technique reste expérimentale et nécessite des validations scientifiques.

Elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour certaines formes de cécité.

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