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Tabagisme : l’Algérie renforce sa stratégie nationale face à la montée des nouveaux produits nicotiniques

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
2 juin 2026

À l’occasion d’une journée d’étude organisée à Sétif dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac, le ministère de la Santé a réaffirmé sa volonté de poursuivre et de renforcer la mise en œuvre de la stratégie nationale multisectorielle de lutte contre le tabagisme. Cette rencontre a réuni près de 200 professionnels de santé publique issus de plusieurs wilayas du pays, ainsi que des experts nationaux spécialisés dans la prévention et la lutte contre les addictions liées au tabac.

Présidant l’ouverture des travaux au Musée public national de Sétif, le directeur général de la Prévention et de la Promotion de la Santé au ministère de la Santé, Djamel Fourar, a rappelé que la lutte contre le tabagisme demeure une priorité majeure de santé publique en Algérie.

Le responsable a expliqué que la stratégie nationale repose sur une approche globale associant prévention, réglementation, sensibilisation et accompagnement au sevrage tabagique.

Parmi les principaux axes d’action figurent :

  • Le renforcement du cadre législatif et réglementaire relatif à la lutte contre le tabac ;
  • L’application stricte de l’interdiction de fumer dans les espaces publics ;
  • Le renforcement des avertissements sanitaires sur les emballages des produits du tabac ;
  • L’interdiction de la vente de cigarettes et autres produits nicotiniques aux mineurs ;
  • La surveillance accrue des formes directes et indirectes de publicité en faveur du tabac ;
  • Le développement de campagnes de sensibilisation menées en partenariat avec différents secteurs institutionnels et les organisations de la société civile ;
  • L’amélioration de l’accompagnement médical et psychologique des personnes souhaitant arrêter de fumer.

Selon Djamel Fourar, cette stratégie vise non seulement à réduire le nombre de fumeurs, mais également à prévenir l’initiation au tabac chez les jeunes générations.

Le directeur général de la Prévention et de la Promotion de la Santé a rappelé que la consommation de tabac constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus importantes pour la santé mondiale.

Selon les estimations internationales, le tabac est responsable de plus de 8 millions de décès chaque année dans le monde. Parmi ces décès, plus d’un million concernent des personnes exposées au tabagisme passif.

Au-delà de ses conséquences sanitaires, le tabagisme engendre également des répercussions économiques, sociales et environnementales considérables.

Les maladies cardiovasculaires, les cancers, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies respiratoires chroniques et de nombreuses autres pathologies sont directement liées à la consommation de tabac.

Les autorités sanitaires s’inquiètent particulièrement de la progression de l’usage des cigarettes électroniques et des nouveaux produits contenant de la nicotine chez les adolescents et les jeunes adultes.

Selon Djamel Fourar, cette évolution représente un défi majeur pour la santé publique. Les produits de nouvelle génération sont souvent présentés comme moins dangereux que les cigarettes traditionnelles, mais ils peuvent favoriser une dépendance précoce à la nicotine et constituer une porte d’entrée vers le tabagisme conventionnel.

Les spécialistes alertent également sur les stratégies marketing particulièrement agressives utilisées par certaines industries pour séduire les jeunes consommateurs à travers des arômes attractifs, des emballages colorés et une communication largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Le responsable a rappelé que l’Algérie figure parmi les premiers pays africains à avoir ratifié, en 2006, la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la lutte antitabac.

Cet engagement international a permis au pays de développer progressivement un arsenal juridique et réglementaire destiné à limiter la consommation de tabac et à protéger la population contre les effets du tabagisme actif et passif.

Cette adhésion traduit la volonté des pouvoirs publics de s’aligner sur les recommandations internationales en matière de prévention des maladies liées au tabac.

Le thème retenu pour la Journée mondiale sans tabac 2026 est :

« Démasquons les tactiques de séduction : luttons contre la dépendance à l’égard du tabac et contre l’addiction nicotinique ».

Ce slogan met en lumière les nouvelles méthodes de promotion utilisées par l’industrie du tabac et des produits nicotiniques pour attirer de nouveaux consommateurs, notamment parmi les adolescents.

Les organisations de santé publique considèrent aujourd’hui que ces pratiques constituent l’un des principaux obstacles aux efforts de prévention menés à l’échelle mondiale.

Cette journée scientifique a permis à plusieurs spécialistes de présenter leurs analyses et leurs recommandations.

La professeure Houria Houichet, spécialiste des maladies respiratoires et experte en lutte antitabac, a notamment exposé les avancées réalisées par l’État algérien en matière de prévention et de réglementation.

De son côté, le docteur Kamel Aït Boubli, spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive au ministère de la Santé, a présenté les différentes mesures mises en œuvre pour réduire l’impact du tabagisme sur la santé de la population.

Les échanges ont également porté sur le renforcement de la prévention en milieu scolaire, le développement des consultations de sevrage tabagique et l’amélioration des actions de sensibilisation auprès des jeunes.

Les professionnels de santé rappellent qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter le tabac. Les bénéfices apparaissent rapidement :

  • Après 20 minutes, la fréquence cardiaque diminue ;
  • Après quelques semaines, la respiration s’améliore ;
  • Après un an, le risque de maladie cardiovasculaire diminue fortement ;
  • Après plusieurs années, le risque de cancer du poumon baisse progressivement.

Pour réussir un sevrage tabagique, il est recommandé :

  • De consulter un professionnel de santé ;
  • D’évaluer son niveau de dépendance à la nicotine ;
  • D’envisager un accompagnement psychologique si nécessaire ;
  • D’utiliser des substituts nicotiniques lorsque cela est indiqué ;
  • D’éviter les situations favorisant les rechutes ;
  • De solliciter le soutien de l’entourage.

Face à l’émergence de nouveaux produits nicotiniques et à l’évolution des modes de consommation, la lutte contre le tabagisme demeure un défi majeur pour les autorités sanitaires.

La prévention précoce, l’éducation à la santé, le renforcement de la législation et l’accompagnement des personnes dépendantes apparaissent aujourd’hui comme les leviers les plus efficaces pour réduire durablement le poids du tabac sur la santé de la population algérienne.

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