L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur les conséquences graves de la malnutrition dans la bande de Gaza, en particulier chez les femmes enceintes et les nouveau-nés.
Une situation sanitaire critique pour les femmes enceintes et les nourrissons
Selon un rapport fondé sur des données recueillies entre fin 2024 et début 2026 dans plusieurs structures médicales soutenues par l’ONG, les équipes médicales observent une augmentation préoccupante :
- des naissances prématurées
- des faibles poids à la naissance
- de la mortalité néonatale
- des fausses couches
- et des complications liées à la grossesse
MSF indique que ces tendances sont associées à une dégradation globale des conditions de vie et d’accès aux soins.
Malnutrition maternelle : des chiffres préoccupants
D’après les données recueillies auprès de plus de 200 femmes enceintes et nouveau-nés suivis dans des unités de soins intensifs néonatals à Khan Younès et dans la ville de Gaza :
- plus de 50 % des femmes ont présenté des signes de malnutrition pendant la grossesse
- environ 25 % étaient encore malnutries au moment de l’accouchement
Chez les nourrissons concernés :
- environ 90 % sont nés prématurés
- 84 % présentaient un faible poids de naissance
- la mortalité néonatale était environ deux fois plus élevée que chez les bébés nés de mères non malnutries
Risques sur le développement des nourrissons
MSF a également analysé la situation de plus de 500 nourrissons de moins de six mois suivis dans des programmes de nutrition thérapeutique.
Résultats :
- 91 % présentaient un risque de retard de croissance
- signes de développement insuffisant sur le plan physique et nutritionnel
Ces données suggèrent un impact durable de la malnutrition précoce sur la santé infantile.
Une augmentation des cas de malnutrition infantile
Entre 2024 et 2026, MSF indique avoir pris en charge plusieurs milliers d’enfants souffrant de malnutrition aiguë, dont une grande majorité âgée de moins de cinq ans.
Dans le même temps, plusieurs milliers de femmes enceintes ou allaitantes ont également été intégrées à des programmes de soutien nutritionnel.
Accès à l’aide humanitaire et système de distribution
L’organisation souligne que les conditions d’accès à l’aide alimentaire ont été fortement perturbées au cours de la période étudiée.
MSF évoque notamment une réduction importante des points de distribution alimentaire et des difficultés d’accès aux biens essentiels.
Selon l’ONG, ces restrictions auraient contribué à aggraver l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité des populations, en particulier des femmes enceintes et des nourrissons.
Impacts sur la santé maternelle et néonatale
MSF met en avant plusieurs facteurs aggravants :
- insuffisance alimentaire chronique
- accès limité aux soins médicaux
- déplacements répétés de population
- destruction ou dysfonctionnement d’infrastructures sanitaires
- conditions de vie précaires
Ces éléments combinés auraient un impact direct sur la santé des mères et des nouveau-nés.
Appel à un accès humanitaire élargi
Face à cette situation, MSF appelle à un renforcement de l’aide humanitaire et à un accès plus large des organisations médicales et des secours.
L’ONG insiste sur la nécessité de garantir l’acheminement des biens essentiels, notamment :
- aliments thérapeutiques
- médicaments
- matériel médical
- produits de base pour les soins maternels et infantiles
A retenir
Les données présentées par MSF mettent en évidence une dégradation préoccupante des indicateurs de santé maternelle et néonatale dans la bande de Gaza, en lien avec la malnutrition et les difficultés d’accès aux soins.
Les organisations humanitaires alertent sur un risque accru pour les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants, dans un contexte de crise prolongée des infrastructures sanitaires et alimentaires.
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