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Courbatures et sport : faut-il maintenir sa séance ou s’arrêter ?

Edité par : Dr Oussama Mohamed BRAHIMI | Docteur en science de sport
21 février 2026

Réveil difficile. Cuisses en feu. Escaliers douloureux. Le programme d’entraînement est prévu, mais le corps proteste. Faut-il forcer ou lever le pied ? La réponse des médecins du sport est nuancée. Tout dépend de l’intensité de la douleur et de ses caractéristiques.

Les spécialistes parlent de DOMS (Delayed Onset Muscle Soreness). Il s’agit de douleurs musculaires apparaissant généralement entre 24 et 72 heures après un effort inhabituel ou plus intense que d’ordinaire.

Ces douleurs correspondent à des microlésions des fibres musculaires. Le muscle se reconstruit. Il devient plus résistant.

Contrairement à une idée répandue, l’acide lactique n’est pas responsable. Il est éliminé dans l’heure qui suit l’exercice.

La courbature traduit surtout le travail de réparation musculaire en cours.

La distinction est essentielle.

Courbature classique

  • Douleur sourde
  • Sensation de raideur
  • Atteinte bilatérale (des deux côtés)
  • Amélioration progressive pendant l’échauffement

Blessure musculaire

  • Douleur vive, aiguë
  • Localisée à un point précis
  • Souvent unilatérale
  • Douleur qui augmente à l’effort
  • Parfois sensation de craquement

Un gonflement, un hématome ou une perte de force doivent alerter.

Les médecins et coachs recommandent une auto-évaluation chiffrée.

0 à 3 : feu vert

  • Douleur légère.
  • Elle disparaît en bougeant.

Il est généralement sans danger de s’entraîner dans ce cas. On peut maintenir la séance normalement.

4 à 7 : zone orange

  • La marche est inconfortable.
  • Descendre les escaliers tire franchement.

On adapte :

  • Réduire les charges
  • Diminuer l’intensité
  • Ralentir le tempo
  • Éviter de retravailler le même groupe musculaire

Exemple : si les cuisses sont douloureuses, privilégier le haut du corps.

Le mouvement reste bénéfique, mais dosé.

8 à 10 : feu rouge

  • Chaque mouvement devient pénible.
  • L’amplitude articulaire est limitée.

Dans ce cas, insister expose à :

  • une sous-performance
  • un allongement du temps de récupération
  • un risque accru de blessure

Mieux vaut privilégier la récupération active ou le repos complet.

Certains signes imposent l’arrêt :

  • Douleur aiguë type « coup de poignard »
  • Sensation de déchirure
  •  Gonflement important
  •  Chaleur locale
  •  Hématome visible
  •  Perte de force nette

D’autres symptômes nécessitent une consultation rapide :

  • Douleur persistante au-delà de 3 à 5 jours
  •  Douleur qui empire malgré le repos
  •  Douleur nocturne
  •  Urines très foncées
  •  Fatigue extrême
  •  Jambes anormalement gonflées

Ces signes peuvent évoquer une atteinte musculaire plus sérieuse, voire une rhabdomyolyse dans les cas extrêmes.

1. Opter pour la récupération active

  • Marche rapide
  • Vélo à faible intensité
  • Yoga doux
  • Pilates

Le mouvement léger stimule la circulation et accélère la réparation.

2. Dormir suffisamment

Le sommeil est la phase clé de la reconstruction musculaire. C’est durant le repos que la synthèse des protéines musculaires augmente.

3. S’hydrater

Boire suffisamment favorise l’élimination des déchets métaboliques.

4. Manger pour récupérer

Associer :

  • Protéines de qualité (œufs, poissons, légumineuses)
  • Glucides complexes (riz complet, quinoa, patates douces)

Les protéines fournissent les briques de réparation.

Les glucides reconstituent les réserves énergétiques.

Une idée reçue persiste : s’arrêter ferait régresser. En réalité, c’est pendant la récupération que le muscle se renforce. Les fibres deviennent plus épaisses et plus résistantes.

Le surentraînement, lui, fragilise.

A retenir :

  • Les courbatures modérées sont normales et compatibles avec l’entraînement.
  •  La douleur vive et localisée doit alerter.
  •  Une échelle de 0 à 10 aide à décider.
  •  Adapter l’intensité vaut mieux que forcer.
  •  Le repos est un allié, pas un ennemi.

Écouter son corps n’est pas un signe de faiblesse. C’est une stratégie de progression durable.

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