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Cancer du col de l’utérus : vers la fin du frottis grâce à un test menstruel non invasif ?

Edité par : Dre. Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
25 février 2026

Un cancer souvent silencieux, d’où l’importance du dépistage

Le cancer du col de l’utérus évolue généralement sans symptômes au début. Cette phase silencieuse retarde souvent le diagnostic. C’est pourquoi le dépistage régulier reste essentiel pour détecter les lésions précancéreuses et intervenir tôt. Actuellement, le suivi repose principalement sur le frottis cervical et le test HPV-HR. Réalisés par une sage-femme ou un gynécologue, ces examens permettent d’identifier la présence du papillomavirus humain (HPV), responsable de la majorité des cancers du col de l’utérus. Chez les femmes âgées de 30 à 65 ans, un test HPV est recommandé après un premier examen normal. Le contrôle est effectué trois ans plus tard, puis tous les cinq ans si les résultats restent négatifs.

Des chercheurs chinois explorent aujourd’hui une alternative plus simple et non invasive. Leur idée : détecter le virus HPV directement dans le sang menstruel.

Le principe est innovant. Une petite bandelette serait intégrée à une serviette hygiénique utilisée à domicile. Elle permettrait d’analyser le sang menstruel et d’identifier la présence du virus lié au cancer du col de l’utérus.

Cette méthode pourrait faciliter l’accès au dépistage, notamment pour les femmes qui ne réalisent pas régulièrement de frottis, par manque de temps, de suivi médical ou par appréhension de l’examen.

Pour évaluer l’efficacité de cette technique, les chercheurs ont analysé les données de 3 068 femmes âgées de 20 à 54 ans, ayant des cycles menstruels réguliers. L’étude s’est déroulée en Chine entre 2021 et 2025.

Chaque participante a fourni trois types d’échantillons :

  • un prélèvement de sang menstruel recueilli via une serviette hygiénique équipée d’une bandelette,
  • un prélèvement cervical réalisé par un clinicien,
  • un échantillon supplémentaire analysé en laboratoire.

Cette comparaison a permis d’évaluer la fiabilité du test menstruel par rapport aux méthodes classiques.

Les analyses ont montré une sensibilité de 94,7 % pour la détection des lésions précancéreuses de type CIN2 grâce aux échantillons menstruels.

Ce taux est très proche de celui obtenu avec les prélèvements effectués par des professionnels de santé, qui atteint 92,1 %.

Ces résultats indiquent que le test menstruel pourrait offrir une précision comparable au dépistage traditionnel.

Les auteurs de l’étude estiment que l’utilisation du sang menstruel recueilli à domicile pourrait devenir une alternative standardisée, simple et non invasive pour le dépistage du HPV et du cancer du col de l’utérus.

Cette approche présente plusieurs avantages médicaux et pratiques :

  • absence d’examen invasif,
  • possibilité de réaliser le test chez soi,
  • meilleure acceptation du dépistage,
  • accès facilité dans les régions où le suivi gynécologique est limité.

Elle pourrait contribuer à dépister des femmes qui échappent aujourd’hui aux programmes de prévention.

Cependant, les chercheurs soulignent que d’autres études, sur des populations plus larges et diversifiées, restent nécessaires avant une utilisation généralisée.

Même si ces résultats sont encourageants, le frottis et le test HPV restent actuellement les méthodes de référence.

Les professionnels de santé recommandent :

  • de respecter le calendrier de dépistage entre 30 et 65 ans,
  • de consulter régulièrement un gynécologue ou une sage-femme,
  • de se faire vacciner contre le HPV lorsque cela est possible,
  • de ne pas attendre l’apparition de symptômes pour se faire examiner.

Le diagnostic précoce permet de traiter efficacement les lésions avant qu’elles ne deviennent cancéreuses.

Le test menstruel représente une avancée scientifique importante. Il pourrait transformer les stratégies de prévention en rendant le dépistage plus simple, plus discret et plus accessible.

Même si le frottis ne disparaîtra pas immédiatement, cette innovation ouvre la voie à des méthodes plus adaptées aux besoins et aux habitudes des femmes.

La prévention reste aujourd’hui la meilleure arme contre le cancer du col de l’utérus. Plus le dépistage est précoce, plus les chances de guérison sont élevées.

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