L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé les États-Unis à transmettre toute donnée en leur possession sur l’origine de la pandémie de COVID-19. L’organisation affirme ne pas avoir reçu d’éléments nouveaux de Washington, malgré des déclarations publiques américaines évoquant l’existence de renseignements.
Un contexte diplomatique tendu
Le 22 janvier, l’appartenance des États-Unis à l’OMS est arrivée à expiration, à l’issue du délai réglementaire d’un an suivant la décision de retrait signée en janvier 2025 par le président Donald Trump.
Dans le sillage de cette décision, l’administration américaine a publiquement soutenu l’hypothèse d’une fuite accidentelle depuis un laboratoire de virologie à Wuhan, en Chine.
L’OMS, pour sa part, maintient que toutes les hypothèses demeurent ouvertes et qu’aucune conclusion définitive n’a été établie.
L’appel de Tedros à Genève
Lors d’une conférence de presse à Genève, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que certains pays avaient affirmé détenir des informations pertinentes, « notamment les États-Unis ».
L’organisation indique avoir écrit à de hauts responsables américains il y a plusieurs mois pour demander le partage de toute information disponible. « Nous n’avons reçu aucune information », a déploré M. Tedros.
Il a souligné qu’identifier l’origine du virus est crucial pour prévenir de futures pandémies. Comprendre le mécanisme d’émergence — transmission zoonotique naturelle ou incident de laboratoire — conditionne les stratégies internationales de biosécurité et de surveillance épidémiologique.
Une enquête toujours inachevée
Les investigations scientifiques menées depuis 2020 n’ont pas permis de trancher définitivement. Les analyses génétiques du SARS-CoV-2, les études épidémiologiques et les missions internationales en Chine n’ont pas abouti à un consensus.
Selon l’OMS :
- les recherches restent non concluantes ;
- aucune hypothèse n’est écartée ;
- la coopération internationale demeure indispensable.
Maria Van Kerkhove, responsable de la gestion des menaces épidémiques à l’OMS, affirme que l’organisation poursuivra ses démarches auprès de tous les gouvernements ayant évoqué la détention d’informations, y compris les États-Unis.
Accusations et contre-accusations
Au moment du retrait officiel, le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. et le secrétaire d’État Marco Rubio ont reproché à l’OMS des « défaillances » dans la gestion de la pandémie et un manque de transparence.
Ils ont affirmé que l’organisation aurait entravé la circulation d’informations importantes.
L’OMS rejette ces accusations et soutient que le partage de données scientifiques a été constant dans le cadre des mécanismes internationaux existants.
Pourquoi l’origine reste un enjeu majeur
D’un point de vue scientifique et médical, déterminer l’origine d’un agent pathogène émergent permet :
- d’identifier les chaînes de transmission initiales ;
- de renforcer les protocoles de biosécurité en laboratoire ;
- d’améliorer la surveillance des zoonoses ;
- de prévenir de futures émergences virales.
La pandémie de COVID-19 a causé des millions de décès dans le monde et mis à rude épreuve les systèmes de santé. Clarifier son origine n’est pas seulement une question politique, mais un impératif de santé publique.
Une coopération jugée essentielle
L’OMS insiste sur la nécessité d’une collaboration internationale fondée sur la transparence scientifique. Les données brutes, les analyses de renseignement sanitaire et les rapports techniques pourraient contribuer à une compréhension plus complète des événements initiaux.
En l’absence d’informations supplémentaires, l’organisation affirme poursuivre ses travaux avec les éléments disponibles.
L’enjeu dépasse les relations diplomatiques. Il touche à la capacité du monde à anticiper et contenir la prochaine menace pandémique.
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