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Comment se laver le visage sans abîmer sa barrière cutanée

Edité par : Dre. Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
15 février 2026

Se laver le visage matin et soir est un geste automatique. Pourtant, beaucoup constatent une peau qui tiraille, brille excessivement ou développe des boutons, malgré des routines de soins de plus en plus longues et onéreuses. La question n’est alors plus seulement quel nettoyant utiliser, mais comment l’utiliser correctement.

Peau qui tiraille, imperfections, routine coûteuse : et si votre nettoyant visage était mal utilisé ?

Dans un article publié dans The Conversation, Rebecca Wagner, chercheuse postdoctorale en biologie des cellules souches et technologies unicellulaires à l’Institut Karolinska (Stockholm), rappelle un principe fondamental : un bon nettoyage protège la barrière cutanée et le microbiome, tandis qu’un nettoyage inadapté les fragilise. Tout se joue dans la formule choisie, la fréquence et surtout les gestes quotidiens. L’objectif n’est pas de décaper la peau, mais de la nettoyer en respectant son équilibre naturel.

Contrairement à une idée répandue, se laver le visage uniquement à l’eau n’est généralement pas suffisant. Un nettoyant visage permet d’éliminer :

  • a sueur,
  • la pollution et les poussières,
  • les cellules mortes,
  • l’excès de sébum,
  • les filtres solaires et le maquillage.

Ces substances contiennent des composants gras que l’eau ne peut pas dissoudre seule. Les nettoyants utilisent donc des ingrédients spécifiques — savons, tensioactifs, détergents synthétiques ou émulsifiants — capables de capter ces particules pour les éliminer au rinçage.

Les premiers savons étaient très alcalins et agressifs. Les formules modernes sont plus douces et intègrent souvent des lipides pour limiter le dessèchement.

La surface de la peau constitue une véritable barrière protectrice. Elle est formée de cellules mortes étroitement liées et de lipides, notamment des céramides, qui

  • retiennent l’eau,
  • empêchent la pénétration des irritants,
  • participent à la défense contre les microbes.

Un nettoyant trop puissant, ou utilisé trop souvent, élimine ces graisses protectrices. Résultat : la peau devient sèche, tiraille, rougit et devient plus réactive. Rebecca Wagner souligne également l’impact sur le microbiome cutané — l’ensemble de micro-organismes bénéfiques présents à la surface de la peau. Son déséquilibre peut favoriser l’apparition d’acné, d’eczéma ou d’irritations chroniques.

Les produits à base d’eau nettoient efficacement la sueur et les impuretés hydrosolubles. Les huiles et baumes, eux, dissolvent mieux le maquillage, la crème solaire et l’excès de sébum.

C’est pourquoi certaines personnes pratiquent le double nettoyage :

1. une huile ou un baume,

2. puis un nettoyant aqueux.

Cette méthode peut être efficace, à condition que le second produit élimine correctement les résidus huileux. Dans le cas contraire, ces restes peuvent s’accumuler, obstruer les pores et provoquer irritations ou boutons. Le double nettoyage n’est donc pas indispensable pour tout le monde, surtout en l’absence de maquillage ou de filtres solaires résistants.

Certains nettoyants contiennent des actifs dermatologiques :

  • acide salicylique : anti-inflammatoire, kératolytique, utile dans certaines formes d’acné ;
  • peroxyde de benzoyle : antibactérien, efficace contre l’acné légère.

En l’absence d’acné ou d’indication médicale, ces ingrédients peuvent être inutiles, voire trop agressifs au quotidien. À l’inverse, les formules enrichies en céramides ou agents relipidants aident à préserver les lipides naturels de la peau et conviennent mieux aux peaux sèches ou sensibles.

Il n’existe pas de règle universelle. La fréquence dépend du type de peau :

  • peau grasse ou à tendance acnéique : nettoyage matin et soir généralement bien toléré ;
  • peau sèche ou sensible : un nettoyage très doux, parfois une seule fois par jour, peut suffire.

Un excès de nettoyage peut paradoxalement aggraver les problèmes cutanés en stimulant la production de sébum ou en affaiblissant la barrière protectrice.

La méthode est presque aussi importante que le produit utilisé. Un protocole simple peut servir de référence :

1. Mouiller le visage à l’eau tiède. L’eau trop chaude irrite, l’eau froide nettoie moins efficacement.

2. Déposer une petite quantité de nettoyant dans la paume.

3. Masser délicatement le visage quelques secondes, sans frotter.

4. Rincer abondamment, jusqu’à élimination complète du produit.

5. Sécher en tapotant, sans frotter.

6. Appliquer immédiatement une crème hydratante, pour restaurer la barrière cutanée.

  • Éviter les nettoyages agressifs ou répétés sans indication dermatologique.
  • Adapter le produit à son type de peau, et non aux tendances marketing.
  • Consulter un dermatologue en cas de tiraillements persistants, rougeurs, démangeaisons ou acné résistante.
  • Se méfier des routines trop complexes : plus de produits ne signifie pas forcément une meilleure santé cutanée.

À retenir

Une peau saine commence par un nettoyage respectueux. Le bon nettoyant, utilisé au bon rythme et avec les bons gestes, protège la barrière cutanée et le microbiome. À l’inverse, un usage inadapté peut transformer un simple soin en source de déséquilibres durables. Parfois, simplifier sa routine est le geste le plus efficace pour retrouver une peau confortable et équilibrée.

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